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The Antics Roadshow de Banksy


On a le droit de le glorifier comme de le détester mais Banksy est véritablement le phénomène de l’art contemporain européen voir mondial. Spécialisé dans les pochoirs street art irrévérencieux et so politiquement incorrect en Angleterre, Banksy a tout compris au business en jouant la carte du pseudo anonymat. Cet artiste « anticonformiste »  ne donne des interviews ou ne fait que des apparitions qu’avec un masque de singe ou de n’importe quoi pourvut que ça se soit sujet à controverse, générateur de buzz et donc, au final, que l’on parle de lui. Les rumeurs sur sa côte marchande sont totalement dingues, il aurait vendu à un couple de célébrités une toile pour plus d’un million de dollars d’après certains tabloïds anglais, rien n’est vérifié, mais ses toiles, lors des dernières expos, étaient aux alentours des 300 mille pounds.
Il a graffé une partie des rues de Bristol et de Londres en suivant cette mode parisienne des pochoirs très graphiques, avec un slogan en option, comme ceux de Miss.Tic, Jef Aerosol ou de Mosko (les trois agissent beaucoup dans le XIII° dans le quartier de la Butte aux Cailles pour ceux que ça intéresse). L’art de la rébellion, de l’insolence et de l’appel au non-respect de l’autorité policière ou militaire, ses coups de génie ont été de caler des toiles avec ses graffs entre des œuvres de grands musées New-yorkais tel le Moma ou bien de créer un happening en introduisant dans Disneyland, à Los Angeles, un mannequin habillé en orange comme un prisonnier de Guantanamo. Un rebelle avec un message politique peut-être mais aussi un homme d’affaire au merchandising totalement fou, un livre vendu à des milliers d’exemplaires, un peu comme Ben ,en France, et ses phrases imprimés sur des agendas Carrefour. Un anarchiste qui combat le capitalisme par le capitalisme en dénonçant son système, bon après tout pourquoi pas.

La semaine dernière, comme les médias l’ont relatés, Londres, sa banlieue et quelques villes ont été le terrain d’émeutes. Des pillages, du racket, une extrême violences, des incendies, bref les chaînes anglaises tournaient sur le sujet en boucle et c’est vrai que c’était très impressionnant (j’étais en Écosse au moment des faits). Quelques jours après des arrestations par centaine, 4 décès dans ces « riots » et un gouvernement remonté à bloc, le calme est revenu et c’est le moment choisi par Channel 4 pour diffuser un documentaire sur la désobéissance public nommé The Antics Roadshow et dirigé par qui ? Et bien Banksy évidemment. (franchement mon article n’aurait ni queue ni tête sinon).

Au programme de ce doc à la voix off très consensuel : des électrons libres. On retrouve des visages connus par chez nous comme Rémi Gaillard et son c’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ou encore Noël Godin, l’entarteur belge, ensuite c’est le portrait de différents troubles faits anglais en majorité, comme l’idole de Banksy : Peter Chappell. Chappell un vieux taggeur originaire de la même ville que Banksy, il clamait partout et en lettres énormes l’innoncense de son meilleur ami pour afin d’attirer l’attention pour qu’une contre-enquête soit ouverte. Cette action permettra la libération de son ami. Il y a aussi le portrait de Michael Fagan, l’homme qui a pénétré dans la chambre de la reine alors qu’il voulait voler une bouteille de vin dans Buckingham Palace et l’histoire de pleins d’autres… 50minutes d’actions parfois très simples mais qui arrivent à troubler l’ordre public avec trois fois rien et ou des actions punchlines très culottées.
Un documentaire aux reconstitutions souvent très amusantes, au rythme très soutenu, aux interviews amusantes et informatives. Alors que l’Angleterre cherche à retrouver son calme et son flegme, Channel 4 et Banksy montre que la désobéissance est un acte à la fois politique et artistique.

Le documentaire n’est disponible qu’en anglais, sans sous-titres, mais même avec un anglais pas terribles on comprend très facilement, les images parlant d’elles-mêmes. The Sex Pistols chantaient Anarchy in the UK, Kaiser Chiefs I Predict a Riot, NTM Qu’est-ce qu’on attend,  d’autres font des actions chocs afin d’être diffusé sur des médias nationaux ou des happenings amusants pour buzzer sur internet… comme quoi parfois l’art peut venir de la destruction et du chaos.
Très intéressant et instructif comme doc. Même si vous ne l’aimez pas en artiste, peut-être aimerez vous Banksy entant que réalisateur de documentaire. Mais si, au contraire, il vous intrigue d’autant plus, il existe un documentaire sur lui et le street art nommé Exit Through the Gift Shop (Faites les Mur ! en français) assez passionnant.

