Archives mensuelles : mars 2011

Wong Kar-Wai’s Mood for Love

Dicky

In the Mood for Love Dicky Style (cliquez sur la photo pour l'agrandir)

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Cold War Kids – Mine is Yours

Il y a environ quatre ans débarquait de Long Beach, en Californie, un  groupe d’indie-rock rugueux et désarticulé : Cold War Kids. Pour bien marquer leur arrivée, il sortait Robbers & Cowards, premier album novateur et hors-norme à un moment où la scène rock américaine était atteinte d’une grave affection congénitale suite à de trop nombreux pompages musicaux consanguins les un sur les autres. A cette époque, la production se devait d’être lisse et velouté comme un yop framboise prédigéré, Cold War Kids n’avait pas la même vision et  proposait un pied de nez magistral à cette mode en amenant un contre-pied aux structures épurées et branlantes comme un Kapla monté par un alcoolique en manque. La mauvaise vie, la folie, le regret, voilà les thèmes fondateurs du groupe et des tubes en puissance comme Hang Me Up To DryHospital Bed ou  l’iconoclaste We Used To Vacation. Cet univers et ses spécificités complexes donnent un statut et une reconnaissance instantanée à ce groupe prometteur. Sombre, électrique et incisif comme une piqure de rappel mal plantée, les californiens se font connaître par la teneur nerveuse et hypnotique de leurs concerts. Porté par le charisme et la voix unique de Nathan Willett, le groupe déstructure encore plus leurs morceaux et s’échange des coups de pieds dans les tibias tout en jouant pour faire monter la pression et l’énergie vive des spectateurs.
Retour sans fanfare ni excitation lors de la sortie de Loyalty to Loyalty deux ans plus tard. Cold War Kids garde cette patte particulière, cette tension mais l’amplitude bluesy  et les envolées lyriques sur le fil  de Willett ne charment plus, le goût de la nouveauté étant passé. Un sentiment d’urgence ressort de cet album tout en profondeur et en spontanéité mais l’anarchie volontaire dans les mélodies, la production brute de décoffrage et les rythmiques syncopées intéressent moins et semble n’être qu’une redite du précédent, un jugement difficile à encaisser pour un second album.

Le groupe prend du recul et sort un EP furtif Behave Yourself, l’été dernier, dessinant déjà la tournure plus pop que semble prendre gentiment le groupe. La production reste toujours aussi épurée mais les instruments sont moins étouffés, la voix moins mise en avant et les mélodies sont intelligibles et chantantes. Cette formule va être la pierre angulaire de Mine Is Yours, troisième et nouvelle parution de Cold War Kids.
Virage à coup de frein à main, tous les puristes intransigeants descendent, tant pis ça laissera de la place pour tout le monde.  La démarche est sincère et ça se sent car, bien que plus accessible, la composition musicale garde ce mystère continuel, cette appréhension à se demander ce qui va se passer, où va ce morceau aller et comment va-t-il terminer sans pour être autant tarabiscoté et impassable en radio. Une attraction, une force aimantée se mouvant au fil des rythmes et des pulsions organiques transportent  tout au long de cet album. Cette transe amène une couleur nouvelle à une pop à la mode, reine de stades géants.
La présence à la production de Jacquire King provoque stupeur et tremblement chez les fans de la première heure après qu’il ait rendu le dernier album de King Of Leon plus grand public. Inquiets de le voir métamorphosé les Cold War Kids en un monstre mainstream, King, malgré ses efforts et sa production plus ronde, n’aura pas raison du groupe qui garde sa personnalité forte et son ambiance.  Exercice difficile, Mine is Yours est touche à tout mais ne tombe jamais dans le facile ni le mauvais goût ultime. Alors que certaines chansons comme Finally Begins ou Skip The Charades flirte avec le catchy ou le grandiloquent par le coté ballade rock,  d’autres, comme Royal Blue, Sensitive Kid ou Cold Toes On Cold Floor, sont plus proche du génie et d’une montée en puissance galvanisante et éclatante.  Quel que soit le style visité, CWK, pour les intimes, sait garder cette profondeur proche du blues et de la soul.

A l’image de la pochette d’album, blanche et gribouillée par des couleurs vives, Cold War Kids a quitté cet univers  salit sombre ou noir et blanc pour une nouvelle ère. Une musique plus simple d’apparence, des titres s’enchainant avec une cohérence subtile et surtout la voix envoutante de Nathan Willett emmenant là où il en a envie, voilà le programme de ce troisième opus très agréable. Mine is Yours est surement plus proche d’une plage ensoleillée bordant le pacifique que du bitume amer des rues sombres d’Hollywood boulevard.  Une mise en appétit délicieuse pour commencer 2011 musicalement du bon pied. Les fans de la première heure anti-évolution musicale devront passer leur chemin alors que les autres se délecteront à l’écoute de cet opus résolument pop mais avec un supplément d’âme non négligeable.

