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Bref sur Canal +

Suis-je enthousiaste ? Oui  et pour une fois c’est spontané car totalement inattendu. Rentrée télé oblige, j’ai regardé Le Grand Journal avec sa nouvelle formule : première partie politique, les guignols, le petit journal en 18minutes et retour plateau avec divertissement, live etc… La première partie ne change pas vraiment, à part qu’il n’y a plus Ali Baddou, il s’en est allé pour retrouver l’émission du midi devenu austère et insupportable sans l’excellent Bruce Toussaint, mais il a été remplacé par Raphaël Enthoven. Ce philosophe du cinéma s’occupe de la littérature et des livres et on y gagne, ses analyses sont piquantes, critiques (si si, parfois on critique au Grand Journal) et ses questions bien amenées. Le Daily Mouloud passe en première partie d’émission avec un retour sur le terrain plus intéressant que ses piges volatiles de l’année dernière. Tout ça pour dire que lors de la seconde partie, il y a en introduction après la présentation de l’invité, un programme court nommé très justement Bref.

Bref est une mini-série avec comme concept : « Dans la vie, au début on naît, à la fin on meurt, entre les deux y s’passe des trucs. Bref. C’est l’histoire d’un mec, entre les deux ». La série est signée par le duo prometteur  Kyan Khojandi (un comique très bon qui faisait des chroniques ciné déglingo nommé le Festival De Kyan dans l’émission On achève bien l’info sur France 4 (pour voir le best of cliquez ICI) et Navo (l’auteur de la géniale La Bande Pas Dessinée). Comme ils sont bien entourés, ils ont demandé à leur bande de copains comiques, squattant la rive opposée du Jamel Comedy Club, de leur donner un petit coup de main pour les tournages, résultat : une série française à deux cent à l’heure exaltée et talentueuse.

Au niveau de la réalisation et du ton, il est totalement calqué sur le voyage en Europe de Victor Ward dans Les Lois de l’Attraction de Roger Avary. Le pilote met en haleine, le second épisode confirme le talent. Ca fait plaisir de voir enfin une série française conceptuelle, intelligente, rapide et très drôle. Tout ce que Soda n’est pas en fait… en même temps Kev Adams peut-il être considéré comme un comique ?

Pour regardez la série, cliquez sur le lien Canal + et vous verrez bien que, plus c’est bref., plus c’est bon… depuis le temps que je le dis !

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PILOTE
Bref j’ai dragué cette fille.

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The Antics Roadshow de Banksy


On a le droit de le glorifier comme de le détester mais Banksy est véritablement le phénomène de l’art contemporain européen voir mondial. Spécialisé dans les pochoirs street art irrévérencieux et so politiquement incorrect en Angleterre, Banksy a tout compris au business en jouant la carte du pseudo anonymat. Cet artiste « anticonformiste »  ne donne des interviews ou ne fait que des apparitions qu’avec un masque de singe ou de n’importe quoi pourvut que ça se soit sujet à controverse, générateur de buzz et donc, au final, que l’on parle de lui. Les rumeurs sur sa côte marchande sont totalement dingues, il aurait vendu à un couple de célébrités une toile pour plus d’un million de dollars d’après certains tabloïds anglais, rien n’est vérifié, mais ses toiles, lors des dernières expos, étaient aux alentours des 300 mille pounds.
Il a graffé une partie des rues de Bristol et de Londres en suivant cette mode parisienne des pochoirs très graphiques, avec un slogan en option, comme ceux de Miss.Tic, Jef Aerosol ou de Mosko (les trois agissent beaucoup dans le XIII° dans le quartier de la Butte aux Cailles pour ceux que ça intéresse). L’art de la rébellion, de l’insolence et de l’appel au non-respect de l’autorité policière ou militaire, ses coups de génie ont été de caler des toiles avec ses graffs entre des œuvres de grands musées New-yorkais tel le Moma ou bien de créer un happening en introduisant dans Disneyland, à Los Angeles, un mannequin habillé en orange comme un prisonnier de Guantanamo. Un rebelle avec un message politique peut-être mais aussi un homme d’affaire au merchandising totalement fou, un livre vendu à des milliers d’exemplaires, un peu comme Ben ,en France, et ses phrases imprimés sur des agendas Carrefour. Un anarchiste qui combat le capitalisme par le capitalisme en dénonçant son système, bon après tout pourquoi pas.