The Antics Roadshow

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Lilly Wood & The Prick – Invincible Friends

Ca va faire pas loin d’un an que j’écoute régulièrement l’EP Lilly Wood and the What ? de Lilly Wood and the Prick et ça commençait à bien faire de tourner en boucle le sillon virtuel de itunes sur six chansons. Heureusement, leur premier album Invincible friends sort enfin !
Découvert il y a exactement un an (ok… à un jour près), j’avais pris des places pour Liam Finn à la maroquinerie et qui assurait la première partie ? J’ai déjà écris un article sur ce concert ICI.
Ils sont dans mes fanpages sur Facebook, je regarde régulièrement leurs news sur leur site officiel, leurs vidéos et compagnie sur Dailymotion en attendant la sortie de ce premier opus si prometteur.
Première écoute, impatience palpable, cet album va-t-il être la confirmation d’un coup de cœur ?

Lilly Wood & The Prick est avant tout un duo, une rencontre musicale entre Nili et Ben qui, d’un amour commun pour la musique et particulièrement la folk, démarre ce projet ambitieux. Dès leurs balbutiements, le groupe a l’intelligence de mettre en place très rapidement un univers visuel particulier pour des mélodies qui le sont tout autant (cf. le clip de Down the Drain, visible en bas). Maniant avec précision la fusion des genres, Lilly Wood réussit là où beaucoup se sont cassé les dents, en accommodant beat éléctro soigné avec de la pop colorée , du soft rock faisant colocation avec des ballades mélancoliques ou nébuleuses.
La voix de Nili est unique, une signature singulière, un grain incomparable, un accent anglais harmonieux faisant oublié instantanément que le groupe est pourtant français, bref la révélation d’une chanteuse qui a écouté les plus grandes, a su s’en inspirer et se les accaparer pour offrir à ses auditeurs un déluge d’émotions à foutre la chaire de poule.
Les compositions de Ben (le prick traduisible par le con) sont superbes et s’unissent impeccablement avec le chant. Invincible Friends emporte, chaque titre est comme une surprise les yeux bandés, l’excitation est au rendez-vous alors qu’on ne sait pas où on va être emmené. Tout démarre avec Hey It’s Ok, une pop song sur-vitaminée à l’orchestration hallucinante de précision et au refrain enivrant. On passe directement à No no (kids), un hymne éléctro fonctionnant au quart de tour se mutant avec une ligne de basse groove et un piano soul entraînant pour des paroles pourtant pessimistes, limite nihilistes. Vient dans cette foulée démentielle le single Dawn the Drain, la chanson qu’on a en tête tout le temps et qu’on a envie d’écouter encore et encore, un tube radio de bonne facture en devenir qui remplit le cahier des charges d’un futur grand des charts sans le coté manufacturé habituel.
Delà, la suite n’est encore qu’enchantement avec les ballades superbes de Cover my Face (ma préférée à la première écoute) et de Prayer in C, l’électro-rock dansant de My Best, la country song de Little Johnny ou le final époustouflant Hymn to Invicible Friends dans une ambiant folk torturée proche de l’envoutement musical parfait.

Rares sont les albums qui, dès la première écoute, séduisent et laissent cette impression de onze titres hyper-travaillés, ayant leur place naturellement à un moment de l’opus et de façon logique.
Sur le papier il n’est pourtant pas simple de mélanger différents styles, les faire cohabiter dans une harmonie intelligible, un univers, et pourtant Lilly Wood & the prick réussit l’exercice avec une facilité déconcertante.
La confirmation que l’éléctro-pop en France a de beaux jours devant elle et qu’elle pourrait bien devenir la French Touch 2.0, des frenchy chantant en anglais avec une patte particulière et ce quelque chose de chez nous indescriptible.
Un gros coup de coeur et la promesse d’au moins une année où le sillon virtuel de mon ipod va tourner encore et encore sur les fichiers numériques de Lilly Wood & the Prick.
Un petit conseil en passant, après avoir acheté l’album, allez sur leur site officiel où contre votre adhésion à leur page facebook ou contre votre email, le groupe vous offre leur reprise géniale de L.E.S. Artistes de Santagold.
Lilly Wood & the Prick, definitely not a waste !