Cold War Kids
Louder than Ever

Le clip a été réalisé par Vern Moen, clipeur indie vintage à qui l’on doit le superbe I Cut like a Buffalo de The Dead Weathers ou de nombreuses vidéos des Cold War Kids comme le très beau Audience of One ou I’ve Seen Enough. La vidéo a été filmé dans un entrepôt de Los Angeles.

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Des Palais de Dame façon Dicky le Canard

Alors quand j’ai du temps, je me transforme en canard pâtissier mais pâtissier du dimanche ! Pas de recette compliquée, pas des heures de préparation, pas de matériel particulier à avoir et que du plaisir !

Je vais vous donner une recette de petits gâteaux simples à faire, pas chers et parfait pour un goûter du dimanche.

Alors comment faire des Palais de Dame à ma façon (j’ai gardé le nom parce que je le trouve joli mais ce n’est pas la recette originale du Nord, juste une inspiration)

Besoin : – 30 minutes
– Un four.
– 125g de beurre
– 125g de sucre
– 2 oeufs
– 160g de farine (levure inclus)
– 100g de raisin sec
– Un fond de rhum

Première étape : Prendre 100grammes de raisin sec, les verser dans un bol et verser un fond de rhum. Laisser mariner le temps de faire la pâte. Allumer le four à 180/200°C ou thermostat 7 ou 8 en chaleur tournante si vous avez.


Deuxième étape : Il faut sortir 120g de beurre et le laisser à température ambiante. Une fois un peu ramolli, il faut le couper en petit carré et le mettre dans un assez grand bol. En suite, il faut verser 120g de sucre blanc en poudre sur le beurre. En suite, il faut que le sucre et le beurre forme une pâte épaisse (surtout qu’il n’y ait plus de sucre dans le bol)


Troisième étape : Casser deux œufs sur la pâte et l’incorporer pour former une pâte plus crémeuse.
Quatrième étape (la plus chiante) : Incorporer 160g de farine patissière (ou de la farine normale avec un sachet de levure chimique) pour créer une pâte épaisse mais malléable.
Cinquième étape
: Égoutter les raisins et les mélanger à la pâte.


Sixième étape : Pendre une plaque, étaler du papier sulfurisé et faire des boules légèrement écrasées avec une petite cuillère bien remplit dessus.


Septième étape : Enfourner pendant 9-10minutes jusqu’à ce que les contours soient légèrement dorés.


Huitième étape : Les laisser reposer sur une plaque metallique si possible ou une simple assiette.

Miam !

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Jonathan Safran Foer – Tree of Codes

Le prochain livre de Jonathan Safran Foer sortira aux Etats-Unis le 16 avril prochain. Son nom : Tree of Codes. A peine la promo mondiale de Faut-il manger des animaux ? terminée, JSF va devoir reprendre la route pour présenter sa nouvelle œuvre, cette fois-ci ce n’est ni un roman ni une nouvelle, une oeuvre littéraire artistique, visuelle et conceptuelle comme jamais. Il faut savoir qu’il est diplômé de l’université de Princeton en littérature et philosophie mais il est important de savoir qu’il suivait surtout les cours très particulier de Joyce Carol Oates en Creative writing, option dans l’apprentissage expérimental de l’écriture dans toutes ses formes. Il a déjà mit en oeuvre ses leçons dans ses précédents romans comme la répétition épileptique de mots sur plusieurs pages dans Faut-il manger des animaux ? ou l’utilisation d’une phéoto comme un flip book dans Extrement fort, Incroyablement prêt mais là Tree of Codes est un concept à lui tout seul. Imaginez ouvrir un livre où il manque des mots car ils ont été découpés physiquement, un livre où il y a plus de vides qu’il n’y a de mots, comment réagiriez-vous ?  Safran Foer reprend par exemple la nouvelle La rue des crocodiles de Bruno Schulz, poète polonais tué en pleine rue par un SS en 42, et la troue comme les rapports cryptés du FBI mais avec des vides permettant des chevauchements visuels et un aspect secret. Un livre donc difficile à lire physiquement et un pied de nez magnifique au livre virtuel à une époque où il prend des places de marché.
Donc un livre qui coûtera cher, un livre qui ne se lira pas sur la plage, un livre qui ne sera jamais traduit, un livre objet, un livre artistique développé par un maison d’édition anglaise qui n’a pas d’argent mais des idées : VisualEditions.

