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Alain Bashung chante L’homme à la tête de chou

Je n’écris pratiquement plus du tout sur le blog comme vous avez pu le remarquer. Il y a une bonne raison à cela, je suis devenu rédacteur (en fait même plus mais j’en dévoilerai trop sur mon autre identité) au sein d’un webzine très prometteur : WeLoveMusic.fr

J’ai été chroniqueur (pas journaliste, je n’ai pas la prétention d’en avoir les qualités) pour le  même rédacteur en chef actuel du site qui alors, était patron de Waxx-Music. J’écris beaucoup et résultat, j’ai moins le temps et la tête à rédiger des articles pour cette très chère troisième patte que j’aime beaucoup et qui me ressemble.

Je suis en contact avec des labels et vois défiler des disques et des disques, des news et des news, des exclus et des avant-premières, bref je pense pouvoir dire que je suis au fait de l’actualité musicale du moment. Au milieu de ce patatras, il y a des nouvelles qui étonnent comme apprendre qu’Alain Bashung sort sa version de L’homme à la tête de chou de Serge Gainsbourg.

Passionné par Bashung depuis Fantaisie Militaire (je vais pas me la jouer fan de toujours), j’ai une relation très particulière à sa musique, ses ambiances, ses paroles et son personnage. J’avais une envie intime pendant longtemps, le voir en concert. Après plusieurs rendez-vous manqués par ma faute, j’ai réussi à réaliser ce désir lors de sa, hélas, dernière tournée pour Bleu Pétrole où, chimio-atomisé il a donné un concert grandiose tout en restant classe et digne caché sous son chapeau,  feutré derrière ses lunettes noires.  Quelques semaines plus tard, il était aux victoires de la musique et tout le monde se souvient de ces images poignantes d’un artiste reconnaissant et véritablement heureux de tout l’amour que la profession et le public  lui donnait. Il est décédé des suites de son cancer peu de temps après. Je me souviens encore quand on me l’a annoncé, c’était en région parisienne, dans une charmante maison familiale, pour l’anniversaire d’une amie. J’avais fait l’air de rien mais quelque part, ça me chagrinait et je n’avais qu’une idée en tête, m’écouter Malaxe dans un walkman, dans une chambre sombre.

Il y avait des rumeurs comme quoi Bleu pétrole avait un deuxième disque enregistré qu’il pensait  le garder pour plus tard, mais ce bruit de couloirs n’a jamais vu le jour, aucune matérialisation. Plus aucun espoir, à part me consoler en écoutant  encore et toujours mes titres préférés. Son œuvre était complète, il fallait se faire à l’idée.

Et voilà qu’arrive l’homme à la tête de chou. Pour les besoins d’un spectacle pour le chorégraphe contemporain et adepte des défis artistiques Jean-Claude Gallotta, Alain Bashung a enregistré, en 2006, sa version de l’homme à la tête de chou sans trop s’attacher à l’original mais sans non plus la dénaturer totalement. Une idée plus épuré, plus brute, plus fauve, moins symphonique, plus Velvet Undergrounisante, Gainsbourg est toujours dans l’œuvre mais Bashung se l’approprie et donne sa version biscornue à lui. Marilou reprend vie, ses soupirs redeviennent folie de l’homme et ses mains de jeune coiffeuse font de nouveau crépiter le micro.

Toutes ces informations, vous pourriez les retrouver sur n’importe quel site internet mais ce n’est pas là où je voulais en venir.
Je n’arrive pas à en parler donc j’ai envie de l’écrire, de le savoir publier et, à tort ou à raison, être complètement impudique. En y réfléchissant vraiment, le fait que Bashung reprenne spécifiquement l’homme à la tête de chou me bouleverse intimement.

Comme je l’ai déjà expliqué, je dois une très grande partie de ma culture musicale et culture tout court, je la dois à mes parents. Depuis que je suis petit, j’avais l’habitude d’entendre les Beatles (bon là vraiment je fais plus que me répéter), Alain Souchon, CCR, Chicago, Barbara Streisand, Jacques Brel, Georges Brassens, Barbara, les Rolling Stones, Alain Bashung, Janis Joplin, j’en passe et des meilleurs et souvent Serge Gainsbourg. Comme tout un chacun de ma génération, Gainsbourg était pour moi le vieux soulard cradingue qui faisait n’importe quoi à la télé parce qu’il était tout saoul. Melody Nelson était un disque de référence sur la platine vinyle et mes parents des adorateurs du grand Serge, moi je trouvais ça joli mais je savais que je ne comprenais pas. Mon père me disait tout le temps que son album préféré de Gainsbourg était L’homme à la tête de chou qu’il trouvait moins intello, plus drôle et moins ronflant que Melody Nelson. C’était sa référence musicale en matière de chanson française, Alain Bashung devait arriver second. Il m’en parlait tout le temps mais la vérité est que je n’avais jamais écouté le disque.  La première fois que je l’ai entendu en entier, c’était avec lui dans la voiture qui nous menait à Marseille pour partir au bord d’un bateau de croisière, direction la méditerranée durant sept jours.  J’étais sur le siège arrière, ma mère conduisait, mon père était sur le siège passager et à côté de moi le canard rose avec qui j’étais à cette époque. J’ai compris pourquoi il aimait ce disque, il reflétait très bien un côté romantico-destructeur profondément ancré en lui et musicalement, c’est rare d’entendre un disque de ce niveau avec des textes parlés à la perfection. Je me souviens que j’étais ému de ce moment et je le suis encore plus aujourd’hui quand j’y pense parce-que c’est la dernière fois  que j’ai écouté cet album et la dernière fois que j’ai voyagé avec mon père.

