Archives de Tag: Vidéo

Bref sur Canal +

Suis-je enthousiaste ? Oui  et pour une fois c’est spontané car totalement inattendu. Rentrée télé oblige, j’ai regardé Le Grand Journal avec sa nouvelle formule : première partie politique, les guignols, le petit journal en 18minutes et retour plateau avec divertissement, live etc… La première partie ne change pas vraiment, à part qu’il n’y a plus Ali Baddou, il s’en est allé pour retrouver l’émission du midi devenu austère et insupportable sans l’excellent Bruce Toussaint, mais il a été remplacé par Raphaël Enthoven. Ce philosophe du cinéma s’occupe de la littérature et des livres et on y gagne, ses analyses sont piquantes, critiques (si si, parfois on critique au Grand Journal) et ses questions bien amenées. Le Daily Mouloud passe en première partie d’émission avec un retour sur le terrain plus intéressant que ses piges volatiles de l’année dernière. Tout ça pour dire que lors de la seconde partie, il y a en introduction après la présentation de l’invité, un programme court nommé très justement Bref.

Bref est une mini-série avec comme concept : « Dans la vie, au début on naît, à la fin on meurt, entre les deux y s’passe des trucs. Bref. C’est l’histoire d’un mec, entre les deux ». La série est signée par le duo prometteur  Kyan Khojandi (un comique très bon qui faisait des chroniques ciné déglingo nommé le Festival De Kyan dans l’émission On achève bien l’info sur France 4 (pour voir le best of cliquez ICI) et Navo (l’auteur de la géniale La Bande Pas Dessinée). Comme ils sont bien entourés, ils ont demandé à leur bande de copains comiques, squattant la rive opposée du Jamel Comedy Club, de leur donner un petit coup de main pour les tournages, résultat : une série française à deux cent à l’heure exaltée et talentueuse.

Au niveau de la réalisation et du ton, il est totalement calqué sur le voyage en Europe de Victor Ward dans Les Lois de l’Attraction de Roger Avary. Le pilote met en haleine, le second épisode confirme le talent. Ca fait plaisir de voir enfin une série française conceptuelle, intelligente, rapide et très drôle. Tout ce que Soda n’est pas en fait… en même temps Kev Adams peut-il être considéré comme un comique ?

Pour regardez la série, cliquez sur le lien Canal + et vous verrez bien que, plus c’est bref., plus c’est bon… depuis le temps que je le dis !

Pour suivre Bref. sur Twitter et/ou Facebook :

   

PILOTE
Bref j’ai dragué cette fille.

2 Commentaires

Classé dans T.V.

Rockumentary Back & Forth et mon Dreamjob

Il y a des conversations et des nuits où on refait le monde. Bien qu’il n’ait rien demandé à personne, on discute et on fait des plans sur la comète comme on monte une table Bjursta de chez Ikea à plusieurs avant une soirée crémaillère. Chronophage, introspective, délirante, nostalgique, abusive, démesurée, curative, cette conversation remet en question l’intégralité de son existence, de ses désidératas et ses échecs.
J’ai eu trente ans cette année, je ne les ai pas fêtés et en un mois, j’ai eu une grosse remise en question bien plus puissante qu’une simple « crise de la trentaine ». Pas besoin de m’allonger sur un canapé, d’essayer de déterminer la signification de tâches designées par Hermann Rorschach ou d’essayer de comprendre le sens dans la vie dans un ashram à Rishikesh, non il suffit parfois de parler avec des ami(e)s pour retrouver un sens à sa vie et redonner vie à ses envies.
Au milieu de ce bordel maelström, il y a souvent cette question du travail de rêve, le concept américain du « dreamjob« , cette continuité idéologique d’un travail qu’on a envie de vivre toute sa vie et auquel on est certain comme quand petit on disait « plus tard je serai… ! ». Heureusement l’adolescence fait découvrir les joies de la rébellion et de la marginalité sinon la police serait un secteur d’activité trop bouchonné comme l’est la communication aujourd’hui, les vétérniaires seraient en brigade pour piquer un pauvre animal, aucun feu ne serait jamais déclaré grâce aux milliers de pompiers en faction dans les rues, le fantasme de l’infirmière n’aurait plus aucun sens et une fois la primaire passée, l’éducation nationale serait un désert car toutes les filles seraient devenues des maîtresses d’école. Quand j’étais petit, je ne voulais être rien de spécifique… peut-être vaguement prof parce-que je devais être dans un fantasme Iznogoud, être khalife à la place du Khalife,  en recherche d’une prise de position putsch et d’une affirmation de moi-même par mon côté didactique et éducatif… sauvé, l’école m’en a dégouté, amen. J’ai rêvé d’être musicien mais je n’étais pas assez doué et je ne le suis toujours pas, j’avais en tête d’être maître du monde mais Minus & Cortex avaient déjà trop avancé leur plan machiavélique pour « tenter de conquérir le monde« , ma stratégie n’aurait pas fonctionnée seul, c’est sur et enfin je voulais être réalisateur audiovisuel, un Dawson Leery, à la différence près que je n’aime pas Steven Spielberg (franchement A.I. et Indy 4… franchement… ne surtout pas me lancer sur E.T.).
Je dis tout le temps qu’avoir un job de rêve dans notre société est impossible, que c’est inutile et dichotomique avec notre époque mais, après réflexion, je pense plus que j’avais surtout peur de me dire que j’ en avais un moi-même et que je ne l’assumais pas. Même si il est impossible, irréaliste ou fou, il existe quelque part en nous. Il est souvent planqué sous une épaisse couche de mauvaise foi, de frustrations, de ratés, de procrastination, de peurs, de fuite en avant… mais il est là.

