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Rockumentary Back & Forth et mon Dreamjob

Il y a des conversations et des nuits où on refait le monde. Bien qu’il n’ait rien demandé à personne, on discute et on fait des plans sur la comète comme on monte une table Bjursta de chez Ikea à plusieurs avant une soirée crémaillère. Chronophage, introspective, délirante, nostalgique, abusive, démesurée, curative, cette conversation remet en question l’intégralité de son existence, de ses désidératas et ses échecs.
J’ai eu trente ans cette année, je ne les ai pas fêtés et en un mois, j’ai eu une grosse remise en question bien plus puissante qu’une simple « crise de la trentaine ». Pas besoin de m’allonger sur un canapé, d’essayer de déterminer la signification de tâches designées par Hermann Rorschach ou d’essayer de comprendre le sens dans la vie dans un ashram à Rishikesh, non il suffit parfois de parler avec des ami(e)s pour retrouver un sens à sa vie et redonner vie à ses envies.
Au milieu de ce bordel maelström, il y a souvent cette question du travail de rêve, le concept américain du « dreamjob« , cette continuité idéologique d’un travail qu’on a envie de vivre toute sa vie et auquel on est certain comme quand petit on disait « plus tard je serai… ! ». Heureusement l’adolescence fait découvrir les joies de la rébellion et de la marginalité sinon la police serait un secteur d’activité trop bouchonné comme l’est la communication aujourd’hui, les vétérniaires seraient en brigade pour piquer un pauvre animal, aucun feu ne serait jamais déclaré grâce aux milliers de pompiers en faction dans les rues, le fantasme de l’infirmière n’aurait plus aucun sens et une fois la primaire passée, l’éducation nationale serait un désert car toutes les filles seraient devenues des maîtresses d’école. Quand j’étais petit, je ne voulais être rien de spécifique… peut-être vaguement prof parce-que je devais être dans un fantasme Iznogoud, être khalife à la place du Khalife,  en recherche d’une prise de position putsch et d’une affirmation de moi-même par mon côté didactique et éducatif… sauvé, l’école m’en a dégouté, amen. J’ai rêvé d’être musicien mais je n’étais pas assez doué et je ne le suis toujours pas, j’avais en tête d’être maître du monde mais Minus & Cortex avaient déjà trop avancé leur plan machiavélique pour « tenter de conquérir le monde« , ma stratégie n’aurait pas fonctionnée seul, c’est sur et enfin je voulais être réalisateur audiovisuel, un Dawson Leery, à la différence près que je n’aime pas Steven Spielberg (franchement A.I. et Indy 4… franchement… ne surtout pas me lancer sur E.T.).
Je dis tout le temps qu’avoir un job de rêve dans notre société est impossible, que c’est inutile et dichotomique avec notre époque mais, après réflexion, je pense plus que j’avais surtout peur de me dire que j’ en avais un moi-même et que je ne l’assumais pas. Même si il est impossible, irréaliste ou fou, il existe quelque part en nous. Il est souvent planqué sous une épaisse couche de mauvaise foi, de frustrations, de ratés, de procrastination, de peurs, de fuite en avant… mais il est là.

J’ai découvert le mien il y a peu de temps. C’était une semaine après mon dernier anniversaire. Les Foo Fighters sortaient Wasting Light, leur septième album, et à cette occasion, la chaine VH1 réalisait un documentaire nommé Back & Forth réalisé par James Moll. Impossible de le trouver les premiers jours, impossible même de l’acheter, il ne trainait que quelques extraits sur youtube histoire de caler une dent creuse tout au plus. L’attente a fini par payer et j’ai regardé ce documentaire passionnant et sans concession un soir vers minuit avec passion.