Ironie du sort ou coïncidence glauque, j’ai écouté en boucle l’album hommage Tels Alain Bashung pendant toute la période où mon père était atteint par le même cancer qui a gagné sur deux hommes importants dans ma vie de différentes manières. (Bon, un beaucoup plus que l’autre). Aucun Express chanté par Noir Désir est le titre que j’ai en tête quand je repense à cette période et Je fume pour oublier que tu bois par Keren Ann mon état d’esprit claustrophobique de mon cerveau avant, pendant et après.

Voilà, je trouve que les boîtes s’encastrent bien les unes dans les autres et que tout ça à un sens quelque part. Mon père, Serge Gainsbourg, Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Alain Bashung, Moi, Moi, Mon père.  C’est mystique, tout ça ne tient à rien mais je dois bien reconnaître que ça me touche énormément et que je vais avoir un léger chamboulement interne en écoutant l’intégralité de l’homme à la tête de chou par Alain Bashung.

En tout cas, je sais que ce disque aurait beaucoup plu à mon père.

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-M- @ Solidays

Ca y est, c’est fait ! J’ai signé les papiers, les ai déposé à mon avocat, c’est très difficile à vivre mais c’est comme ça. Demande de séparation de corps, cette fois tout est terminé.
Ca remonte à loin pourtant entre nous. Je me souviens, j’étais jeune et désuet, mon premier pelage jaune poussait dru, ma voix était nasillarde mais stable, c’était un autre temps… c’était 1997.
Une amie canarde m’avait invité à aller voir son groupe préféré de l’époque : Texas. En première partie de ces Spiteri-èserie, il y avait un homme orchestre que tout le monde ignorait superbement qui lançait une sorte de funk en français. On l’écoutait sans l’écouter puis un moment il a lancé l’intro de Voodoo Chile de Jimi Hendrix et il a mit tout le monde d’accord par sa technicité et sa aisance à la guitare. Petite reprise qui lui servait simplement à démarrer un Machistador qui avait enchanter le public.   Je n’avais pas retenu son nom, ni la lettre et je n’ai pas entendu parler de lui pendant longtemps. Un grand silence synonyme d’oubli. Quelques années plus tard, j’étais devant les victoires de la musique et je revois ce personnage excentrique tout emporté et faire un show sensationnel dans le petit écran. A ce moment-là je n’avais que vaguement entendu Je dis Aime à la radio, déjà j’ignorais ce média à cette époque.
L’été arrive et un concert à la Pinède de Juan-les-pins est annoncé : Beck & -M-. Impossible de passer à coté, je vais à ce concert. Ça débute par les ignobles Cox et leur rock puant et minable. Un bide assez grossier et un public très anglophone qui les ignore superbement.
Arrive le second frenchy : -M-. En deux morceaux, il y a déjà une ambiance folle et ça ne faisait que commencer. Le live termine sur un Mama Sam captivant où toute la pinède fait le bruit de la pluie avec ses mains et reprend en chœur la chorégraphie de la chanson, un souvenir incroyable. De là, une grande histoire d’amour débute, une passion, une love-stroy musicale, allant m’amener à aller même voir les concerts dingues de ses acolytes de scène, Bumcello (j’allais pas voir Sebastien Martel, faut déconner non plus).
Une idylle jusqu’à l’année dernière. Bon, déjà dans le passé il y a quelques accrochages comme en 2004, avec la sortie du single En tête à tête que je trouvais mauvais, en 2007 avec l’éclipse avec Sean Lennon et en 2008, toujours avec Sean Lennon, cette reprise désastreuse de Comic Stripp de Serge Gainsourg, tellement mauvaise qu’ils ont préférés la signer sous le surnom de The Ghost of a Saber Tooth Tiger. Des querelles mais pas non plus un cas de divorce.
C’est pourtant la conséquence de Mister Mystère que j’ai pris en grippe dès la première écoute. Je ne reconnais plus -M-, normal c’est maintenant Mister Mystère j’ai compris merci, mais les paroles ne lui vont pas, j’ai pas envie de chanter en écoutant, les riffs sont froids, plus rien ne va à bord.
Je me dis que c’est une période de menstruation musicale, que j’ai les nerfs en pelote, que je vais le mettre de coté et me repencher dessus plus tard. Un essai raté après, j’abandonne l’idée d’apprécier ce disque, rien que Amssétou le disqualifie direct à cause de ce jeu de mot malheureux : « Depuis que je suis loin de toi  / Je fais moins le malien« . Interdit, carton rouge, pas de dessert, retour direct aux vestiaires sans manger, sans histoire !
Puis, doucement, petit à petit, j’ai commencé à re-croire en lui, à me souvenir… nostalgique du cool, je me dis que je vais tout lui pardonner ce soir en le voyant en vrai, en live. Retour aux circonstances de nos premières amours,  une ambiance enivrante autour de moi, je suis fort je vais lui pardonner et au pire, si ça doit casser et bien, je lui dirais en face et pas par email.