J’ai découvert le mien il y a peu de temps. C’était une semaine après mon dernier anniversaire. Les Foo Fighters sortaient Wasting Light, leur septième album, et à cette occasion, la chaine VH1 réalisait un documentaire nommé Back & Forth réalisé par James Moll. Impossible de le trouver les premiers jours, impossible même de l’acheter, il ne trainait que quelques extraits sur youtube histoire de caler une dent creuse tout au plus. L’attente a fini par payer et j’ai regardé ce documentaire passionnant et sans concession un soir vers minuit avec passion.

L’histoire du groupe, mené par une fer par Dave Grohl, démarre bien sur à la fin de Nirvana, six mois après la parution de In Utero. Grohl y est alors le batteur émérite du trio grunge de Seattle. A la vue de la tournée mondiale à venir, le groupe embauche Pat Smear (jeu de mot signifiant Frotti en anglais) pour être second guitariste ou lead quand Kurt Cobain est trop amoché pour jouer. Ce point de départ est important parce que Smear va être est un des membres fondateurs des Foo Fighters. Dave Grohl parle de ses derniers mois et même de la mort de Cobain avec émotion. Il raconte l’après, le deuil, la difficulté et les conditions dans lequel il a enregistré une maquette qui deviendra le premier album de Foo Fighters. De là, le rockumentary narre la rencontre avec les autres membres, la première tournée marathon, le problème d’être assimilé systématiquement à Nirvana, les conflits d’égo, la difficulté de Grohl a laisser quelqu’un d’autre jouer de la batterie à sa place, la drogue, le spleen, le presque split, Wembley, la folie, les enregistrements, les bons moments… bref la vie rock’n’roll d’un groupe second degré devenu une bête de stade. Deux heures dans le milieu, deux heures d’images, vidéos, photos, interviews, lives, témoignages, deux heures très intéressantes et galvanisantes. Une seule envie se dégage de ce documentaire, faire du rock, écouter Foo Fighters et être aussi cool que Dave Grohl.

Quand je serai plus grand, je veux être rockumentaliste !

Pour le regarder en streaming

[videobb http://www.videobb.com/video/HZ6FcFE7I5fB]

2 Commentaires

Classé dans Musique

Alex Turner – B.O. Submarine

J’ai écrit un article il y a de ça 4 mois que je n’ai pas publié. J’ai eu un coup de cœur terrible pour la bande originale d’un film anglais à la bande-annonce prometteuse : Submarine. Le film vient de sortir dans notre beau pays mercredi dernier et étant en déplacement prolongé dans le sud de la France, région qui ne connait ni la VO ni les films indépendants, je pense le voir en divx plus tard. N’empêche que j’avais cette review sur la B.O. du film signée par Alex Turner, le lead singer des Arctic Monkeys, et à défaut de laisser une critique du film, voilà celle de sa musique.

Dicky parfois est un canard vert qui recycle, la preuve.