La semaine dernière, comme les médias l’ont relatés, Londres, sa banlieue et quelques villes ont été le terrain d’émeutes. Des pillages, du racket, une extrême violences, des incendies, bref les chaînes anglaises tournaient sur le sujet en boucle et c’est vrai que c’était très impressionnant (j’étais en Écosse au moment des faits). Quelques jours après des arrestations par centaine, 4 décès dans ces « riots » et un gouvernement remonté à bloc, le calme est revenu et c’est le moment choisi par Channel 4 pour diffuser un documentaire sur la désobéissance public nommé The Antics Roadshow et dirigé par qui ? Et bien Banksy évidemment. (franchement mon article n’aurait ni queue ni tête sinon).

Au programme de ce doc à la voix off très consensuel : des électrons libres. On retrouve des visages connus par chez nous comme Rémi Gaillard et son c’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ou encore Noël Godin, l’entarteur belge, ensuite c’est le portrait de différents troubles faits anglais en majorité, comme l’idole de Banksy : Peter Chappell. Chappell un vieux taggeur originaire de la même ville que Banksy, il clamait partout et en lettres énormes l’innoncense de son meilleur ami pour afin d’attirer l’attention pour qu’une contre-enquête soit ouverte. Cette action permettra la libération de son ami. Il y a aussi le portrait de Michael Fagan, l’homme qui a pénétré dans la chambre de la reine alors qu’il voulait voler une bouteille de vin dans Buckingham Palace et l’histoire de pleins d’autres… 50minutes d’actions parfois très simples mais qui arrivent à troubler l’ordre public avec trois fois rien et ou des actions punchlines très culottées.
Un documentaire aux reconstitutions souvent très amusantes, au rythme très soutenu, aux interviews amusantes et informatives. Alors que l’Angleterre cherche à retrouver son calme et son flegme, Channel 4 et Banksy montre que la désobéissance est un acte à la fois politique et artistique.

Le documentaire n’est disponible qu’en anglais, sans sous-titres, mais même avec un anglais pas terribles on comprend très facilement, les images parlant d’elles-mêmes. The Sex Pistols chantaient Anarchy in the UK, Kaiser Chiefs I Predict a Riot, NTM Qu’est-ce qu’on attend,  d’autres font des actions chocs afin d’être diffusé sur des médias nationaux ou des happenings amusants pour buzzer sur internet… comme quoi parfois l’art peut venir de la destruction et du chaos.
Très intéressant et instructif comme doc. Même si vous ne l’aimez pas en artiste, peut-être aimerez vous Banksy entant que réalisateur de documentaire. Mais si, au contraire, il vous intrigue d’autant plus, il existe un documentaire sur lui et le street art nommé Exit Through the Gift Shop (Faites les Mur ! en français) assez passionnant.

The Antics Roadshow

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Rockumentary Back & Forth et mon Dreamjob