Jonathan Safran Foer est toujours là où on ne l’attend pas et donne peut être une alternative au livre physique pour l’avenir. J’ai bien envie de voir à quoi cela peut ressembler et décrypter cet arbre à codes.

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Faut-il Manger des Animaux – Jonathan Safran Foer

Après avoir écrit un chef-d’œuvre encensé par la critique, il est toujours compliqué de réitérer cet exploit. Afin d’éviter une redite et une impression de déjà-vu dans sa construction romanesque, Jonathan Safran Foer revient là où on ne l’attend pas avec un essai,  ressemblant souvent à s’y méprendre à un pamphlet, sur le fait de manger des animaux. Sujet d’actualité brulant et très en vogue particulièrement aux Etats-Unis, le végétarisme devient de moins en moins une alternative de vie, un choix intellectuel mais un choix médical, moral et éthique. Avant même de lire « Faut-il manger des animaux ? », on connait déjà la réponse et c’est justement en cela que la réflexion de l’auteur sur le sujet est intéressante. Il est très clair que Safran Foer n’est pas uniquement dans la réflexion philosophique pure sur le sujet, non, il est très documenté et est même allé sur le terrain pour approfondir ses investigations. Je pensai, à tort, que le livre serait plus romancé mais il a le talent de renseigner, informer, raconter, inviter à la réflexion et confirmer ce que l’on sait déjà sans vraiment avoir envie de le voir. Les ornières conscientes autour de l’industrie animale sont créatrices justement de l’immoralité régnant autour de la nourriture finissant dans nos assiettes. A travers différents axes et le raisonnement de l’auteur, nous cherchons à comprendre notre attachement sentimentale et culturel avec la nourriture animale, nos eusses et coutumes comme se demander pourquoi ne mange t-on pas de chiens. Puis il y a ses recherches, l’analyse d’un système industriel américain, la barbarie, les entrepôts, l’exécution souvent ratés des bovins mais il s’intéresse aussi à l’industrie du poisson autant plus flippante qu’on ne la voit pas et qu’elle moins connue.

Végétarien lui-même, il a déjà un parti dès le départ mais ce n’est pas pour autant que son écrit devient du proxénétisme façon PETA, il argumente et explique ce qui fait que lui est et est devenu végétarien alors qu’il ne l’était pas.

Je ne suis pas végétarien moi-même et j’avoue avoir lu le livre pour son auteur et non pour le sujet lui-même bien qu’il m’intéresse. J’ai étudié les stratégies de marketing autour de la Vegan food aux USA il y a deux ans et les raisons de ce développement là-bas. Après avoir terminé le livre, je n’ai pas envie de m’arrêter pour autant de manger des animaux. Mais, parce que bien sur il y a un mais, je dois avouer que l’abattage en France et en Europe m’intéresse, j’aimerais savoir comment se passe l’industrie dans le continent où je vis car le roman de Safran Foer ne parle que des US. Le problème est qu’en le lisant, il y a parfois un coté redondant un peu chiant où il re-dit que certains animaux sur la chaine d’abatage ne sont pas complètement morts lorsqu’ils arrivent au niveau de la découpe… après quatre répétitions, je ne sais pas pourquoi mais je crois que j’ai compris…

Un livre très bien documenté, très intéressant, très instructif mais difficile à lire dans le métro ou pour se détendre.

Un essai qui vous fera réfléchir sur le futur de l’homme, sur des questions existentielles, sur nos rapports au vivant, à notre histoire familiale, à l’importance de la nourriture dans le partage avec l’autre… un peu de philosophie contemporaine et une alerte glaçant le sang au programme.

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Bored to Death

Je garde des séries complète sur mon disque dur en cas de guerre atomique ou de disparition, peut-être, de tout divertissement culturel de la planète. Comme c’est justement un peu le cas, la France entre en guerre et demain un nuage nucléaire traverse le pays, j’ai décidé de tester l’une d’entre elle : Bored to Death.
Influencé par le titre et par les commentaires d’un ami, j’avais cette idée préconçue que ça allait être chiant, que l’action serait lapidaire et que tout tournerait autour de la psychologie des personnages et leurs névroses… Je me suis littéralement planté, je n’ai pas regardé cette série addictive à cause de mes préjugés bidons et c’est bien fait pour ma gueule.

