Archives mensuelles : novembre 2010

Des phrases à l’hopital Act. II

Après-midi hopital. Dans l’ascenseur, deux visiteurs discutent, un homme et une femme, retranscription aproximative :

Homme – Et vous, vous êtes venu voir qui ?
Femme – Mon beau-père, on l’a emmené aux urgences hier, ça a été chaud… il a fallut l’opérer dans l’heure.
Homme – Pourquoi aussi rapidement ?
Femme – Parce qu’il allait perdre l’usage de ses doigts sinon
Homme – Comment ça ?
Femme – Il s’est coupé deux doigts avec une scie à bois. Il nous a dit qu’il avait pourtant fait encore plus attention que d’habitude.
Homme – Et ses doigts sont recollés ?
Femme – Ah oui, oui rien de très grave, c’était qu’un petit accident…
Homme – Quand même non ?
Femme – Non pour lui c’est rien de grave. (avec un air détaché) »

Je me souviens de mes cours d’analyse transactionnelle où notre prof nous rabâchait :  « votre carte du monde n’est pas la carte du monde ». Il avait vraiment raison je crois… anecdotes

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Des phrases à l’hopital

Depuis une semaine, je fréquente quotidiennement un hôpital dans le sud-est de la France pour visiter un proche.
J’ai, malheureusement, l’habitude de fréquenter les hostaux depuis très jeune et très souvent on y entend des phrases complètement dingues entre le personnel médical ou entre des visiteurs maladroits et un malade.

Petite conversation de couloirs entre deux infirmières cet après-midi :

Infirmière 1 – Monsieur XX, il nous a fait un beau sandwich au vomi cet après midi !
Infirmière 2 – Ca veut dire quoi un sandwich au vomi ?
Inf 1 – Qu’il a prit son morceau de pain, il l’a ouvert et il a vomit dedans et il l’a trempé dans son verre.
Inf 2 – Mais pourquoi il a fait ça ?
Inf 1 – Je sais pas mais ça l’a bien fait rigoler quand l’aide soignante la prit dans ses mains
Inf 2 – Faudrait peut être demander à le transférer au service gériatrie non ?
Inf 1 – Ouai je crois bien… »

Un voisin gentil vient visiter un hospitalisé présent pour une clavicule cassée et un problème respiratoire à cause de la chute. Le malade est très âgé, arrive à peine à parler à cause de ses problèmes de respiration et italien.
Le voisin – Oualala vous avez pas l’air bien monsieur XX.
M.XX – Pccchttt ! Oh chi… pschttt ! Cha fait mal… pschhht !
Le voisin – Pardon ? Vous avez dit quoi ? Vous avez l’air d’avoir très très mal
M.XX – Pssschhtt ! couché j’ai mal… pscccht ! moi sommeil… pscccht
Le voisin – Ah vous dormez mal c’est sur, votre machine là elle fait du bruit
M.XX – Pscccht ! non moi sommeil Pscccht ! Sommeil ! Pscccht
Le voisin – Vous avez raison le sommeil c’est important. Vous mangez bien ici ?
M.XX – Psccht ! … psccht ! …
Le voisin – La dernière fois que je suis venu c’était pour madame Machin, elle est morte quelques jours après être entré à l’hôpital
M.XX – Pschht ! … Pschtt ! …
Le voisin – Pourtant elle est venue pour pas grand chose comme vous et elle est jamais ressortie dis donc…
M.XX – Psccht! … Pssscht ! …
Le voisin – Bah vous êtes pas très bavard M.XX pour une fois. »

Suite peut-être dans un prochain épiosde. Mais je ne l’espère pas.

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Plaisir Coupable I.

On a tous en nous un petit plaisir coupable. Qui ‘a jamais préféré se taire face à une critique fondée et argumentée que de défendre l’indéfendable et d’avouer à la face du monde que oui j’aime cet objet de critique et de moquerie ? J’essaye parfois d’aller au feu mais je manque d’arguments et j’évite d’exposer mon attachement pour qu’elle ne soit pas prise pour de la passion. Certains diront que c’est un manque de courage flagrant, d’autres que c’est une fuite en avant, que si on ne veut pas le reconnaître c’est qu’on en a honte etc etc… et bien les deux ont raison !

