Hôtel de Lausanne – Thierry Dancourt

Au rayon des nouveautés en romans français poche, une petite languette verte avec l’inscription prix du meilleur premier roman m’attire l’oeil. Une belle photo noire et blanc d’une femme dans un café et un titre énigmatique très français : Hôtel de Lausanne de Thierry Dancourt. Le roman est court, je crois en avoir entendu parler en bien, la quatrième de couverture est intéressante, allons y j’achète. J’aime les premiers romans, j’ai toujours aimé ça. Il y a l’essence même d’un auteur, un concentré d’idées fusionnantes depuis des années, macérées, une écriture parfois balbutiante ou maladroite, souvent un style en pleine construction, bref c’est souvent le livre que je vais essayer pour découvrir un auteur que je n’ai jamais lu.
Après un roman français de Fréderic Beigbder, le Paris de son incarcération rajeunit et fait un retour vers le futur dans un Paris perdu, un Paris des années 60, un Paris rive gauche, un Paris XVI°, un Paris rêvé pour les touristes étrangers, un Paris cinématographique, un Paris bourgeois. L’histoire est celle d’un homme et d’une femme, pas de chabadabada-chabadabada, une relation papier glacé, des sentiments cachés, des escapades amoureuses adultère, elle est jeune, mariée et anachronique, lui seul, voyageur et chineur. Pas une love story brulante, pas une tempête de sentiment, bien au contraire. Ce roman est celui d’une rencontre étrange dans un cimetière, d’une époque à une autre époque, de conversations détachées, de lieux conviviaux où l’on ne se sent pas à son aise et d’un amour cinq à sept le temps de week-ends rituels en province.

Je n’ai pas été conquis. Pendant toute la lecture, j’ai eu cette impression de lire du Modiano sans classe, un romancier trop bobo pour être honnête et des références pseudo-élitistes parfois trop pompeuses. Ça sent la nouvelle vague, les situations pensées, les conversations décalées et improbables et la photo trop posée, pour ne pas dire truquée, de Doisneau. Aucun personnage n’est attachant, à part vaguement le père de l’héroïne par sa difficulté à s’intéresser à son époque comme sa fille, l’action est quasi nulle, la scène la plus enjouée est une montée d’escalier à Casablanca, les discussions y sont laconiques et le fond ou la réflexion pas si intéressante que ça. Une grosse déception, des passages parfois très chiants, un décorum sobre comme une chanson de Vincent Delerm, je ne pense pas que j’irais me perdre dans son Jardin d’hiver tant cette première nuit dans cet hôtel de Lausanne a été inconfortable.

 

*Photo de Daniel Murtagh

Publicités

1 commentaire

Classé dans Bouquins, Canards & autres mots sur papier

Une réponse à “Hôtel de Lausanne – Thierry Dancourt

  1. Le canard rose

    Article préféré !!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s