Il y a des conversations et des nuits où on refait le monde. Bien qu’il n’ait rien demandé à personne, on discute et on fait des plans sur la comète comme on monte une table Bjursta de chez Ikea à plusieurs avant une soirée crémaillère. Chronophage, introspective, délirante, nostalgique, abusive, démesurée, curative, cette conversation remet en question l’intégralité de son existence, de ses désidératas et ses échecs.
J’ai eu trente ans cette année, je ne les ai pas fêtés et en un mois, j’ai eu une grosse remise en question bien plus puissante qu’une simple « crise de la trentaine ». Pas besoin de m’allonger sur un canapé, d’essayer de déterminer la signification de tâches designées par Hermann Rorschach ou d’essayer de comprendre le sens dans la vie dans un ashram à Rishikesh, non il suffit parfois de parler avec des ami(e)s pour retrouver un sens à sa vie et redonner vie à ses envies.
Au milieu de ce bordel maelström, il y a souvent cette question du travail de rêve, le concept américain du « dreamjob« , cette continuité idéologique d’un travail qu’on a envie de vivre toute sa vie et auquel on est certain comme quand petit on disait « plus tard je serai… ! ». Heureusement l’adolescence fait découvrir les joies de la rébellion et de la marginalité sinon la police serait un secteur d’activité trop bouchonné comme l’est la communication aujourd’hui, les vétérniaires seraient en brigade pour piquer un pauvre animal, aucun feu ne serait jamais déclaré grâce aux milliers de pompiers en faction dans les rues, le fantasme de l’infirmière n’aurait plus aucun sens et une fois la primaire passée, l’éducation nationale serait un désert car toutes les filles seraient devenues des maîtresses d’école. Quand j’étais petit, je ne voulais être rien de spécifique… peut-être vaguement prof parce-que je devais être dans un fantasme Iznogoud, être khalife à la place du Khalife,  en recherche d’une prise de position putsch et d’une affirmation de moi-même par mon côté didactique et éducatif… sauvé, l’école m’en a dégouté, amen. J’ai rêvé d’être musicien mais je n’étais pas assez doué et je ne le suis toujours pas, j’avais en tête d’être maître du monde mais Minus & Cortex avaient déjà trop avancé leur plan machiavélique pour « tenter de conquérir le monde« , ma stratégie n’aurait pas fonctionnée seul, c’est sur et enfin je voulais être réalisateur audiovisuel, un Dawson Leery, à la différence près que je n’aime pas Steven Spielberg (franchement A.I. et Indy 4… franchement… ne surtout pas me lancer sur E.T.).
Je dis tout le temps qu’avoir un job de rêve dans notre société est impossible, que c’est inutile et dichotomique avec notre époque mais, après réflexion, je pense plus que j’avais surtout peur de me dire que j’ en avais un moi-même et que je ne l’assumais pas. Même si il est impossible, irréaliste ou fou, il existe quelque part en nous. Il est souvent planqué sous une épaisse couche de mauvaise foi, de frustrations, de ratés, de procrastination, de peurs, de fuite en avant… mais il est là.

J’ai découvert le mien il y a peu de temps. C’était une semaine après mon dernier anniversaire. Les Foo Fighters sortaient Wasting Light, leur septième album, et à cette occasion, la chaine VH1 réalisait un documentaire nommé Back & Forth réalisé par James Moll. Impossible de le trouver les premiers jours, impossible même de l’acheter, il ne trainait que quelques extraits sur youtube histoire de caler une dent creuse tout au plus. L’attente a fini par payer et j’ai regardé ce documentaire passionnant et sans concession un soir vers minuit avec passion.

L’histoire du groupe, mené par une fer par Dave Grohl, démarre bien sur à la fin de Nirvana, six mois après la parution de In Utero. Grohl y est alors le batteur émérite du trio grunge de Seattle. A la vue de la tournée mondiale à venir, le groupe embauche Pat Smear (jeu de mot signifiant Frotti en anglais) pour être second guitariste ou lead quand Kurt Cobain est trop amoché pour jouer. Ce point de départ est important parce que Smear va être est un des membres fondateurs des Foo Fighters. Dave Grohl parle de ses derniers mois et même de la mort de Cobain avec émotion. Il raconte l’après, le deuil, la difficulté et les conditions dans lequel il a enregistré une maquette qui deviendra le premier album de Foo Fighters. De là, le rockumentary narre la rencontre avec les autres membres, la première tournée marathon, le problème d’être assimilé systématiquement à Nirvana, les conflits d’égo, la difficulté de Grohl a laisser quelqu’un d’autre jouer de la batterie à sa place, la drogue, le spleen, le presque split, Wembley, la folie, les enregistrements, les bons moments… bref la vie rock’n’roll d’un groupe second degré devenu une bête de stade. Deux heures dans le milieu, deux heures d’images, vidéos, photos, interviews, lives, témoignages, deux heures très intéressantes et galvanisantes. Une seule envie se dégage de ce documentaire, faire du rock, écouter Foo Fighters et être aussi cool que Dave Grohl.

Quand je serai plus grand, je veux être rockumentaliste !