Lilly Wood & the Prick
Down the Drain

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Ben L’oncle Soul

J’ai découvert Ben l’oncle Soul comme, je pense, à peu près tout le monde il y a quelques mois quand il a sortit sa reprise brillante de Seven Nation Army des White Stripes. Réussir à reprendre si tôt un tube qui a tourné autant, à en devenir un hymne de stade, est un exploit qu’il faut lui reconnaître, un vrai tour de force. Sa force justement ? Savoir faire de cette cover un morceau soul très enjoué qui redonne une seconde vie à une ligne de basse déjà mythique.
Fan de cover depuis toujours, je me suis procuré son premier EP où il y a de très très belles surprises avec notamment Say You’ll be There des Spice Girls et Crazy de Gnarls Barkley dans des versions cuivre soul vraiment très bien foutues avec des arrangements qui sonnent comme à l’époque.
Fort de son succès, son premier album sort le 17 mai dernier avec bien sur la reprise de Seven Nation Army en fleuron et premier titre de l’opus, histoire d’être sur que si quelqu’un fait une écoute sauvage de l’album, il tombe sur le tube dès le début. Treize autres titres derrière attendent leur tour et c’est là que les choses se compliquent. Déjà sur son premier EP, j’avais eu beaucoup de mal avec sa version de Sympathique (je ne veux pas travailler) de Pink Martini, en français sous un rythme reggae, parce que que son flow et le français lui allait moins bien.  Confirmation de cette sensation dès Soulman qui donne l’impression de regarder un long-métrage Disney où il a un interlude musical. C’est horrible de faire cette comparaison mais il faut bien reconnaître que Petite soeur pourrait être parfaite pour une chanson dans un Disney, ça ressemble à Je suis ton Ami dans Toy Story, à Être un homme comme vous dans Le Livre de la Jungle ou une chanson de la Princesse et la Grenouille
Quand on écoute un artiste qui chante bien, a une voix du tonnerre, maîtrise les codes du style, a du swing et qu’il se retrouve dans une production atroce comme celle-là, on a envie tout de foutre en l’air. Ca sent le savon, c’est lisse et ça glisse, aucune prise de risque, pas un moment où ça se déchaine plus qu’un autre… depuis quand la Soul music est aseptisée ?
Le genre continue d’exister avec des nouveaux talents incroyables comme Mayer Hawthorne ou tout simplement Amy Winehouse. Pourquoi Amy Winehouse a aussi bien fonctionné musicalement ? (En mettant de coté sa carrière parallèle dans les tabloïds) Parce que Mark Ronson lui a donné un son unique qui sent la sueur, le vécu, le vintage, le flea market sixties alors que là c’est du American apparel en coton bio qu’on nous refile à écouter, une son policé chiant comme un bar lounge.
Ca se ressent beaucoup pourtant qu’il a écouté Otis Redding en boucle, vénéré comme il se doit Wilson Pickett et eu un début de priapisme incontrôlable devant un live de James Brown, alors pourquoi ne pas mettre en exergue les performances des modèles et péter la baraque en faisant monter l’adrénaline doucement, doucement, doucement jusqu’à un déferlement d’émotions en pleine gueule… (j’ai en tête Try a Little Tenderness par Otis Redding).
De plus, faire de la soul n’est pas une mince affaire mais la faire en français complique l’exercice encore plus. Les paroles tiennent bien la route, elles sont bien cadencées mais le phrasé, même avec le plus beau des efforts, n’est pas fait pour ça. Partir est le titre où la langue dérange le moins parce que c’est plus de la pop, une ballade qui plaira surement beaucoup mais qui s’apparente plus à du Corneille qu’à Little Richard.

A aucun moment les qualités vocales de Ben l’oncle Soul ne peuvent être remises en question, il a une musicalité irréprochable mais allez ! qu’il mouille le costard, que la folie l’emporte, que son prochain enregistrement fassent moins production studio au clic et là, je serais un fan inconditionnel du bonhomme. Je pourrais à ce moment-là retirer cette image Mickey de ma tête quand j’écoute l’album, chose impossible pour l’instant.  Le voir en concert pourrait beaucoup aidé à cela je pense mais mon enthousiasme face à l’album me retient quelque peu.
C’est dommage parce qu’il me fait penser à Sinclair a ses débuts, avec cette idée casse gueule dans un premier temps  d’un musicien passionné qui a cette envie folle et ardue de transformer son style musical préféré en français. Il y a aussi quelque chose de Tété dans l’écriture et le placement vocal.
Ben l’oncle Soul est un sacré artiste au grand potentiel mais qui, à mon goût, a été étranglé dans son génie par une maison de disque voulant à tout prix des paroles en français pour un meilleur carton dans les charts, chanter en français est mode en ce moment.
La soul c’est comme le vin, ça se bonifie avec le temps donc j’ai bon espoir pour lui.

Ben L’oncle Soul
Seven Nation Army

L’album est en écoute sur Deezer aussi : ICI

*photo : Annaïg Anquetil

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