L’histoire du groupe, mené par une fer par Dave Grohl, démarre bien sur à la fin de Nirvana, six mois après la parution de In Utero. Grohl y est alors le batteur émérite du trio grunge de Seattle. A la vue de la tournée mondiale à venir, le groupe embauche Pat Smear (jeu de mot signifiant Frotti en anglais) pour être second guitariste ou lead quand Kurt Cobain est trop amoché pour jouer. Ce point de départ est important parce que Smear va être est un des membres fondateurs des Foo Fighters. Dave Grohl parle de ses derniers mois et même de la mort de Cobain avec émotion. Il raconte l’après, le deuil, la difficulté et les conditions dans lequel il a enregistré une maquette qui deviendra le premier album de Foo Fighters. De là, le rockumentary narre la rencontre avec les autres membres, la première tournée marathon, le problème d’être assimilé systématiquement à Nirvana, les conflits d’égo, la difficulté de Grohl a laisser quelqu’un d’autre jouer de la batterie à sa place, la drogue, le spleen, le presque split, Wembley, la folie, les enregistrements, les bons moments… bref la vie rock’n’roll d’un groupe second degré devenu une bête de stade. Deux heures dans le milieu, deux heures d’images, vidéos, photos, interviews, lives, témoignages, deux heures très intéressantes et galvanisantes. Une seule envie se dégage de ce documentaire, faire du rock, écouter Foo Fighters et être aussi cool que Dave Grohl.

Quand je serai plus grand, je veux être rockumentaliste !

Pour le regarder en streaming

[videobb http://www.videobb.com/video/HZ6FcFE7I5fB]

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Alex Turner – B.O. Submarine

J’ai écrit un article il y a de ça 4 mois que je n’ai pas publié. J’ai eu un coup de cœur terrible pour la bande originale d’un film anglais à la bande-annonce prometteuse : Submarine. Le film vient de sortir dans notre beau pays mercredi dernier et étant en déplacement prolongé dans le sud de la France, région qui ne connait ni la VO ni les films indépendants, je pense le voir en divx plus tard. N’empêche que j’avais cette review sur la B.O. du film signée par Alex Turner, le lead singer des Arctic Monkeys, et à défaut de laisser une critique du film, voilà celle de sa musique.

Dicky parfois est un canard vert qui recycle, la preuve.

Alex TurnerSubmarine Soundtrack

Quand on est le lead-singer d’un des groupe de rock anglais des plus connus  dans le monde, l’heureux compagnon de la hit-girl du moment Alexa Chung et une des plus grosses attentes de sortie d’album de l’année, on est en droit de se dire qu’on a envie de profiter de son temps libre. Pourtant Alex Turner, le très chevelu chanteur de Arctic Monkeys, n’arrête pas le travail et, le temps d’une escapade en solo, signe la bande originale de Submarine. Prévu en France dans les salles le 13 juillet prochain, Submarine est le premier film de son ami Richard Ayoade, réalisateur du très réussit DVD Arctric Monkeys at the Apollo ainsi que de la majorité des clips du groupe, mais aussi, pour le fins connaisseurs, Maurice Moss, le geek dingue à la coiffure afro de la série anglaise The IT Crowd.

Pour les besoins de l’exercice, Alex Turner met de côté ses riffs impertinents de génie et d’énergie pour une pop en susurre et douceur. Aux commandes, le producteur James Ford utilise tout son talent d’arrangeur, comme il l’a fait dans le passé sur l’excellent Favorite Worth Nightmare des Arctic Monkeys ou le premier opus de The Last Shadow Puppets, pour un cinq titres léché et musicalement très léger, sans une pléiade d’effets ni pléthore de sons synthétiques parasitant les mélodies. Une guitare folk, un piano profond, une basse, une batterie acoustique et des harmonies de cordes, voilà la somme des instruments portant  la voix calme mais toujours aussi habitée d’un Alex Turner connu habituellement pour son phrasé locomotive et son ton rageur. La mélodie d’introduction de Stuck On the Puzzle (intro) laisse comprendre que cet air sera le thème principal du film, la charnière à une ambiance mélancolique et nostalgique en adéquation avec l’univers du long-métrage. L’histoire du film est celle d’un adolescent de quinze ans, aux allures de Turner cela dit en passant, qui veut perdre sa virginité avant son prochain anniversaire et essaye de faire renaître la flamme entre ses parents afin d’éviter le départ de sa mère pour son prof de danse.
A la fois apaisées et brutes comme un sentiment adolescent et incontrôlable, une grande délicatesse transpire des paroles.  On a tendance à oublier que Turner n’a que vingt-cinq ans, qu’il est fraichement amoureux et sait écrire autre chose que des textes zeitgeist impressionnant de réalisme. Pourtant Alex Turner maîtrise aussi avec brio les codes de la pop avec une imagerie poétique et ultra-référencée, comme celle au Heartbreak Hotel d’Elvis dans Piledriver Waltz (titre prévu aussi sur le prochain Arctic Monkeys),  sans tomber non plus dans de la guimauve boulgiboulga. Toutes les chansons semblent être écrites pour un dimanche de pluie, un jour de doute, un gris qui mine. Tout y est doux mais avec une puissance émouvante sur ce six titres trop court malheureusement.

