Cake @ la Cigale – 19/03/2011

Les années 90 c’était quand déjà ? C’était il y a déjà longtemps, la preuve en est, des soirées thématiques comme We Are The 90s’ sont régulièrement pleines et les trentenaires continuent de faire vivre cette décennie entre pessimiste grunge et nihiliste eurodance, il faut aimer l’auto-destruction pour écouter 2Unlimited ou Dr.Alban non ? Cette nostalgie sert à refaire manger quelques « artistes » top 50 le temps de galas, soirées ou concerts mais d’autres n’ont jamais arrêtés mais sont médiatiquement moins en avant. En 1996, deux ans que Kurt Cobain est mort, Difoul a quitté Lovin’Fun et le Doc par la même occasion sur Fun Radio, le cinéma annonce la mort future des ventes de disque dans Empire Records et la menace d’un bug chaotique lors du passage à l’an 2000 se dessine et inquiète. Musicalement c’est la mort d’un mouvement, Stone Temple Pilots sortent Tiny Music… And Songs, daube rock trempé dans de la pop sucrée écœurante, Soundgarden se fait éventrer sur la place publique pour avoir déserté les bancs des riffs lourds avec Down on the Upside, Metallica est en pleine crise et fait de la country dans Load, bref les années bourinnes et rock sont terminées. Période de crise, turnovers et chaises tournantes, la musique devient plus sombre et influencée par le pessimiste generation X du mouvement grunge et la pop rock devient plombante. K’s Choice avec « Not a addict« , eels avec « Novocaine for the Soul« ,  Nick Cave & Kyle Minogue avec « Where the Wild Rose Grow« , Nada Surf avec « Popular » et l’electro pop de Everything But a Girl avec « Missing » sont autant de titres nevermind représentatifs d’un moment, servant aussi d’alternative à la folie pop des Spice Girls et autres boysband à la mode. Fin 96, débarque une voix nonchalante, grave et   un son unique : The Distance par Cake. Quelques mois après, un an avant que le titre ne devienne un hymne sportif national, Cake sort une reprise dans une version je-m’en-bas-la-race de I Will Survive de Gloria Gaynor et signe un joli succès qui s’arrêtera là. Après deux singles issus de Fashion Nuggets, Cake n’intéressera plus jamais les radios françaises malgré de très bons albums sortit au fil des années. Apple utilisera Black Skirt and a Long Jacket pour la pub du dernier Ipod, la série Chuck utilisera la même chanson en guise de générique mais il faudra attendre sept ans de silence pour leur grand retour. Une soirée avec Cake à la Cigale pour présenter son nouvel album Showroom of Compassion.

Évènement complet en quelques jours sans aucune publicité, Cake a un fan-club au taquet malgré les années. Texto quelques jours avant évènements des distributeurs de billets : t’as pas intérêt à être en retard parce qu’y a pas de première partie alors tu fais pas ton parisien et tu bouges ton cul. Bon, ce n’était pas exactement le message mais sa substance. La Cigale se remplit donc en temps et en heure et effectivement le public à minimum l’âge d’avoir été adolescent pendant les années 90, certains sont même accompagnés de leurs enfants pour leur montrer le-groupe-qu’aimait-papa-quand-il-était-jeune… saloperie de temps qui passe, saloperie de gamin qui prouve qu’on vieillit. Sur scène, le matériel attend paisiblement et le public aussi pendant quarante-cinq minutes. Les lumières s’éteignent, le plateau s’allume et débute un pauvre show lumière pas terrible accompagné d’une intro synthé kitch entre une musique Star Wars Tatouine et le thème de Rocky. Sur le coup, l’idée est marrante sauf que la blague s’éternise, on attend pendant les roulements de tambour à voir le groupe sauter pour une entrée second degré et bien non, c’est tout simplement une des plus belle supercherie musicale jamais vue en live. Star américaine, il débarque comme si de rien,  et commence en douceur avec Sad Songs And Waltzes, une reprise de Willie Nelson, pour se chauffer calmement et rappeler qu’il va y avoir de la trompette, instrument rare dans un groupe de rock.  Opera Singer monte le rythme d’un cran, suivit d’un Arco Arena instrumental très efficace, deux morceaux tirés de Comfort Eagle, album précédent en date. De là, les choses sérieuses commencent avec Franck Sinatra, Wheels et les nouveaux singles donnant envie de bouger Long Time et Sick of You.  Le public est très chaud dès les premières minutes  mais il devient dingue pour IWill Survive, à tel point que comme dans stade, en chœur, la salle reprend l’air de la chanson à tue-tête à la fin du titre. John McCrea parle beaucoup entre les chansons, il part du principe que son public est bilingue, qu’il parle le Wall Street English ou a regardé l’intégralité des épisodes de Dora l’exploratrice. L’ambiance est à son apothéose, c’est le moment rêvé pour casser toute l’ambiance avec un jeu dans la salle pour gagner un pommier dans la cadre de l’opération Cake Forest. Vingt minutes de blabla amusant mais une perte de temps ultime et un cassage d’ambiance incroyable. Ils s’excusent du retard, justifié par uns somnolence comateuse du guitariste et se rendent compte qu’ils sont ricrac et expédient Long Skirt & a black Jacket pour faire une pause… alors comment dire… habituellement, les groupes font un rappel et prennent quelques minutes mais pas là non, ils prennent un entracte et franchement c’est à nouveau un moment d’attente, c’est simplement lourd. Le groupe revient, le public est là mais ça applaudit moins, Cake lance Love You Madly mais le break a quelque peu pété l’ambiance et les retards accumulés font qu’ils doivent enchainer rapidement à tel point que le chanteur demande de ne plus applaudir pour ne pas perdre de temps. Quelques morceaux pour finir ce retour avec Never There mais franchement la connexion a disparu. Un rappel, donc encore une nouvelle attente au cas où on l’aurait pas assez fait, avec War Pigs de Black Sabbath, reprise vraiment pas géniale qu’ils auraient pu remplacer par un titre à eux comme Nuggets… je dis ça, je dis rien. C’est l’heure de finir donc il balance The Distance, ça fait plaisir mais l’euphorie initiale est moins au rendez-vous.

Un concert sympa mais trop décousu pour être vraiment agréable.  Les années 90 c’était il y a longtemps, Cake fait moins des tournées internationales ok mais bon de là à transformer ça en une sorte de foire gigantesque, genre concert amateur dans un bar entre pote, il y a un monde. Un beau bordel, une musique qui donne le sourire cela-dit et qui rappelle un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ! Un peu de sérieux messieurs !

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