Alex TurnerSubmarine Soundtrack

Quand on est le lead-singer d’un des groupe de rock anglais des plus connus  dans le monde, l’heureux compagnon de la hit-girl du moment Alexa Chung et une des plus grosses attentes de sortie d’album de l’année, on est en droit de se dire qu’on a envie de profiter de son temps libre. Pourtant Alex Turner, le très chevelu chanteur de Arctic Monkeys, n’arrête pas le travail et, le temps d’une escapade en solo, signe la bande originale de Submarine. Prévu en France dans les salles le 13 juillet prochain, Submarine est le premier film de son ami Richard Ayoade, réalisateur du très réussit DVD Arctric Monkeys at the Apollo ainsi que de la majorité des clips du groupe, mais aussi, pour le fins connaisseurs, Maurice Moss, le geek dingue à la coiffure afro de la série anglaise The IT Crowd.

Pour les besoins de l’exercice, Alex Turner met de côté ses riffs impertinents de génie et d’énergie pour une pop en susurre et douceur. Aux commandes, le producteur James Ford utilise tout son talent d’arrangeur, comme il l’a fait dans le passé sur l’excellent Favorite Worth Nightmare des Arctic Monkeys ou le premier opus de The Last Shadow Puppets, pour un cinq titres léché et musicalement très léger, sans une pléiade d’effets ni pléthore de sons synthétiques parasitant les mélodies. Une guitare folk, un piano profond, une basse, une batterie acoustique et des harmonies de cordes, voilà la somme des instruments portant  la voix calme mais toujours aussi habitée d’un Alex Turner connu habituellement pour son phrasé locomotive et son ton rageur. La mélodie d’introduction de Stuck On the Puzzle (intro) laisse comprendre que cet air sera le thème principal du film, la charnière à une ambiance mélancolique et nostalgique en adéquation avec l’univers du long-métrage. L’histoire du film est celle d’un adolescent de quinze ans, aux allures de Turner cela dit en passant, qui veut perdre sa virginité avant son prochain anniversaire et essaye de faire renaître la flamme entre ses parents afin d’éviter le départ de sa mère pour son prof de danse.
A la fois apaisées et brutes comme un sentiment adolescent et incontrôlable, une grande délicatesse transpire des paroles.  On a tendance à oublier que Turner n’a que vingt-cinq ans, qu’il est fraichement amoureux et sait écrire autre chose que des textes zeitgeist impressionnant de réalisme. Pourtant Alex Turner maîtrise aussi avec brio les codes de la pop avec une imagerie poétique et ultra-référencée, comme celle au Heartbreak Hotel d’Elvis dans Piledriver Waltz (titre prévu aussi sur le prochain Arctic Monkeys),  sans tomber non plus dans de la guimauve boulgiboulga. Toutes les chansons semblent être écrites pour un dimanche de pluie, un jour de doute, un gris qui mine. Tout y est doux mais avec une puissance émouvante sur ce six titres trop court malheureusement.

Une bande originale dont il faut se méfier car elle a ce pouvoir magnétique et lacrymal à faire hérisser les poils et monter les larmes aux yeux si on la laisse trop s’imprégner. Alex Turner dévoile une part intime et sensible de sa personnalité en  réussissant avec les félicitations du jury un exercice pourtant casse-gueule.  En attendant le 6 juin prochain Suck it and See, le nouvel opus de Arctic Monkeys, cette échappée belle est une compensation d’attente pop qu’on ne pourrait imaginer meilleure.  La musique sert à elle seule de bande annonce et de publicité à un film indépendant primé à travers le monde et aussi de preuve supplémentaire au, pourtant évident, génie d’Alex Turner. Une caresse pop-ballade parfaite pour ce printemps naissant, un album à découvrir pour se lover encore, encore, encore…

Alex TurnerPiledriver Waltz

3 Commentaires

Classé dans Musique

Community – Meilleure Sitcom du moment.

