The Black Keys @ L’Olympia – 15/03/2011

2010 a été l’année The Black Keys dans mes oreilles. Le 17 mai, Brothers, septième album du groupe, sort et c’est le coup de foudre instantané. J’avais Thickfreakness qui trainait dans mes mp3 mais je n’y avais pas assez prêté attention, ma faute. Complètement à bloc mais à sec financièrement, je rate le concert du Bataclan avec amertume et regret mais bon on se consolera en mars à l’Olympia. Attente, folie blues-rock se calmant peu à peu, c’est enfin le grand soir mais il faut reconnaître que je suis moins à fond que je ne l’aurais été quelques mois auparavant.

Les lettres rouges de l’Olympia illuminent le bitume foulé par des dizaines de fumeurs se rassasiant avant d’entrer dans la salle. Une rumeur provenant des bars  avoisinants dit que le volume sonore lors de la balance a battu des records et était tout simplement insupportable.  The Black Keys écrit en gros en tête d’affiche, tonight is the night.
Le concert se fait à guichet fermé, une belle réussite pour le duo de l’Ohio. Brothers a été victime de critiques très vives à cause de la production de Danger Mouse considéré comme trop acidulé, trop pop et trop mainstream. Cette tentative de changement leur a permit d’élargir leur public sans pour autant compromettre leur personnalité ni leur style musicale.

La première partie est assurée par un musicien, un homme orchestre prénommé Romain jouant un blues rock tout seul comme un grand, assurant guitare, chant et batterie en même temps. Un blanc français qui fait du blues… waow l’addition branlante et casse gueule de dénomination n’allant pas ensemble et bien détrompez-vous ça dépote sévère. Même si la voix était un peu trop plate et sans effet par rapport aux instruments (un petit effet King Tube aurait été chouette pour certaines parties), musicalement Romain réussit à mettre l’ambiance avec son picking et ses riffs abruptes. Avec son attitude de branleur magnifique qui joue à l’Olympia comme il jouerait dans un troquet de banlieue, Romain est l’affluent naturel du Missisipi avec la Seine, il ne se démonte pas un seul instant et en profite pour reprendre quelques classiques du genre Muddy Waters ou Hasil Adkins. A aucun moment il ne se présente sous son nom de scène Birds are Alive. Un one-man show très agréable et complètement dans l’ambiance de l’artiste principal.

Après les vingt minutes d’entracte « offerte par l’Olympia », Le rideau rouge à peine le temps de s’écarter que le duo balance Thickfreakness , quoi de mieux pour mettre en jambe avec un riff tonitruant et des changements de rythmes donnant encore plus de force à ce morceau incroyable. Dan Auerbach, guitare / chant et Patrick Carneyn batterie sont au même plan sur l’avant-scène. Sans même le temps de se remettre ou de respirer, ils enchainent avec ce son qui leur est si particulier du delta blues s’acoquinant avec du garage rock comme sur Girl is on my Mind mais aussi des bombes rock comme Stack Shot Billy ou une reprise très énergique de The Kinks avec Act Nice & Gentle. Glacial est le seul qualificatif pouvant décrire le comportement du groupe mais un autre comportement aurait été litigieux vu leur univers musical et leur réputation de mecs pas franchement funs mais bon quand même, ils font leur job et ne communique quasiment pas ou à peine pour des « thank you » de rigueur, mouai…
Après huit morceaux qu’à deux, les têtes pensantes invitent à rejoindre sur scène d’autres membres pour les accompagner sur leurs nouveaux morceaux tirés de Brothers. Les musiciens ne seront pas présentés mais ils assurent le boulot en commençant par un Next Girl beaucoup plus sale, moins carré et plus rapide que la version studio. Howlin’ For You ou Tighten Up perdent directement cette touche Modest Mouse et prennent en agressivité, s’assombrisse et sont livrées brutes. Il y a un vrai show lumière, une boule à facette rayonnant sur l’intégralité de la salle. Après un bref retour à deux, The Black Keys sans un sourire, sans une émotion termine le set sur un Strange Times fabuleux et I Got Mine crescendo en adrénaline jusqu’à ce que l’arrière décor tombe pour laisser apparaitre le nom du groupe en loupiotes brillantes pour une fin délirante à couper le souffle. Petit rappel du meilleur goût avec Sinister Kid dans une version assez originale et complètement revisitée, The Black Keys se donnent musicalement mais rien ne doit transparaitre. Le spectacle se conclut sur Your Touch.

Un concert bluffant, incisif et rentre dedans. A certains moments, le son était vraiment trop fort à tel point que la voix saturait et les instruments se noyaient dans un boulgiboulga saturé inaudible, il n’empêche que le blues-rock garage de The Black Keys envoi du lourd et des riffs d’une efficacité rare ont eu le pouvoir d’électriser le public le temps de dix-huits morceaux à toute vitesse. Pour les haineux du son trop policé du dernier album, le live éradique ce problème dès le premier coup baguette ou de pouce de Patrick ou Dan. Un très bon concert, des tas de chansons ayant un potentiel single démentiel, The Black Keys est le duo à voir en concert pour ceux en mal de sensations rock. The White Stripes n’existe plus mais il est encore possible de se consoler avec un blues rock plus roots, plus en testostérone et plus rudes, c’est alternative : The Black Keys.

 

*Crédit photo : Stephane Feugere
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