Archives mensuelles : janvier 2011

Arielle Domabasle vs. The Beatles

« Arielle Dombasle – Je déteste les Beatles.

Frédéric Beigbeder – Mais c’est magnifique les Beatles !

AD– Non, pas du tout. Mon père en train de chante « ob-la-Di Ob-La-Da » et de manger des champignons hallucinogènes ça me laisse une idée…

FB – Avec « Yellow Submarine », c’est leur plus mauvaie chanson. Tout le reste est magnifique.

AD – Ecoutez Frédéric, ce n’est pas digne de vous. j’ai envie de vous faire une méga scène à cause de « Yellow Submarine ».

FB –  Je vous ferai écouter « Révolution »… »

GQ, décembre-janvier 2010, n°35

Mais comment peut-on détester les Beatles ?

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L’homme qui voulait être heureux – Laurent Gournelle

Depuis quelques temps, vous l’aurez peut-être comprit, je passe pas mal de temps dans des hôpitaux pour quelqu’un d’autre que moi. Entre deux émissions de télés majoritairement sur France 3, des visites dans des heures spécifiques et autres entrées inopinées d’infirmières et internes, j’avais du temps à tuer et résultat j’ai lu un livre offert, traînant sur la tablette en plastique, que je n’aurais pas lu de moi-même et pour cause… Un livre vendu au rayon bien être, en tête de gondole, une pochette avec des feuillages, un truc pseudo philosophique et un titre trop vendeur : l’homme qui voulait vivre sa vie. Ce roman signé par Laurent Gournelle se résume par son titre. Pourquoi perdre son temps pendant deux cents pages et quelques alors que la quatrième de couverture raconte la forme et le fond ?
Un homme en milieu de vie est en voyage à Bali et décide comme ça, alors qu’il n’y croit pas trop, d’aller voir un yogi à la grande réputation. Le maître est disponible à la minute alors qu’il est la rock-star des sauveurs balinais et dès les premières minutes, le maître comprend son mal : il est en bonne santé mais il n’est pas heureux. Delà, une conversation entre deux hommes sur le développement personnel, sur la poursuite du bonheur et son accomplissement uniquement si on applique la maxime « quand on veut on peut ». Un voyage initiatique débile aux mises à l’épreuve, en guise d’exemple, totalement ridicules. J’aime les conversations romanesques car elles ont une improbabilité exquise, trop bien écrite pour qu’elles soient vraies mais agréables mais là, leurs conversations sont celles d’un petit prince occidental pessimiste qui demande au grand sage oriental de lui dessiner un mouton à chaque fois qu’il lui explique quelque chose. Alors oui, le livre donne envie de se ressourcer à Bali, de se perdre dans ses montagnes et villages mais l’illustration du « quand on veut on peut » est grotesque et répétitive. Ce qui m’a dérangé derrière tout ça, c’est l’idée implicite que le « bonheur » est la quête obligatoire et inconsciente d’une vie. Etre heureux est un ordre de vie tacite car sans lui, la vie devient sombre et un enchaînement d’événements que l’on ne veut pas. Je suis allé au bout car je voulais savoir à quel point Laurent Gournelle allait me prendre pour un débile à qui il explique une philosophie de vie simple comme bonjour. Son explication et son argumentation est aussi convaincante que celle d’un prêcheur américain faisant des conférences pour transformer les vies de ses spectateurs par son discours… nous voilà tous réunit mes frères, levez vous et criez « quand on veut, on peut ! », tous ensemble. Je n’y ai pas cru un seul instant et à part me donner à manger la même soupe pendant tout le même livre, l’histoire ne m’a rien apporté même pas un peu de réconfort.

Quand on veut on peut ? La prochaine fois, j’aimerais beaucoup que Laurent Gournelle écrive un livre intelligent, j’y crois oh oui ! j’y crois… bien que… non, je m’enfiche. Je retourne à Moi, tout craché de Jay McInerney et ses nouvelles qui ne me déçoivent pas… peut être parce que je m’étais auto-persuadé qu’elles seraient à mon goût… quand on veut on peut… non, ça vient seulement de la qualité d’écriture et d’analyse de l’auteur je pense…

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Lisztomania ou du Top Albums 2010…

J’ai longtemps réfléchis à faire le top 10 de mes albums de l’année, le top 10 des meilleurs livres que j’ai lu (ça représente 80% des livres que j’ai lu donc ridicule), le top 10 des blogs que je fréquente, le top 10 des légumes et fruits que j’aime, le top 10 de mes plus grands moments de bonheur avec mes amis (j’aime les top 10 skyblog pour adolescentes en sixième), le top 10 d’une année en sous-catégorie me donnant l’impression d’avoir vécu pendant un an et d’avoir eu un semblant d’apport culturel dans celle-ci.

La Lisztomania fin d’année est partout et, majoritairement, m’emmerde profondément. Alors oui, j’entends déjà certains pourfendeurs de la cause Top Albums de l’année monter au crédo et crier, à qui veut-bien-l’entendre, que la liste bilan est saine et utile pour découvrir les disques que l’on aurait pu rater mais très franchement, qui,  encore aujourd’hui, va acheter sa musique (la question pourrait s’arrêter là en fait…) en fixant son choix sur le top 100 de W9 ou le top des meilleurs ventes de Itunes ? Si on l’on suivait cette logique, j’écouterais Toi + Moi de l’abominable Grégoire (en passant, je ne félicite pas les donnateurs permettant de mettre à vie à ce Frankenstein musical) se positionnant 98 du classement itunes Stores ou je serais en pagne, nu face à mon balcon enneigé dans mon salon pour un spectacle unique du hula en la mémoire de Israel Kamakawiwo’ole (et que le dernier ferme la porte), revenu de chez les morts pour une attaque zombie venant de l’au-delà visant les charts afin de trôner de tout son poids en haut du top 100 depuis quelques semaines, tu parles d’une découverte et de nouveautés…

Il m’est arrivé, par le passé, de découvrir des artistes grâce à ce système, comme Bon Iver ou cette année The Spoon mais ce compte-rendu n’est intéressant que lorsqu’il est fait pour une musique moins mainstream et par des médias assez spécialisé, connaître le top rédaction de Télé Z ou Télé Poche est-il vraiment capitale ? Aviez-vous besoin d’eux pour découvrir que I Gotta Feeling a été encore le succès commercial de l’année ou que Waka Waka (This Time For Africa) de Shakira était le titre pour vous faire dandiner les fesses cette année ? Et si vous ne l’avez pas fait, que se passe t-il ? On est ringard ? On n’a pas fait comme tout le monde ? Bouhhh…  Je croyais que le but de la culture était justement de se nourrir soit même et avoir ses propres goûts pour forger sa propre identité… peut-être je me trompe.

Tout ça pour dire que non, il n’y aura pas de top 10 chez moi, mais uniquement Mon album de l’année, un choix, un disque, un groupe. Le choix a été compliqué mais pas tant que ça après maturation.

Le Dicky d’or du meilleur album 2010 revient à :

The Black Keys
Brothers

Comme j’ai l’air d’avoir à faire à des spécialistes, je vous souhaite une bonne année et vous dit « Salut les p’tits clous ».

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