Une bande originale dont il faut se méfier car elle a ce pouvoir magnétique et lacrymal à faire hérisser les poils et monter les larmes aux yeux si on la laisse trop s’imprégner. Alex Turner dévoile une part intime et sensible de sa personnalité en  réussissant avec les félicitations du jury un exercice pourtant casse-gueule.  En attendant le 6 juin prochain Suck it and See, le nouvel opus de Arctic Monkeys, cette échappée belle est une compensation d’attente pop qu’on ne pourrait imaginer meilleure.  La musique sert à elle seule de bande annonce et de publicité à un film indépendant primé à travers le monde et aussi de preuve supplémentaire au, pourtant évident, génie d’Alex Turner. Une caresse pop-ballade parfaite pour ce printemps naissant, un album à découvrir pour se lover encore, encore, encore…

Alex TurnerPiledriver Waltz

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Cold War Kids – Mine is Yours

Il y a environ quatre ans débarquait de Long Beach, en Californie, un  groupe d’indie-rock rugueux et désarticulé : Cold War Kids. Pour bien marquer leur arrivée, il sortait Robbers & Cowards, premier album novateur et hors-norme à un moment où la scène rock américaine était atteinte d’une grave affection congénitale suite à de trop nombreux pompages musicaux consanguins les un sur les autres. A cette époque, la production se devait d’être lisse et velouté comme un yop framboise prédigéré, Cold War Kids n’avait pas la même vision et  proposait un pied de nez magistral à cette mode en amenant un contre-pied aux structures épurées et branlantes comme un Kapla monté par un alcoolique en manque. La mauvaise vie, la folie, le regret, voilà les thèmes fondateurs du groupe et des tubes en puissance comme Hang Me Up To DryHospital Bed ou  l’iconoclaste We Used To Vacation. Cet univers et ses spécificités complexes donnent un statut et une reconnaissance instantanée à ce groupe prometteur. Sombre, électrique et incisif comme une piqure de rappel mal plantée, les californiens se font connaître par la teneur nerveuse et hypnotique de leurs concerts. Porté par le charisme et la voix unique de Nathan Willett, le groupe déstructure encore plus leurs morceaux et s’échange des coups de pieds dans les tibias tout en jouant pour faire monter la pression et l’énergie vive des spectateurs.
Retour sans fanfare ni excitation lors de la sortie de Loyalty to Loyalty deux ans plus tard. Cold War Kids garde cette patte particulière, cette tension mais l’amplitude bluesy  et les envolées lyriques sur le fil  de Willett ne charment plus, le goût de la nouveauté étant passé. Un sentiment d’urgence ressort de cet album tout en profondeur et en spontanéité mais l’anarchie volontaire dans les mélodies, la production brute de décoffrage et les rythmiques syncopées intéressent moins et semble n’être qu’une redite du précédent, un jugement difficile à encaisser pour un second album.