Comme les dizaines de milliers de petits saligauds qui regardent des séries étrangères en streaming ou téléchargées, une fois qu’une saison est terminée ou définitivement conclue, je pars à la recherche de nouveautés à me mettre sous la dent. J’ai essayé et basé des tas de sitcoms cette année après les trois premiers épisodes parce qu’il faut bien le reconnaître, il y a beaucoup de déchet. Il y a des noms qu’on voit défilé sans s’y arrêter parce que l’affiche ne plaît pas, le nom est pas attirant, ça ressemble à s’y méprendre à une série déjà vue, les codes ont l’air trop américain et trop culturellement signé… bref ça défile alors qu’on ne sait pas de quoi il s’agit.
Ca fait deux ans que je vois une série nommée Community disponible à peu près en même temps que sortent les épisodes The Office. Je pensais que c’était dans la verve d’un Blue Moutain State avec Denise Richards, une histoire d’étudiants à l’université expérimentant la vie. Pourquoi ? A cause de la photo illustratrice où l’on voit une sorte de beau gosse avec « un front très large » entrain d’agrafer une affiche pour un groupe d’étude réservé aux filles. A côté de lui, une blonde aux regards en coin coquins regarde dans sa direction et au fond une personne âgée qui pourrait être le doyen semble étonné. Ecœuré par un trop pleins de teens movies racoleurs avec filles topless pour aucune raison, il était hors de question de me taper une version de 10 things I Hate About You pour post-ado fantasmant sur des soirées gobelet rouge dans une chambre d’une fac américaine à siffler de la bière en fut.
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et mon passage à l’acte est la conséquence d’une discussion série avec un collègue de travail ayant plutôt très bon goût en matière télé. Il a regardé l’intégral des deux saisons en deux semaines et me raconte quelques blagues pour me donner l’eau à la bouche. Un épisode test, j’accroche un peu mais rien de génial, un deuxième très drôle et le troisième transforme l’effet, ok c’est bon je suis fan, je veux tout regarder maintenant et tout de suite.
L’histoire est celle d’un groupe d’étude d’espagnol formé sur un malentendu dans la faculté publique de Greendale. Les Community College sont un peu la risée des études supérieures, la lose zone pour ceux refusés par toutes les facs prestigieuses privés du pays, pour les marginaux, pour les actifs voulant se réorienter, pour les femmes divorcées sans emploi, pour les les personnes âgées. Le pilote commence le premier jour de la rentrée scolaire. Jeff Winger, beau gosse arrogant, retourne sur les bancs de l’école alors qu’il est un avocat prestigieux depuis plusieurs années dans un cabinet. Pourquoi ? Parce que Jeff n’a jamais eu le diplôme nécessaire afin de pratiquer sa profession et parce qu’un membre de son bureau l’a dénoncé. Dragueur, il flash sur Britta, une blonde rebelle de son âge, pendant le cours d’espagnol du déjanté Senior Chang aka El Tigro Chino ! (Il est joué par Ken Jeong, M.Chow dans le film Very Bad Trip) Elle n’est pas intéressée par ses avances de dragueur en costard. Ne renonçant jamais, Jeff l’embobine et se fait passer pour un maitre d’étude donnant des cours d’espagnole dans un groupe d’étude. Il ne sait, bien sur, pas parler un traitre mot d’espagnol. Son plan pour un tête à tête avec elle tombe à l’eau car, le prenant au pied de la lettre, elle ramène lors du rendez-vous d’autres étudiants. Un groupe éclectique et taré se forme autour de Jeff Winger. Il est formé de Abed, un musulman pakistanais très étrange à la culture pop débordante, de Pierce, un vieux chef d’entreprise raciste et homophobe ne comprenant jamais rien, de Sheryl, une grosse noire catholique mère de famille, de Annie, la cadette innocente effacée et victime junky au lycée, de Troy, ancien superstar quaterback de son lycée un peu débile et donc de Britta, la pourfendeur, la révoltée… Ils se retrouvent pour réviser l’espagnol mais ils ne travaillent jamais, ils sont toujours impliqués dans des histoires folles. Scénaristiquement rien n’est impossible, un épisode peut être sur le mode film de zombies puis en mode western, en mode parodie, en mode n’importe quoi… tout est possible et c’est en ça que c’est jouissif et génial.
Un vrai plaisir, des références culturelles en veux-tu-en-voilà, des personnages connotées jouant justement sur les clichés attendus dans une série, Community est de loin la série qui m’a fait le plus rire depuis très très longtemps. J’ai eu des moments de fou-rires intenses seul devant mon écran. J’ai dévoré le tout en un mois et des brouettes en essayant de me raisonner un petit peu sinon…
Community est un peu une sorte de Parker Lewis d’aujourd’hui, en encore plus délirant, encore plus pop, encore plus extrême… une série qui plaira définitivement aux fans de Scrubs aussi pour son humour second degré et ses relations amicales intenses. La série reprend fin septembre pour une troisième saison, mettez vous à jour, ne serez pas déçu. Comme dirait Magnitude : Pop ! Pop ! Ouais…. carrément !