Pour le regarder en streaming

[videobb http://www.videobb.com/video/HZ6FcFE7I5fB]

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Alex Turner – B.O. Submarine

J’ai écrit un article il y a de ça 4 mois que je n’ai pas publié. J’ai eu un coup de cœur terrible pour la bande originale d’un film anglais à la bande-annonce prometteuse : Submarine. Le film vient de sortir dans notre beau pays mercredi dernier et étant en déplacement prolongé dans le sud de la France, région qui ne connait ni la VO ni les films indépendants, je pense le voir en divx plus tard. N’empêche que j’avais cette review sur la B.O. du film signée par Alex Turner, le lead singer des Arctic Monkeys, et à défaut de laisser une critique du film, voilà celle de sa musique.

Dicky parfois est un canard vert qui recycle, la preuve.

Alex TurnerSubmarine Soundtrack

Quand on est le lead-singer d’un des groupe de rock anglais des plus connus  dans le monde, l’heureux compagnon de la hit-girl du moment Alexa Chung et une des plus grosses attentes de sortie d’album de l’année, on est en droit de se dire qu’on a envie de profiter de son temps libre. Pourtant Alex Turner, le très chevelu chanteur de Arctic Monkeys, n’arrête pas le travail et, le temps d’une escapade en solo, signe la bande originale de Submarine. Prévu en France dans les salles le 13 juillet prochain, Submarine est le premier film de son ami Richard Ayoade, réalisateur du très réussit DVD Arctric Monkeys at the Apollo ainsi que de la majorité des clips du groupe, mais aussi, pour le fins connaisseurs, Maurice Moss, le geek dingue à la coiffure afro de la série anglaise The IT Crowd.

Pour les besoins de l’exercice, Alex Turner met de côté ses riffs impertinents de génie et d’énergie pour une pop en susurre et douceur. Aux commandes, le producteur James Ford utilise tout son talent d’arrangeur, comme il l’a fait dans le passé sur l’excellent Favorite Worth Nightmare des Arctic Monkeys ou le premier opus de The Last Shadow Puppets, pour un cinq titres léché et musicalement très léger, sans une pléiade d’effets ni pléthore de sons synthétiques parasitant les mélodies. Une guitare folk, un piano profond, une basse, une batterie acoustique et des harmonies de cordes, voilà la somme des instruments portant  la voix calme mais toujours aussi habitée d’un Alex Turner connu habituellement pour son phrasé locomotive et son ton rageur. La mélodie d’introduction de Stuck On the Puzzle (intro) laisse comprendre que cet air sera le thème principal du film, la charnière à une ambiance mélancolique et nostalgique en adéquation avec l’univers du long-métrage. L’histoire du film est celle d’un adolescent de quinze ans, aux allures de Turner cela dit en passant, qui veut perdre sa virginité avant son prochain anniversaire et essaye de faire renaître la flamme entre ses parents afin d’éviter le départ de sa mère pour son prof de danse.
A la fois apaisées et brutes comme un sentiment adolescent et incontrôlable, une grande délicatesse transpire des paroles.  On a tendance à oublier que Turner n’a que vingt-cinq ans, qu’il est fraichement amoureux et sait écrire autre chose que des textes zeitgeist impressionnant de réalisme. Pourtant Alex Turner maîtrise aussi avec brio les codes de la pop avec une imagerie poétique et ultra-référencée, comme celle au Heartbreak Hotel d’Elvis dans Piledriver Waltz (titre prévu aussi sur le prochain Arctic Monkeys),  sans tomber non plus dans de la guimauve boulgiboulga. Toutes les chansons semblent être écrites pour un dimanche de pluie, un jour de doute, un gris qui mine. Tout y est doux mais avec une puissance émouvante sur ce six titres trop court malheureusement.

Une bande originale dont il faut se méfier car elle a ce pouvoir magnétique et lacrymal à faire hérisser les poils et monter les larmes aux yeux si on la laisse trop s’imprégner. Alex Turner dévoile une part intime et sensible de sa personnalité en  réussissant avec les félicitations du jury un exercice pourtant casse-gueule.  En attendant le 6 juin prochain Suck it and See, le nouvel opus de Arctic Monkeys, cette échappée belle est une compensation d’attente pop qu’on ne pourrait imaginer meilleure.  La musique sert à elle seule de bande annonce et de publicité à un film indépendant primé à travers le monde et aussi de preuve supplémentaire au, pourtant évident, génie d’Alex Turner. Une caresse pop-ballade parfaite pour ce printemps naissant, un album à découvrir pour se lover encore, encore, encore…

Alex TurnerPiledriver Waltz

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Community – Meilleure Sitcom du moment.