Le groupe prend du recul et sort un EP furtif Behave Yourself, l’été dernier, dessinant déjà la tournure plus pop que semble prendre gentiment le groupe. La production reste toujours aussi épurée mais les instruments sont moins étouffés, la voix moins mise en avant et les mélodies sont intelligibles et chantantes. Cette formule va être la pierre angulaire de Mine Is Yours, troisième et nouvelle parution de Cold War Kids.
Virage à coup de frein à main, tous les puristes intransigeants descendent, tant pis ça laissera de la place pour tout le monde.  La démarche est sincère et ça se sent car, bien que plus accessible, la composition musicale garde ce mystère continuel, cette appréhension à se demander ce qui va se passer, où va ce morceau aller et comment va-t-il terminer sans pour être autant tarabiscoté et impassable en radio. Une attraction, une force aimantée se mouvant au fil des rythmes et des pulsions organiques transportent  tout au long de cet album. Cette transe amène une couleur nouvelle à une pop à la mode, reine de stades géants.
La présence à la production de Jacquire King provoque stupeur et tremblement chez les fans de la première heure après qu’il ait rendu le dernier album de King Of Leon plus grand public. Inquiets de le voir métamorphosé les Cold War Kids en un monstre mainstream, King, malgré ses efforts et sa production plus ronde, n’aura pas raison du groupe qui garde sa personnalité forte et son ambiance.  Exercice difficile, Mine is Yours est touche à tout mais ne tombe jamais dans le facile ni le mauvais goût ultime. Alors que certaines chansons comme Finally Begins ou Skip The Charades flirte avec le catchy ou le grandiloquent par le coté ballade rock,  d’autres, comme Royal Blue, Sensitive Kid ou Cold Toes On Cold Floor, sont plus proche du génie et d’une montée en puissance galvanisante et éclatante.  Quel que soit le style visité, CWK, pour les intimes, sait garder cette profondeur proche du blues et de la soul.

A l’image de la pochette d’album, blanche et gribouillée par des couleurs vives, Cold War Kids a quitté cet univers  salit sombre ou noir et blanc pour une nouvelle ère. Une musique plus simple d’apparence, des titres s’enchainant avec une cohérence subtile et surtout la voix envoutante de Nathan Willett emmenant là où il en a envie, voilà le programme de ce troisième opus très agréable. Mine is Yours est surement plus proche d’une plage ensoleillée bordant le pacifique que du bitume amer des rues sombres d’Hollywood boulevard.  Une mise en appétit délicieuse pour commencer 2011 musicalement du bon pied. Les fans de la première heure anti-évolution musicale devront passer leur chemin alors que les autres se délecteront à l’écoute de cet opus résolument pop mais avec un supplément d’âme non négligeable.

Cold War Kids
Louder than Ever

Le clip a été réalisé par Vern Moen, clipeur indie vintage à qui l’on doit le superbe I Cut like a Buffalo de The Dead Weathers ou de nombreuses vidéos des Cold War Kids comme le très beau Audience of One ou I’ve Seen Enough. La vidéo a été filmé dans un entrepôt de Los Angeles.

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Benjamin Biolay – Nightshop

« Alain Bashung m’a dépanné post-mortem. Un jour, j’étais au studio ICP où il a beaucoup enregistré et je cherchais un truc à fumer, et un mec du studio me dit : « Regarde dans la boîte d’Alain, tu peux prendre ce qu’il y a dedans !« . J’ai répondu : « Ca va pas, c’est la boîte d’Alain !« . et puis je me suis dit : « C’est que de la beuh. » Du coup, le soir, j’ai écrit une chanson qui s’appelle « Nightshop« , où je dis les mots « la nuit je mens » en hommage à Bashung. J’écrivais avec sa beuh, son poison, ça ne l’a pas aidé, c’était bizarre. »

Benjamin Biolay
Interview Serge
Février 2011

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Plaisir Coupable I.

On a tous en nous un petit plaisir coupable. Qui ‘a jamais préféré se taire face à une critique fondée et argumentée que de défendre l’indéfendable et d’avouer à la face du monde que oui j’aime cet objet de critique et de moquerie ? J’essaye parfois d’aller au feu mais je manque d’arguments et j’évite d’exposer mon attachement pour qu’elle ne soit pas prise pour de la passion. Certains diront que c’est un manque de courage flagrant, d’autres que c’est une fuite en avant, que si on ne veut pas le reconnaître c’est qu’on en a honte etc etc… et bien les deux ont raison !