Bored to Death est l’histoire de Jonathan Ames, à noter que c’est aussi le nom du créateur et auteur de la série, auteur de roman alcoolique et accro à la marijuana. Jonathan par son attitude dépendante de loser, se faisant plaquer par sa petite amie. Pour rebondir et palier à cette dépression pointant son nez, il décide de déposer une annonce sur Craigslist pour proposer ses services entant que détective privé sans licence, un détective calqué sur l’imagerie des romans de Raymond Chandler. Parallèlement, pour gagner en attendant son second roman, Jonathan est pigiste externe pour un magasine masculin dont le directeur d’édition, George Christopher, est un de ses meilleurs amis à qui il rend aussi des services personnels. Jonathan partage tous ses problèmes avec son meilleur ami Ray Hueston, un dessinateur de comics mélancolique aux multiples déboires sentimentaux et existentiels. L’histoire tourne principalement autour de ces trois personnages et des affaires qu’essaye de résoudre Jonathan.

J’ai regardé la saison 1 en deux fois, il faut dire que ça n’est pas difficile vu qu’il n’y a que huit épisodes et qu’il est dans un format vingt-cinq minutes. Le casting est tout simplement parfais, Jason Schwartzman jouant le rôle de Jonathan a enfin un rôle consistant et non celui de second couteau comme dans la majorité des films où j’ai pu le voir. Je me rappel très bien de lui dans au bord du darjeeling limited de Wes Anderson mais surtout dans Hôtel Chevalier, court-métrage magnifique avant le film avec Natalie Portman, il est tout aussi bon et son physique si particulier est utilisé à merveille pour ce personnage fantasque et attachant. Ses deux meilleurs amis sont joués par le déjà mythique Zach Galifianakis (Very Bad Trip, Date limite) jouant avec une tristesse poétique à fleur de peau comme il sait si bien le faire et l’autre, Ted Danson, sorte d’américain géant grisonnant que l’on a vu dans des films sans jamais vraiment savoir dans lequel, est à point pour ce personnage cynique et loin des réalités dans sa tour d’ivoire new-yorkaise. Tout se passe entre Brooklyn et Manhattan mais la ville est utilisée comme si New York était une petite ville, un endroit où l’on se croise, où la vie de quartier est possible.
J’ai eu un véritable coup de coeur pour cette série entrainante, aux histoires souvent très drôles et aux personnages très très attachants. Il y a un coté indé, arti et unique, c’est une série américaine à part, un peu comme l’est Eastbound & Down.
Une série que je conseille plus que très vivement. J’ai commencé la saison 2 et j’ai déjà envie d’ingurgiter le tout cul-sec.

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Cake @ la Cigale – 19/03/2011

Les années 90 c’était quand déjà ? C’était il y a déjà longtemps, la preuve en est, des soirées thématiques comme We Are The 90s’ sont régulièrement pleines et les trentenaires continuent de faire vivre cette décennie entre pessimiste grunge et nihiliste eurodance, il faut aimer l’auto-destruction pour écouter 2Unlimited ou Dr.Alban non ? Cette nostalgie sert à refaire manger quelques « artistes » top 50 le temps de galas, soirées ou concerts mais d’autres n’ont jamais arrêtés mais sont médiatiquement moins en avant. En 1996, deux ans que Kurt Cobain est mort, Difoul a quitté Lovin’Fun et le Doc par la même occasion sur Fun Radio, le cinéma annonce la mort future des ventes de disque dans Empire Records et la menace d’un bug chaotique lors du passage à l’an 2000 se dessine et inquiète. Musicalement c’est la mort d’un mouvement, Stone Temple Pilots sortent Tiny Music… And Songs, daube rock trempé dans de la pop sucrée écœurante, Soundgarden se fait éventrer sur la place publique pour avoir déserté les bancs des riffs lourds avec Down on the Upside, Metallica est en pleine crise et fait de la country dans Load, bref les années bourinnes et rock sont terminées. Période de crise, turnovers et chaises tournantes, la musique devient plus sombre et influencée par le pessimiste generation X du mouvement grunge et la pop rock devient plombante. K’s Choice avec « Not a addict« , eels avec « Novocaine for the Soul« ,  Nick Cave & Kyle Minogue avec « Where the Wild Rose Grow« , Nada Surf avec « Popular » et l’electro pop de Everything But a Girl avec « Missing » sont autant de titres nevermind représentatifs d’un moment, servant aussi d’alternative à la folie pop des Spice Girls et autres boysband à la mode. Fin 96, débarque une voix nonchalante, grave et   un son unique : The Distance par Cake. Quelques mois après, un an avant que le titre ne devienne un hymne sportif national, Cake sort une reprise dans une version je-m’en-bas-la-race de I Will Survive de Gloria Gaynor et signe un joli succès qui s’arrêtera là. Après deux singles issus de Fashion Nuggets, Cake n’intéressera plus jamais les radios françaises malgré de très bons albums sortit au fil des années. Apple utilisera Black Skirt and a Long Jacket pour la pub du dernier Ipod, la série Chuck utilisera la même chanson en guise de générique mais il faudra attendre sept ans de silence pour leur grand retour. Une soirée avec Cake à la Cigale pour présenter son nouvel album Showroom of Compassion.