Comme les dizaines de milliers de petits saligauds qui regardent des séries étrangères en streaming ou téléchargées, une fois qu’une saison est terminée ou définitivement conclue, je pars à la recherche de nouveautés à me mettre sous la dent. J’ai essayé et basé des tas de sitcoms cette année après les trois premiers épisodes parce qu’il faut bien le reconnaître, il y a beaucoup de déchet. Il y a des noms qu’on voit défilé sans s’y arrêter parce que l’affiche ne plaît pas, le nom est pas attirant, ça ressemble à s’y méprendre à une série déjà vue, les codes ont l’air trop américain et trop culturellement signé… bref ça défile alors qu’on ne sait pas de quoi il s’agit.
Ca fait deux ans que je vois une série nommée Community disponible à peu près en même temps que sortent les épisodes The Office. Je pensais que c’était dans la verve d’un Blue Moutain State avec Denise Richards, une histoire d’étudiants à l’université expérimentant la vie. Pourquoi ? A cause de la photo illustratrice où l’on voit une sorte de beau gosse avec « un front très large » entrain d’agrafer une affiche pour un groupe d’étude réservé aux filles. A côté de lui, une blonde aux regards en coin coquins regarde dans sa direction et au fond une personne âgée qui pourrait être le doyen semble étonné. Ecœuré par un trop pleins de teens movies racoleurs avec filles topless pour aucune raison, il était hors de question de me taper une version de 10 things I Hate About You pour post-ado fantasmant sur des soirées gobelet rouge dans une chambre d’une fac américaine à siffler de la bière en fut.
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et mon passage à l’acte est la conséquence d’une discussion série avec un collègue de travail ayant plutôt très bon goût en matière télé. Il a regardé l’intégral des deux saisons en deux semaines et me raconte quelques blagues pour me donner l’eau à la bouche. Un épisode test, j’accroche un peu mais rien de génial, un deuxième très drôle et le troisième transforme l’effet, ok c’est bon je suis fan, je veux tout regarder maintenant et tout de suite.
L’histoire est celle d’un groupe d’étude d’espagnol formé sur un malentendu dans la faculté publique de Greendale. Les Community College sont un peu la risée des études supérieures, la lose zone pour ceux refusés par toutes les facs prestigieuses privés du pays, pour les marginaux, pour les actifs voulant se réorienter, pour les femmes divorcées sans emploi, pour les les personnes âgées. Le pilote commence le premier jour de la rentrée scolaire. Jeff Winger, beau gosse arrogant, retourne sur les bancs de l’école alors qu’il est un avocat prestigieux depuis plusieurs années dans un cabinet. Pourquoi ? Parce que Jeff n’a jamais eu le diplôme nécessaire afin de pratiquer sa profession et parce qu’un membre de son bureau l’a dénoncé. Dragueur, il flash sur Britta, une blonde rebelle de son âge, pendant le cours d’espagnol du déjanté Senior Chang aka El Tigro Chino ! (Il est joué par Ken Jeong, M.Chow dans le film Very Bad Trip) Elle n’est pas intéressée par ses avances de dragueur en costard. Ne renonçant jamais, Jeff l’embobine et se fait passer pour un maitre d’étude donnant des cours d’espagnole dans un groupe d’étude. Il ne sait, bien sur, pas parler un traitre mot d’espagnol. Son plan pour un tête à tête avec elle tombe à l’eau car, le prenant au pied de la lettre, elle ramène lors du rendez-vous d’autres étudiants. Un groupe éclectique et taré se forme autour de Jeff Winger. Il est formé de Abed, un musulman pakistanais très étrange à la culture pop débordante, de Pierce, un vieux chef d’entreprise raciste et homophobe ne comprenant jamais rien, de Sheryl, une grosse noire catholique mère de famille, de Annie, la cadette innocente effacée et victime junky au lycée, de Troy, ancien superstar quaterback de son lycée un peu débile et donc de Britta, la pourfendeur, la révoltée… Ils se retrouvent pour réviser l’espagnol mais ils ne travaillent jamais, ils sont toujours impliqués dans des histoires folles. Scénaristiquement rien n’est impossible, un épisode peut être sur le mode film de zombies puis en mode western, en mode parodie, en mode n’importe quoi… tout est possible et c’est en ça que c’est jouissif et génial.
Un vrai plaisir, des références culturelles en veux-tu-en-voilà, des personnages connotées jouant justement sur les clichés attendus dans une série, Community est de loin la série qui m’a fait le plus rire depuis très très longtemps. J’ai eu des moments de fou-rires intenses seul devant mon écran. J’ai dévoré le tout en un mois et des brouettes en essayant de me raisonner un petit peu sinon…
Community est un peu une sorte de Parker Lewis d’aujourd’hui, en encore plus délirant, encore plus pop, encore plus extrême… une série qui plaira définitivement aux fans de Scrubs aussi pour son humour second degré et ses relations amicales intenses. La série reprend fin septembre pour une troisième saison, mettez vous à jour, ne serez pas déçu. Comme dirait Magnitude : Pop ! Pop ! Ouais…. carrément !