Pour illustrer ce premier plaisir coupable, je vais parler d’un de mes plaisirs musicaux coupables qui est de loin celui dont j’ai le moins honte mais quand même un peu. Mon guity pleasure est : Asyl

Asyl est un groupe  de la Rochelle de punk-rock, dans le sens Punk français du terme. Ils sont apparut médiatiquement, malheureusement pour eux, en 2006 lors du baby-rocker boom et ont été assimilé à cette mouvance éphémère malgré un univers musicalement lointain.
J’ai découvert Asyl pendant les chantiers des Francofolies vers 2004, une époque où ils faisaient une musique plus proche de Placebo que de ce qu’ils font maintenant. Puis ils sont revenus avec cette rage punk bien connu dans le sud ouest et un premier album assez novateur : Petits Cauchemars Entre Amis. Dès la première écoute, j’ai aimé l’énergie, les paroles étranges, décalées, mélancoliques et désabusées. Je les ai croisé un peu partout sur les routes de France, dans des salons d’interviews dans différents festivals, dans des bars, des concerts intérieurs-extérieurs ici et là et je dois avouer qu’ils restent dans mon top des moments mémorables en concert. C’était le 28 avril 2006 au Club 22 à Bourges. Le concert n’était pas fantastique, très figé, un vrai manque de folie et d’énergie… Grosse déception jusqu’au moment où ils invitent Daniel Darc à les rejoindre pour Zeppelin. Le vieux junky punk assagi débarque avec sa gueule incroyable et ses tatouages hallucinants et commence un face à face hypnotique avec Mathieu, le chanteur. Les deux ne se quittent pas des yeux, se poussent, se touchent, se défroquent, s’enlèvent leurs ceintures… un moment d’une intensité hallucinante où on se demande si à tout moment ça ne va pas tourner à l’orgie bestiale sur scène… un très très grand moment.
Pendant cette période du premier album, Asyl a fait quelques premières parties d’Indochine et c’est là que j’ai commencé à avoir peur… pourvut qu’ils ne s’indochinent pas trop…
Période de break, les musicos désertent Asyl pour assurer en live les instruments derrière Daniel Darc. Ils redonnent un coup de boost à l’ex Taxi Girl et donnent des concerts dingues où Darc termine à genoux en sanglot à lire la bible…
Retour d’Asyl et là gros coup de flippe… ils font de l’Indochine ! Le premier single avec un clip est « Les Dieux sont les rois ». Tremblement, stupeur, ça craint mais encore une fois musicalement ils ont une intelligence qu’a très peu de groupe,  je pourrais encore l’écouter mais je voudrais pas que ca se sache. Faut bien reconnaître que Mathieu Lescop chante vraiment mal. Son écriture est étrange, désarticulée, son flow est sur le fil du ridicule mais n’empêche que malgré tous ces défauts, j’adore son style casse gueule de parolier kamikaze.
Quand je parle d’Asyl, on me parle des Dieux et des rois et j’ai honte… je ne défends pas le groupe alors que je pourrais dire que musicalement c’est de la super cam’, que la prod’ est léchée et intéressante et que j’ai depuis plus de 4ans sur mon ipod certaines chansons comme Goutes d’eau sur pierres brulantes… mais je ne le fais pas parce que je comprends qu’on puisse dire que le chant est un calvaire, qu’un groupe qui raconte que James Dean a téléphoné à Dieu où qui raconte la triste histoire de Bugs Bunny ne peut pas être prit au sérieux… je devrais pas me la fermer mais pourtant… Sur leur dernier album Brule, Brule, Brule j’adhère moins mais certaines chansons comme Comme un glaçon ou La Piscine restent de très bonne augure. Musicalement c’est moins rageur mais ca reste très bon.

