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Jonathan Safran Foer – Tree of Codes

Le prochain livre de Jonathan Safran Foer sortira aux Etats-Unis le 16 avril prochain. Son nom : Tree of Codes. A peine la promo mondiale de Faut-il manger des animaux ? terminée, JSF va devoir reprendre la route pour présenter sa nouvelle œuvre, cette fois-ci ce n’est ni un roman ni une nouvelle, une oeuvre littéraire artistique, visuelle et conceptuelle comme jamais. Il faut savoir qu’il est diplômé de l’université de Princeton en littérature et philosophie mais il est important de savoir qu’il suivait surtout les cours très particulier de Joyce Carol Oates en Creative writing, option dans l’apprentissage expérimental de l’écriture dans toutes ses formes. Il a déjà mit en oeuvre ses leçons dans ses précédents romans comme la répétition épileptique de mots sur plusieurs pages dans Faut-il manger des animaux ? ou l’utilisation d’une phéoto comme un flip book dans Extrement fort, Incroyablement prêt mais là Tree of Codes est un concept à lui tout seul. Imaginez ouvrir un livre où il manque des mots car ils ont été découpés physiquement, un livre où il y a plus de vides qu’il n’y a de mots, comment réagiriez-vous ?  Safran Foer reprend par exemple la nouvelle La rue des crocodiles de Bruno Schulz, poète polonais tué en pleine rue par un SS en 42, et la troue comme les rapports cryptés du FBI mais avec des vides permettant des chevauchements visuels et un aspect secret. Un livre donc difficile à lire physiquement et un pied de nez magnifique au livre virtuel à une époque où il prend des places de marché.
Donc un livre qui coûtera cher, un livre qui ne se lira pas sur la plage, un livre qui ne sera jamais traduit, un livre objet, un livre artistique développé par un maison d’édition anglaise qui n’a pas d’argent mais des idées : VisualEditions.

Jonathan Safran Foer est toujours là où on ne l’attend pas et donne peut être une alternative au livre physique pour l’avenir. J’ai bien envie de voir à quoi cela peut ressembler et décrypter cet arbre à codes.

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Faut-il Manger des Animaux – Jonathan Safran Foer

Après avoir écrit un chef-d’œuvre encensé par la critique, il est toujours compliqué de réitérer cet exploit. Afin d’éviter une redite et une impression de déjà-vu dans sa construction romanesque, Jonathan Safran Foer revient là où on ne l’attend pas avec un essai,  ressemblant souvent à s’y méprendre à un pamphlet, sur le fait de manger des animaux. Sujet d’actualité brulant et très en vogue particulièrement aux Etats-Unis, le végétarisme devient de moins en moins une alternative de vie, un choix intellectuel mais un choix médical, moral et éthique. Avant même de lire « Faut-il manger des animaux ? », on connait déjà la réponse et c’est justement en cela que la réflexion de l’auteur sur le sujet est intéressante. Il est très clair que Safran Foer n’est pas uniquement dans la réflexion philosophique pure sur le sujet, non, il est très documenté et est même allé sur le terrain pour approfondir ses investigations. Je pensai, à tort, que le livre serait plus romancé mais il a le talent de renseigner, informer, raconter, inviter à la réflexion et confirmer ce que l’on sait déjà sans vraiment avoir envie de le voir. Les ornières conscientes autour de l’industrie animale sont créatrices justement de l’immoralité régnant autour de la nourriture finissant dans nos assiettes. A travers différents axes et le raisonnement de l’auteur, nous cherchons à comprendre notre attachement sentimentale et culturel avec la nourriture animale, nos eusses et coutumes comme se demander pourquoi ne mange t-on pas de chiens. Puis il y a ses recherches, l’analyse d’un système industriel américain, la barbarie, les entrepôts, l’exécution souvent ratés des bovins mais il s’intéresse aussi à l’industrie du poisson autant plus flippante qu’on ne la voit pas et qu’elle moins connue.

Végétarien lui-même, il a déjà un parti dès le départ mais ce n’est pas pour autant que son écrit devient du proxénétisme façon PETA, il argumente et explique ce qui fait que lui est et est devenu végétarien alors qu’il ne l’était pas.

Je ne suis pas végétarien moi-même et j’avoue avoir lu le livre pour son auteur et non pour le sujet lui-même bien qu’il m’intéresse. J’ai étudié les stratégies de marketing autour de la Vegan food aux USA il y a deux ans et les raisons de ce développement là-bas. Après avoir terminé le livre, je n’ai pas envie de m’arrêter pour autant de manger des animaux. Mais, parce que bien sur il y a un mais, je dois avouer que l’abattage en France et en Europe m’intéresse, j’aimerais savoir comment se passe l’industrie dans le continent où je vis car le roman de Safran Foer ne parle que des US. Le problème est qu’en le lisant, il y a parfois un coté redondant un peu chiant où il re-dit que certains animaux sur la chaine d’abatage ne sont pas complètement morts lorsqu’ils arrivent au niveau de la découpe… après quatre répétitions, je ne sais pas pourquoi mais je crois que j’ai compris…

Un livre très bien documenté, très intéressant, très instructif mais difficile à lire dans le métro ou pour se détendre.

Un essai qui vous fera réfléchir sur le futur de l’homme, sur des questions existentielles, sur nos rapports au vivant, à notre histoire familiale, à l’importance de la nourriture dans le partage avec l’autre… un peu de philosophie contemporaine et une alerte glaçant le sang au programme.

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