Troy & AbedSpanish Rap

4 Commentaires

Classé dans T.V.

Jonathan Safran Foer – Tree of Codes

Le prochain livre de Jonathan Safran Foer sortira aux Etats-Unis le 16 avril prochain. Son nom : Tree of Codes. A peine la promo mondiale de Faut-il manger des animaux ? terminée, JSF va devoir reprendre la route pour présenter sa nouvelle œuvre, cette fois-ci ce n’est ni un roman ni une nouvelle, une oeuvre littéraire artistique, visuelle et conceptuelle comme jamais. Il faut savoir qu’il est diplômé de l’université de Princeton en littérature et philosophie mais il est important de savoir qu’il suivait surtout les cours très particulier de Joyce Carol Oates en Creative writing, option dans l’apprentissage expérimental de l’écriture dans toutes ses formes. Il a déjà mit en oeuvre ses leçons dans ses précédents romans comme la répétition épileptique de mots sur plusieurs pages dans Faut-il manger des animaux ? ou l’utilisation d’une phéoto comme un flip book dans Extrement fort, Incroyablement prêt mais là Tree of Codes est un concept à lui tout seul. Imaginez ouvrir un livre où il manque des mots car ils ont été découpés physiquement, un livre où il y a plus de vides qu’il n’y a de mots, comment réagiriez-vous ?  Safran Foer reprend par exemple la nouvelle La rue des crocodiles de Bruno Schulz, poète polonais tué en pleine rue par un SS en 42, et la troue comme les rapports cryptés du FBI mais avec des vides permettant des chevauchements visuels et un aspect secret. Un livre donc difficile à lire physiquement et un pied de nez magnifique au livre virtuel à une époque où il prend des places de marché.
Donc un livre qui coûtera cher, un livre qui ne se lira pas sur la plage, un livre qui ne sera jamais traduit, un livre objet, un livre artistique développé par un maison d’édition anglaise qui n’a pas d’argent mais des idées : VisualEditions.

Jonathan Safran Foer est toujours là où on ne l’attend pas et donne peut être une alternative au livre physique pour l’avenir. J’ai bien envie de voir à quoi cela peut ressembler et décrypter cet arbre à codes.

5 Commentaires

Classé dans Bouquins, Canards & autres mots sur papier

Radiohead est de Retour

On nous en parle depuis des mois et des mois, les rumeurs disent qu’ils ont terminé en faisant une fête chez leur producteur Nigel Godrich, deux semaines après Thom Yorke explique qu’il est toujours en studio et que c’est loin d’être terminé, bref l’arlésienne musicale s’arrête là et Radiohead surprend son monde en annonçant une semaine avant sa sortie King of Limbs, le nouvel opus tant attendu. On devait attendre jusqu’à dimanche mais pour ce groupe nommé à leurs débuts On a Friday, vendredi sera le jour de sortie, histoire d’étonner tout le monde une fois de plus. Le temps de se le procurer et de faire une promo (la preuve en est) Radiohead sort le clip de Lotus Flower.
La vidéo est réalisé par Garth Jennings a qui l’on doit déjà le clip exceptionnel de Coffee & TV de Blur, le film délirant H2G2: le guide du voyageur galactique, tiré du roman de science-fiction comique deDouglas Adams d’où est tiré le Parnoid Android, mais aussi le clip génial de Fat Boy Slim Right Here Right Now et des participations déjà avec Radiohead sur Jigsaw Falling Into Pieces & Nude. Il compose un duo avec le producteur Nick Goldsmith sous le nom de Hammer & Tongs. La photo superbe en noir et blanc est le travail de Nick Wood. Un clip envoutant et étrange où Thom Yorke danse avec cette étrangeté qu’il maitrise si bien sur scène et ce charisme si particulier. La chorégraphie, parce-que non rien n’est laissé au hasard, est l’œuvre de Wayne McGregor, Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, chorégraphe anglais spécialiste dans la danse contemporaine et la mise en scène très particulière.
Flower Lotus était un des titres phares de la tournée de Thom Yorke avec son side project Atoms for Peace.
En attendant ce soir pour écouter le nouvel album King of Limbs, dispo en format digital ou vinyle sur leur site officiel : The King of Limbs. Si vous n’avez pas les moyens, je vous offre Lotus Flower en MP3 : Lotus Flower et en clip en dessous. Profitez en, Radiohead aime nous faire attendre.

