Install de Wataya Risa

Je n’avais pas envie de quitter le Japon après avoir lu Park Life. Le roman n’est pas extraordinaire mais il m’a dépaysé en une centaine de pages. Pas envie de quitter les décors nippons ni envie de me retrouver en rade de bouquin dans le métro pour aller à mon travail, oh ! ça tombe bien, je suis justement à la FNAC ! Bien que j’ai Moi, tout craché de Jay McInerney qui m’attend à la maison bien sagement, je ne peux pas me permettre d’être à cale sèche après trois stations. Je me glisse donc au rayon littérature étrangère, étagère Asie et je cherche un livre petit, japonais et de chez Picquier Poche de préférence. Après avoir fouillé et avoir envie d’acheter quasi la totalité des titres en lisant les quatrième de couverture, je me rends compte que je suis en retard et je prends par hasard Install de  Wataya Risa. Le pitch semble être simple et efficace, la couverture  est pop kawaii comme une photo du magasine fashion Fruits ! , bon au pire ça ne fait que cent pages, je m’en remettrai.
Wataya Risa a écrit Install pendant des vacances scolaires alors qu’elle n’est encore qu’une lycéenne de dix-sept ans. Install raconte l’histoire d’Aoki une jeune lycéenne encore naïve, encore vierge, encore sensible qui décide d’arrêter les cours en pleine années de bachotage intensif pour les concours d’entrée aux grandes écoles. Elle veut croire à l’entourage qui s’y intéresse qu’elle est atteinte de futôkô, syndrome de refus d’aller à l’école mais son malaise est bien plus grand. Elle décide de jeter tout ce qui se trouve dans sa chambre pour repartir à zéro. Elle jette un tas d’affaires, des mangas et un ordinateur ancien n’ayant jamais fonctionné, cadeau de son défunt grand-père pour ne laisser que son lit au milieu de la pièce. Elle sèche les cours et jette tout sans que sa mère ne le sache.
Pendant ce déménagement furtif, elle rencontre un petit voisin de dix ans en vélo qui est intéressé par l’ordinateur en panne et repart difficilement avec. Une chose en amenant une autre, Aoki retrouve ce gamin étrange prénommé Kazuyoshi qui s’avère être un enfant pas comme les autres car il a réinitilalisé l’ordinateur par ses propres moyens et propose à Aoki un travail de cyber-hotesse érotique pendant les heures d’école dont il s’occupe lui le soir. Aoki décide de repartir, comme l’ordinateur à zéro, en acceptant ce travail étrange et excitant à la fois.

Un roman rapide, drôle, actuel et agréable. Je l’ai lu en une journée et je dois avoir passé un moment sympathique. Pas de la grande littérature mais une urgence dans son écriture, une précision incroyable et un mal très contemporain. Le témoignage d’une nouvelle génération prête à tout pour se trouver. Je peux enfin quitter le Japon et tracer direction New York City.

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6 Commentaires

Classé dans Bouquins, Canards & autres mots sur papier

6 réponses à “Install de Wataya Risa

  1. helene

    Moi aussi j’ai été déçue par « Park Life » . Mes auteurs japonais préférés restent à ce jour Ogawa et Haruki Murakami .

  2. je l ai préféré à Park life bien qu on ne puisse pas tellement faire de comparaison puisque ces deux ouvrages sont très différent.

    Je met ton billet en lien sur mon blog.

    Bonne continuation et a bientôt

    • En tout cas un grand merci pour ce lien vers ton site, je me sens honoré, surtout que j’aime bien lire par chez toi. J’ai préféré Park Life car il est plus dadaïste, plus expérimental moins shojo trash. Mais merci de ta visite, je sais que je blog peu en ce moment mais tu es la bienvenue quand tu veux.
      Cordialement

      Dicky le Canard

  3. Pingback: Risa WATAYA, Install (traduit du japonais par Patrick Honoré) « Des bulles et des mots

  4. ca doit etre mon coté Trash qui prend le dessus 🙂 puis faut dire que j adore Ruy Murakami qui est encore bien plus trash et sordide.

    c est toujours un grand plaisir de visiter ton blog. j aime beaucoup les visuels. Puis pour le fait que tu blogues peu, j ai envie de dire : c est pas la quantité mais la qualité qui importe.

    • Le trash et/ou sordide de Murakami peut parfois être aussi son défaut. Raffles Hotel m’a un peu trop énervé et déçu pour m’y remettre tout de suite après j’ai adoré les bébés de la consigne et Parasite mais les quelques autres sont toujours un peu trop répétitifs. Là, j’ai commencé un roman à l’opposé de cette ambiance trash et de nuit underground tokyoïde, c’est La Brocante Nakano de Hiromi Kawakami, c’est reposant, poétique et prenant. Merci pour ces gentils compliments, si tu es une twitteuse, je suis un twitter à mes heures.
      Cordialement

      Dicky le Canard

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