Ce soir, 22heures, dernier concert des Solidays. Le public restant n’a pas le choix car c’est lui qui clôture, aucun artiste en face. Il a fait un petit coucou dans l’après-midi pour taper un solo sur un morceau d’Ariane Moffatt, il a toujours la magic touch à la gratte, ça sent bon, ça sent bon. Il arrive avec un gros décorum, une lune géante sur la scène et un groupe assez nombreux. -M- porte un costume et une perruque qui amplifie capillaire-ment et vestimentaire-ment le coté étrange du personnage.
Premier titre : Mister Mystère. Ça commence mal mais tant mieux, on purge les nouveaux titres pour passer après aux choses sérieuses. Il a bien reçu le message mais pas la fin parce qu’il joue à la suite :  Le roi des ombres / Tanagra / Est-Ce Que c’est Ça ? / Ca sonne faux puis termine cette setlist de la mort pour moi (je suis pas à 100% certain de l’enchainement mais en gros c’est ça) avec Hold Up qui devient une sorte de Around the World de Daft Punk inutile.
On est a 40 minutes de concert et je suis effaré d’entendre que des titres que je n’aime pas et surtout de voir le temps qu’il met pour terminer un morceau. Pas une fois, il fait sobre ! Il doit obligatoirement faire participer le public de manière parfois inutile, il disparait de scène pendant que deux mecs slament dans les premiers rangs, c’est long voir très long et je trouve que comme il le dit lui-même Ca sonne faux. C’est quoi ces musiciens qui viennent déguiser en capitaine america et qui termine en slip ? Il sert à quoi le mec qui danse, est-ce une sorte de clown comme dans Slipknot ?
Le show continue mais je suis pas de la fête, -M-, enfin Mister Mystère maintenant pour les nouveaux intimes, s’amuse avec ses nouveaux amis, dans sa nouvelle vie, la version 2.0 de sa carrière… un renouveau où je n’ai donc plus ma place.
Il repart un peu sur sa discographie passée en reprenant La Bonne Etoile en duo avec sa choriste de sœur, mauvaise pioche, je l’aime pas trop… enchaîne avec Je dis Aime qui dure encore deux plombes, qu’il distille, qu’il tort, étend et ne termine jamais… Il enlève sa perruque et quitte la panoplie de -M- pour devenir Mister Mystère ? Mathieu Chédid ? Un avatar en remplace un autre ?
Petite remarque jusque là, il ne chante que très peu enfin de compte, tout tient sur les échauffements auprès des spectateurs, les solos et les effets de scènes avec les autres membres du groupe.
Il reprend Le Complexe du Corn-Flakes avec une ré-orchestration très glaciale. La chanson perd cette chaleur funky, ce coté second degré décalée du passé. Pour démontrer par a+b qu’en plus, il prend son public pour des truffes, Cyril Atef (dernier rescapé de l’époque) se sent obligé de tendre un paquet de corn-flakes vers la foule, illustration de la chanson au cas où on serait vraiment débile.
Pour clôturer ce festival, -M- et sa famille joue le single du moment : Amssétou. Pour l’occasion, il invite une ribambelle d’amis maliens à lui. Pendant le morceau, ils seront rejoint par Winston McAnuff, qui aura ouvert et refermer ce festival, et par Ariane Moffatt qui lui la pareille. Il y a une bonne ambiance, c’est sympa à voir mais impossible de sauter dans un train qui est à mille à l’heure et déjà très loin. Il fera un rappel avec une version de Machistador de deux heures quarante-huit et une de Mama Sam qui doit encore tourner au moment où je vous écris. (C’était hier soir)

Voilà, je suis venu te dire que je m’en vais… tu te souviens des jours anciens… tout ça tout ça… une belle histoire qui se termine, je laisse Mister Mystère à ses fans, personnellement j’ai fais mon choix et je vais prendre mon chemin vers un ailleurs. Le divorce est consommé. Il est difficile de dire adieu mais cela s’impose. Merci pour la moitié de décennie, merci pour les bons moments, merci d’avoir été -M-. Je sais que tu ne me connais pas et que tu te fiches de notre rupture mais j’avais besoin de l’écrire pour accepter d’en faire le deuil.

Mes vœux les plus sincères pour la suite. Bonne continuation et adieu… pour le moment.

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