Pour illustrer ce premier plaisir coupable, je vais parler d’un de mes plaisirs musicaux coupables qui est de loin celui dont j’ai le moins honte mais quand même un peu. Mon guity pleasure est : Asyl

Asyl est un groupe  de la Rochelle de punk-rock, dans le sens Punk français du terme. Ils sont apparut médiatiquement, malheureusement pour eux, en 2006 lors du baby-rocker boom et ont été assimilé à cette mouvance éphémère malgré un univers musicalement lointain.
J’ai découvert Asyl pendant les chantiers des Francofolies vers 2004, une époque où ils faisaient une musique plus proche de Placebo que de ce qu’ils font maintenant. Puis ils sont revenus avec cette rage punk bien connu dans le sud ouest et un premier album assez novateur : Petits Cauchemars Entre Amis. Dès la première écoute, j’ai aimé l’énergie, les paroles étranges, décalées, mélancoliques et désabusées. Je les ai croisé un peu partout sur les routes de France, dans des salons d’interviews dans différents festivals, dans des bars, des concerts intérieurs-extérieurs ici et là et je dois avouer qu’ils restent dans mon top des moments mémorables en concert. C’était le 28 avril 2006 au Club 22 à Bourges. Le concert n’était pas fantastique, très figé, un vrai manque de folie et d’énergie… Grosse déception jusqu’au moment où ils invitent Daniel Darc à les rejoindre pour Zeppelin. Le vieux junky punk assagi débarque avec sa gueule incroyable et ses tatouages hallucinants et commence un face à face hypnotique avec Mathieu, le chanteur. Les deux ne se quittent pas des yeux, se poussent, se touchent, se défroquent, s’enlèvent leurs ceintures… un moment d’une intensité hallucinante où on se demande si à tout moment ça ne va pas tourner à l’orgie bestiale sur scène… un très très grand moment.
Pendant cette période du premier album, Asyl a fait quelques premières parties d’Indochine et c’est là que j’ai commencé à avoir peur… pourvut qu’ils ne s’indochinent pas trop…
Période de break, les musicos désertent Asyl pour assurer en live les instruments derrière Daniel Darc. Ils redonnent un coup de boost à l’ex Taxi Girl et donnent des concerts dingues où Darc termine à genoux en sanglot à lire la bible…
Retour d’Asyl et là gros coup de flippe… ils font de l’Indochine ! Le premier single avec un clip est « Les Dieux sont les rois ». Tremblement, stupeur, ça craint mais encore une fois musicalement ils ont une intelligence qu’a très peu de groupe,  je pourrais encore l’écouter mais je voudrais pas que ca se sache. Faut bien reconnaître que Mathieu Lescop chante vraiment mal. Son écriture est étrange, désarticulée, son flow est sur le fil du ridicule mais n’empêche que malgré tous ces défauts, j’adore son style casse gueule de parolier kamikaze.
Quand je parle d’Asyl, on me parle des Dieux et des rois et j’ai honte… je ne défends pas le groupe alors que je pourrais dire que musicalement c’est de la super cam’, que la prod’ est léchée et intéressante et que j’ai depuis plus de 4ans sur mon ipod certaines chansons comme Goutes d’eau sur pierres brulantes… mais je ne le fais pas parce que je comprends qu’on puisse dire que le chant est un calvaire, qu’un groupe qui raconte que James Dean a téléphoné à Dieu où qui raconte la triste histoire de Bugs Bunny ne peut pas être prit au sérieux… je devrais pas me la fermer mais pourtant… Sur leur dernier album Brule, Brule, Brule j’adhère moins mais certaines chansons comme Comme un glaçon ou La Piscine restent de très bonne augure. Musicalement c’est moins rageur mais ca reste très bon.