Troy & AbedSpanish Rap

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Cold War Kids – Mine is Yours

Il y a environ quatre ans débarquait de Long Beach, en Californie, un  groupe d’indie-rock rugueux et désarticulé : Cold War Kids. Pour bien marquer leur arrivée, il sortait Robbers & Cowards, premier album novateur et hors-norme à un moment où la scène rock américaine était atteinte d’une grave affection congénitale suite à de trop nombreux pompages musicaux consanguins les un sur les autres. A cette époque, la production se devait d’être lisse et velouté comme un yop framboise prédigéré, Cold War Kids n’avait pas la même vision et  proposait un pied de nez magistral à cette mode en amenant un contre-pied aux structures épurées et branlantes comme un Kapla monté par un alcoolique en manque. La mauvaise vie, la folie, le regret, voilà les thèmes fondateurs du groupe et des tubes en puissance comme Hang Me Up To DryHospital Bed ou  l’iconoclaste We Used To Vacation. Cet univers et ses spécificités complexes donnent un statut et une reconnaissance instantanée à ce groupe prometteur. Sombre, électrique et incisif comme une piqure de rappel mal plantée, les californiens se font connaître par la teneur nerveuse et hypnotique de leurs concerts. Porté par le charisme et la voix unique de Nathan Willett, le groupe déstructure encore plus leurs morceaux et s’échange des coups de pieds dans les tibias tout en jouant pour faire monter la pression et l’énergie vive des spectateurs.
Retour sans fanfare ni excitation lors de la sortie de Loyalty to Loyalty deux ans plus tard. Cold War Kids garde cette patte particulière, cette tension mais l’amplitude bluesy  et les envolées lyriques sur le fil  de Willett ne charment plus, le goût de la nouveauté étant passé. Un sentiment d’urgence ressort de cet album tout en profondeur et en spontanéité mais l’anarchie volontaire dans les mélodies, la production brute de décoffrage et les rythmiques syncopées intéressent moins et semble n’être qu’une redite du précédent, un jugement difficile à encaisser pour un second album.

Le groupe prend du recul et sort un EP furtif Behave Yourself, l’été dernier, dessinant déjà la tournure plus pop que semble prendre gentiment le groupe. La production reste toujours aussi épurée mais les instruments sont moins étouffés, la voix moins mise en avant et les mélodies sont intelligibles et chantantes. Cette formule va être la pierre angulaire de Mine Is Yours, troisième et nouvelle parution de Cold War Kids.
Virage à coup de frein à main, tous les puristes intransigeants descendent, tant pis ça laissera de la place pour tout le monde.  La démarche est sincère et ça se sent car, bien que plus accessible, la composition musicale garde ce mystère continuel, cette appréhension à se demander ce qui va se passer, où va ce morceau aller et comment va-t-il terminer sans pour être autant tarabiscoté et impassable en radio. Une attraction, une force aimantée se mouvant au fil des rythmes et des pulsions organiques transportent  tout au long de cet album. Cette transe amène une couleur nouvelle à une pop à la mode, reine de stades géants.
La présence à la production de Jacquire King provoque stupeur et tremblement chez les fans de la première heure après qu’il ait rendu le dernier album de King Of Leon plus grand public. Inquiets de le voir métamorphosé les Cold War Kids en un monstre mainstream, King, malgré ses efforts et sa production plus ronde, n’aura pas raison du groupe qui garde sa personnalité forte et son ambiance.  Exercice difficile, Mine is Yours est touche à tout mais ne tombe jamais dans le facile ni le mauvais goût ultime. Alors que certaines chansons comme Finally Begins ou Skip The Charades flirte avec le catchy ou le grandiloquent par le coté ballade rock,  d’autres, comme Royal Blue, Sensitive Kid ou Cold Toes On Cold Floor, sont plus proche du génie et d’une montée en puissance galvanisante et éclatante.  Quel que soit le style visité, CWK, pour les intimes, sait garder cette profondeur proche du blues et de la soul.