Voilà j’ai un peu honte d’aimer ce groupe mais j’ai bien pire en stock… quelle sera la prochaine révélation honteuse ?
Écoutez Asyl quand même et peut être que comme moi vous ne le direz pas à tout le monde mais écouterez souvent en ressentant autant de choses

Asyl
Intérieur – Extérieur

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Eternises moi Vs.Boom

Dimanche soir de glande à zapper sur les chaînes hautement culturelles et musicales du câble. Une émission sur les meilleurs clip kitch des années 80, waow que c’est original, puis  quelques nouveautés top 50 et là, sortie de nul part, le clip de la semaine : Jena Lee & EskemoEternises moi. Première question : Comment peut-on appelé son groupe Eskemo et faire, comme le veut le jeu de mot, de l’émo (L’emo est un sous-genre du punk hardcore)… C’est pas crédible une seconde et risible, le rapport est biaisé dès le départ. Mèches gominées sur le front, sweats à capuche de couleurs piqués aux fluo kids et accessoires ambiance métal achetés en gros chez Claires’, Eskemo ils sont trop beaux. Jena Lee c’est encore un autre sujet, elle a été annoncé comme la première chanteuse française a mélangé du hip-hop r’n’b avec de l’émocore comme l’a fait en son temps Linkin Park... stupeur et tremblement, une sorte de rap pleurnichard nommé Emo R’n’B naît avec un clip manga moche violet débarque et vise la tribu des écouteurs de rap mais aussi des otakus kawaïi. « J’aimerais tellement » joue sur tous les tableaux, bouche à tous les râteliers, à la fois street, rap, manga, émo, triste… forcément cette chanson parlera à quelqu’un et ses paroles hautement tragiques d’amour impossibles va faire greloter le cœur d’adolescentes friantes de ce genre de chanson colle aux pattes dégueulasses. Petit succès avec cette chanson, Jena Lee a comprit que surfer sur les modes était un créneau financièrement intéressant alors pourquoi ne pas aller plus loin et même surfer sur les autres modes culturelles ?
Pas bête alors prenons Twilight, les vampires en toc amoureux et autres créatures de la foret étrange, un peu de magie à la Harry Potter et des riffs de guitares gueulards pour un hymne à l’amour infini ! Mais oui trop bien ! Donc voilà Eternises-moi, un verbe qui est programmé au Larousse 2011 entant que verbe du premier groupe, se dit du rituel vampirique rendant la victime éternelle.
Ca m’a un peu foutu les ch’tons et ça m’a fait penser musicalement à une chanson qui se moque de ce genre de chanson justement. La mélodie des voix entre le chanteur Romain d’Eskemo et Paul des Fatals Picards à s’y méprendre sur certains passages.
Donc petit versus entre Jena Lee et le Fatals Picards :

VS.

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Nick Hornby & Ben Folds pour un disque ensemble

Coïncidence heureuse ou pure hasard, à vous de voir, mais je viens d’apprendre que Nick Hornby dont je ne fais que parler depuis quelques mois, vient d’enregistrer un album avec Ben Folds et le phénomène musical youtube Pomplamoose. Le projet se nomme Lonely Avenue et sera disponible à partir du 27 septembre prochain.
Dans son recueil 31 songs, autour de la musique et de ses reflexions à son sujet, Nick Hornby parle de Ben Folds dans son 16° choix. La chanson Smoke, sur Whatever and Ever Amen, parle de la fin d’un amour, de déception et d’une fin inéluctable. Un amour chavirant dont on pourrait oublier le passé et les erreurs en le brulant comme un livre pour que les mots en mémoire fassent de même. La fumée de ce feu amène exactement le contraire en envahissant et asphyxiant une relation affaiblie. Une odeur de fumée introduisant une extinction proche.
Nick Hornby encense le talent de parolier de Ben Folds et bien sur aussi ses prouesses de pianiste dont il n’a plus besoin de faire les preuves. Suite à la parution du livre, Ben Folds écrit à Nick Hornby pour le remercier chaleureusement.

Pour son nouvel album, Ben Folds a décidé de s’inspirer de l’oeuvre de Hornby pour ses paroles et à demander directement à l’intéressé de venir dans le studio pour chaperonner le tout et valider la production. Le résultat est pop, frais et doux-amer.
Pour vous présenter cet album, j’ai l’honneur de vous présenter From Above et son clip animé très réussit signé par Julius Preite, un des principaux animateurs des Simpsons, et au designer Justin Owens . Tout en sketches et en pop up, la vidéo est un petit bijou de poésie et d’intelligence. A voir d’urgence et un album à écouter pour les popeux aimant les chansons d’amour pas trop niaises et savamment orchestrées.

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