Radiohead
Lotus Flower

3 Commentaires

Classé dans Musique

La Mort de Peppette En Prison 2010

Je connais un groupe pas comme les autres. J’ai pratiquement été sur scène avec eux pour tous leurs concerts à travers le sud de la France car je suis un peu leur mascotte ou un porte bonheur, un roadie, un compagnon de route… bref il me kiffe et bien qu’ils soient peut être le groupe le moins carré qu’on puisse voir sur scène, je les adore.

C’était en 2004, je trainais dans les rues du vieux Nice pour finir dans un bar minable à l’ambiance premières années de fac où l’on boit de la bière pression pas chère, où des chanteurs ivrognes sont sur scènes à fracasser tout le répertoire pop de ces quarante dernières années et où quand arrive minuit, c’est le Bingo Time, tirage du loto où l’on peut gagner un shot de Get 27 ou un pichet de bière et je… boulègue !
Bon j’étais au Jonathan’s et dans la salle du haut où personne ne reste et  j’y ai croisé un groupe de potes tarés.
Certains d’entre eux sortaient à peine d’une relation d’un an avec un autre groupe au nom cosmique : Camping in the Garden, un autre racontait, à qui voulait bien l’entendre, qu’il avait un « dark-side project » solo nommé La Mort de Pepette en Prison dans lequel il était leader incontestable car seul, car homme-orchestre (une de ses idole étant Remy Bricka), car personne ne voulait jouer avec lui. La légende autour de cet homme mystère et de son groupe solo obscur  voulait qu’il fasse des concerts dans sa cave pour un public dans le noir à l’extérieur de celle-ci, flippant ! Les autres présents ce soir là n’étaient que des connaissances, des gens n’ayant aucune connaissance musicale, aucun talent particulier mais pourtant après une longue discussion autour du mythe de Pepette et du fait qu’il ne faut pas forcément répeter des mois pour monter sur scène pour foutre le bordel, ils décidèrent de fonder un groupe, c’est à dire plusieurs personnes autour de ce projet fou nommé : La Mort de Pepette en Prison.