Évènement complet en quelques jours sans aucune publicité, Cake a un fan-club au taquet malgré les années. Texto quelques jours avant évènements des distributeurs de billets : t’as pas intérêt à être en retard parce qu’y a pas de première partie alors tu fais pas ton parisien et tu bouges ton cul. Bon, ce n’était pas exactement le message mais sa substance. La Cigale se remplit donc en temps et en heure et effectivement le public à minimum l’âge d’avoir été adolescent pendant les années 90, certains sont même accompagnés de leurs enfants pour leur montrer le-groupe-qu’aimait-papa-quand-il-était-jeune… saloperie de temps qui passe, saloperie de gamin qui prouve qu’on vieillit. Sur scène, le matériel attend paisiblement et le public aussi pendant quarante-cinq minutes. Les lumières s’éteignent, le plateau s’allume et débute un pauvre show lumière pas terrible accompagné d’une intro synthé kitch entre une musique Star Wars Tatouine et le thème de Rocky. Sur le coup, l’idée est marrante sauf que la blague s’éternise, on attend pendant les roulements de tambour à voir le groupe sauter pour une entrée second degré et bien non, c’est tout simplement une des plus belle supercherie musicale jamais vue en live. Star américaine, il débarque comme si de rien,  et commence en douceur avec Sad Songs And Waltzes, une reprise de Willie Nelson, pour se chauffer calmement et rappeler qu’il va y avoir de la trompette, instrument rare dans un groupe de rock.  Opera Singer monte le rythme d’un cran, suivit d’un Arco Arena instrumental très efficace, deux morceaux tirés de Comfort Eagle, album précédent en date. De là, les choses sérieuses commencent avec Franck Sinatra, Wheels et les nouveaux singles donnant envie de bouger Long Time et Sick of You.  Le public est très chaud dès les premières minutes  mais il devient dingue pour IWill Survive, à tel point que comme dans stade, en chœur, la salle reprend l’air de la chanson à tue-tête à la fin du titre. John McCrea parle beaucoup entre les chansons, il part du principe que son public est bilingue, qu’il parle le Wall Street English ou a regardé l’intégralité des épisodes de Dora l’exploratrice. L’ambiance est à son apothéose, c’est le moment rêvé pour casser toute l’ambiance avec un jeu dans la salle pour gagner un pommier dans la cadre de l’opération Cake Forest. Vingt minutes de blabla amusant mais une perte de temps ultime et un cassage d’ambiance incroyable. Ils s’excusent du retard, justifié par uns somnolence comateuse du guitariste et se rendent compte qu’ils sont ricrac et expédient Long Skirt & a black Jacket pour faire une pause… alors comment dire… habituellement, les groupes font un rappel et prennent quelques minutes mais pas là non, ils prennent un entracte et franchement c’est à nouveau un moment d’attente, c’est simplement lourd. Le groupe revient, le public est là mais ça applaudit moins, Cake lance Love You Madly mais le break a quelque peu pété l’ambiance et les retards accumulés font qu’ils doivent enchainer rapidement à tel point que le chanteur demande de ne plus applaudir pour ne pas perdre de temps. Quelques morceaux pour finir ce retour avec Never There mais franchement la connexion a disparu. Un rappel, donc encore une nouvelle attente au cas où on l’aurait pas assez fait, avec War Pigs de Black Sabbath, reprise vraiment pas géniale qu’ils auraient pu remplacer par un titre à eux comme Nuggets… je dis ça, je dis rien. C’est l’heure de finir donc il balance The Distance, ça fait plaisir mais l’euphorie initiale est moins au rendez-vous.

Un concert sympa mais trop décousu pour être vraiment agréable.  Les années 90 c’était il y a longtemps, Cake fait moins des tournées internationales ok mais bon de là à transformer ça en une sorte de foire gigantesque, genre concert amateur dans un bar entre pote, il y a un monde. Un beau bordel, une musique qui donne le sourire cela-dit et qui rappelle un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ! Un peu de sérieux messieurs !

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