A l’image de la pochette d’album, blanche et gribouillée par des couleurs vives, Cold War Kids a quitté cet univers  salit sombre ou noir et blanc pour une nouvelle ère. Une musique plus simple d’apparence, des titres s’enchainant avec une cohérence subtile et surtout la voix envoutante de Nathan Willett emmenant là où il en a envie, voilà le programme de ce troisième opus très agréable. Mine is Yours est surement plus proche d’une plage ensoleillée bordant le pacifique que du bitume amer des rues sombres d’Hollywood boulevard.  Une mise en appétit délicieuse pour commencer 2011 musicalement du bon pied. Les fans de la première heure anti-évolution musicale devront passer leur chemin alors que les autres se délecteront à l’écoute de cet opus résolument pop mais avec un supplément d’âme non négligeable.

Cold War Kids
Louder than Ever

Le clip a été réalisé par Vern Moen, clipeur indie vintage à qui l’on doit le superbe I Cut like a Buffalo de The Dead Weathers ou de nombreuses vidéos des Cold War Kids comme le très beau Audience of One ou I’ve Seen Enough. La vidéo a été filmé dans un entrepôt de Los Angeles.

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Jonathan Safran Foer – Tree of Codes

Le prochain livre de Jonathan Safran Foer sortira aux Etats-Unis le 16 avril prochain. Son nom : Tree of Codes. A peine la promo mondiale de Faut-il manger des animaux ? terminée, JSF va devoir reprendre la route pour présenter sa nouvelle œuvre, cette fois-ci ce n’est ni un roman ni une nouvelle, une oeuvre littéraire artistique, visuelle et conceptuelle comme jamais. Il faut savoir qu’il est diplômé de l’université de Princeton en littérature et philosophie mais il est important de savoir qu’il suivait surtout les cours très particulier de Joyce Carol Oates en Creative writing, option dans l’apprentissage expérimental de l’écriture dans toutes ses formes. Il a déjà mit en oeuvre ses leçons dans ses précédents romans comme la répétition épileptique de mots sur plusieurs pages dans Faut-il manger des animaux ? ou l’utilisation d’une phéoto comme un flip book dans Extrement fort, Incroyablement prêt mais là Tree of Codes est un concept à lui tout seul. Imaginez ouvrir un livre où il manque des mots car ils ont été découpés physiquement, un livre où il y a plus de vides qu’il n’y a de mots, comment réagiriez-vous ?  Safran Foer reprend par exemple la nouvelle La rue des crocodiles de Bruno Schulz, poète polonais tué en pleine rue par un SS en 42, et la troue comme les rapports cryptés du FBI mais avec des vides permettant des chevauchements visuels et un aspect secret. Un livre donc difficile à lire physiquement et un pied de nez magnifique au livre virtuel à une époque où il prend des places de marché.
Donc un livre qui coûtera cher, un livre qui ne se lira pas sur la plage, un livre qui ne sera jamais traduit, un livre objet, un livre artistique développé par un maison d’édition anglaise qui n’a pas d’argent mais des idées : VisualEditions.

Jonathan Safran Foer est toujours là où on ne l’attend pas et donne peut être une alternative au livre physique pour l’avenir. J’ai bien envie de voir à quoi cela peut ressembler et décrypter cet arbre à codes.

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