Expression algérienne voulant dire en gros « lâche-moi la grappe », la mort de pepette en prison était la réponse traumatisante que Grishka, leader incontesté, incontestable et père du projet, avait lorsqu’enfant il demandait à son père Poulpoutine le dentiste : « qu’est-ce qu’il y a à la télé ce soir ? ».
Après discussion, Grishka allait être lead-singer, alors qu’il n’avait jamais chanté de sa vie, et guitariste rythmique alors qu’il n’avait pas joué depuis six ans. Igor, un des anciens campeurs et frère jumeau (des deux parents différents) de Grishka, officierait en bassiste alors qu’il avait le groove d’une banane. Grumly Jones, un autre campeur, serait la caution blues mais il aurait le sérieux handicap de ne jamais arriver à jouer en quatre temps, problème important pour faire du punk. Leur musique serait punk, serait rock, serait trash, serait du bruit et pour avoir une signature vocale unique, Princesse Coup-d’boule serait la mieux placée car elle n’a aucun sens mélodique et était interdite de chant même sous sa douche. Motivé à bloc, le nouveau groupe me prend avec lui et me ramène chez Grishka pour une nuit de musique enflammée où ils cherchent une nouvelle ligne de voix et un nouvel arrangement à « Champs-Elysées » de Joe Dassin. Pourquoi ce titre ? Peut-être parce que les deux frères terribles ont chanté cette chanson lorsqu’ils étaient au collège dans la classe de musique ou simplement parce-que les paroles sont celles d’un lendemain de fête comme le moment qu’ils vivaient sur le moment. Six heures à faire tourner des riffs pour finalement choisir le premier qu’ils avaient fait. Un morceau en poche, La Mort de Pepette en Prison était bien vivante !
Le lendemain soir, après avoir prit des douches, travaillé et reçu une plainte d’un voisin menaçant d’appeler la CAF pour dénoncer le tapage de la veille (sic), le nouveau groupe entend une reprise nulle du tube du moment : DJ de Diams’ par Enhancer. Voilà une idée de reprise intéressante. Deux minutes après l’idée semble oubliée mais ils tentent des quantités de tablatures guitares d’artistes nases et tombent sous le charme de Moi, Lolita d’Alizée.
Igor, encore habitué aux anciennes reprises sans âme avec Camping in the Garden, trouve que les accords sont proches de ceux de Bullet With Butterfly Wings des Smashing Pumpkins qu’il jouait justement avec le défunt groupe. L’idée grandit et si la mort de pepette en prison mariait ces deux chansons ?
Ça copule mélodiquement et ça marche, il n’y a plus qu’à caler au milieu un break salsa pour reprendre DJ en version hip hop étrange. Un second tube en deux jours.
Delà, le groupe cherche pendant des mois un batteur acceptant de tenir la barre de ce navire branlant. Crazy Titi accepte malgré son jeu de batteur singe fait pour du hardcore ou du métal expérimental, les premières repetitions peuvent donc commencer.
Dès les premières minutes, ils comprennent que ça sera n’importe quoi et c’est ça dont ils rêvaient tous !
La Mort de Pepette en Prison change d’orthographe pour La Mort de Peppette en Prison suite à une faute de frappe d’Igor (comme Johnny Hallyday en son temps) et ainsi soit-il !
Sa devise ? Coca Cola, Abstinence et Plouc’n’Roll !
Quelques semaines plus tard, au détour d’un concert d’Amadeus Tappioka, les jumeaux rencontrent Bulle, Belle et Rebelle, trois lycéennes un peu maboules qui, après l’explication du concept musical du groupe, décident d’en être sans même connaître les deux loustiques. Leur charme naturelle et sauvage opérant, elles ne peuvent pas faire autrement que d’intégrer ce bordel incroyable. Belle sera embauchée  comme trompettiste, instrument qu’elle vient de débuter dont elle voudrait s’atler au sein d’un groupe. Bulle serait au synthé mais avant ça, elle devra le récuperer chez un voisin à qui elle l’a prêté voilà des années. Rebelle serait ingénieur son alors qu’elle ne sait pas comment baisser le son de sa télé avec la télécommande mais elle apprendrait, au pire elle serait photographe du groupe.
Le dimanche suivant, la line-up est complète et les choses sérieuses peuvent débuter.  Belle se rend compte qu’elle n’est pas capable de suivre à la trompette mais fait la surprise d’être une altiste naturellement douée et change de nom pour devenir : Premier de conservatoire alto classique de la Cote-d’Azur.
Les choses prennent forme mais malheureusement Crazy Titi et ses breaks syncopés doit quitter le bateau qui prend l’eau pour des envies de Paris. Il sera remplacé par Lou le Loup, batteur en son état d’Amadeus Tappioka à l’époque, le soir même de leur premier concert au Tapas sans jamais avoir répété avec eux.
J’étais déjà sur scène avec eux ce soir là, ce fut un grand n’importe quoi mais un n’importe quoi drôle et audacieux…
Les années suivantes, le groupe changera de line-up continuellement car tous les membres vivent à travers toute la France et ne se retrouvent qu’une fois l’an pour un concert exceptionnel.
Les batteurs s’enchaineront, les guitaristes, les invités aussi mais avec comme règle qu’ils sont les bienvenus lorsqu’ils le souhaitent. Seuls les jumeaux Igor & Grishka ne dérogent pas à la règle d’être présent à toutes les dates.
La mort de Peppette en Prison revient donc comme à son habitude entre noël et le jour de l’an et j’ai été chargé de faire l’affiche de leur concert.  Voilà le résultat. Une affiche simple, indie, jolie et plouc’n’roll comme ils le diraient si bien.

LM2PEP 2010
Musicalement indescriptible, entre le punk, le hip-hop, le rock, la musette et les musclés, LM2PEP est le groupe que j’aime et qui me le rend bien. Pour découvrir l’étendue de leur connerie et de leur musique minable, je vous invite à vous rendre sur leur « chaîne » youtube aux vidéos délirantes et aux extraits de leurs concerts sur le temps.

La Chaîne Plouc de Youtube

Si le coeur vous en dit, ils seront le 29 décembre 2010 au Staccato à Nice à partir de 21h30. Le concert est gratuit et le spectacle plouc sera au rendez-vous. Igor & Grishka seront là, accompagné des non moins célèbres : La Bachelorette au chant, Bluesy Maurice à la guitare, Petair au synthé et petits instruments, Chouchou Beebap-a-loula à la batterie et qui sait, peut être d’anciens membres ou des nouveaux.
Je serai sur scène avec eux donc passez dire bonjour.

LM2PEP je vous aime !

Petit extrait avec une compo du groupe sur les fans de Tokio Hotel :

LM2PEP
Tokio Furever

5 Commentaires

Classé dans Non classé