Voilà j’ai un peu honte d’aimer ce groupe mais j’ai bien pire en stock… quelle sera la prochaine révélation honteuse ?
Écoutez Asyl quand même et peut être que comme moi vous ne le direz pas à tout le monde mais écouterez souvent en ressentant autant de choses

Asyl
Intérieur – Extérieur

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Hôtel de Lausanne – Thierry Dancourt

Au rayon des nouveautés en romans français poche, une petite languette verte avec l’inscription prix du meilleur premier roman m’attire l’oeil. Une belle photo noire et blanc d’une femme dans un café et un titre énigmatique très français : Hôtel de Lausanne de Thierry Dancourt. Le roman est court, je crois en avoir entendu parler en bien, la quatrième de couverture est intéressante, allons y j’achète. J’aime les premiers romans, j’ai toujours aimé ça. Il y a l’essence même d’un auteur, un concentré d’idées fusionnantes depuis des années, macérées, une écriture parfois balbutiante ou maladroite, souvent un style en pleine construction, bref c’est souvent le livre que je vais essayer pour découvrir un auteur que je n’ai jamais lu.
Après un roman français de Fréderic Beigbder, le Paris de son incarcération rajeunit et fait un retour vers le futur dans un Paris perdu, un Paris des années 60, un Paris rive gauche, un Paris XVI°, un Paris rêvé pour les touristes étrangers, un Paris cinématographique, un Paris bourgeois. L’histoire est celle d’un homme et d’une femme, pas de chabadabada-chabadabada, une relation papier glacé, des sentiments cachés, des escapades amoureuses adultère, elle est jeune, mariée et anachronique, lui seul, voyageur et chineur. Pas une love story brulante, pas une tempête de sentiment, bien au contraire. Ce roman est celui d’une rencontre étrange dans un cimetière, d’une époque à une autre époque, de conversations détachées, de lieux conviviaux où l’on ne se sent pas à son aise et d’un amour cinq à sept le temps de week-ends rituels en province.

Je n’ai pas été conquis. Pendant toute la lecture, j’ai eu cette impression de lire du Modiano sans classe, un romancier trop bobo pour être honnête et des références pseudo-élitistes parfois trop pompeuses. Ça sent la nouvelle vague, les situations pensées, les conversations décalées et improbables et la photo trop posée, pour ne pas dire truquée, de Doisneau. Aucun personnage n’est attachant, à part vaguement le père de l’héroïne par sa difficulté à s’intéresser à son époque comme sa fille, l’action est quasi nulle, la scène la plus enjouée est une montée d’escalier à Casablanca, les discussions y sont laconiques et le fond ou la réflexion pas si intéressante que ça. Une grosse déception, des passages parfois très chiants, un décorum sobre comme une chanson de Vincent Delerm, je ne pense pas que j’irais me perdre dans son Jardin d’hiver tant cette première nuit dans cet hôtel de Lausanne a été inconfortable.

 

*Photo de Daniel Murtagh

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Syd Matters @ le Bataclan

Ça peut paraitre étrange mais je ne suis pas très branché musique depuis quelques temps. Je continue d’écouter les nouveautés mais je suis pas autant excité qu’habituellement… la fatigue, le manque de temps, le changement de rythme n’aidant pas forcément, je suis moins au taquet mais toujours connecté. Un peu à l’ouest donc le canard, à tel point que j’étais à deux doigts de rater le concert de Syd Matters au Bataclan, réservé il y a des mois et des mois. Fort heureusement, la veille à minuit, je me suis rendu compte de mon oubli et ai donc démembré mon emploi du temps du lendemain pour me rendre à cette sortie. Je n’avais bien sûr pas retiré la place, ça aurait pu m’aider, une journée de dingue m’attendait au boulot, bref le scénario cauchemar d’une omission qui tourne mal.
Petit tour de passe-passe et gros coups de speed au programme, détour dernière minute à la Fnac et Syd Matters me voilà.
J’ai découvert Syd Matters lors de la sortie de leur second album. Bien que première révélation du concours CQFD des inrocks, le groupe n’était qu’un nom de groupe à la mode mais pas plus. Une attachée de presse sous-traitant pour V2 m’avait invité a un showcase à la Fnac des halles. Mini concert horrible, une balance mauvaise, un groupe sans aucune dimension sur scène, des gars qui tirent la gueule… bref pas le coup de foudre, bien au contraire. Le même soir, la même fille m’invite à une petite sauterie. Soirée dans un appartement haussmannien spacieux, discussions banales avec des inconnus dans la cuisine dont certains membres de Syd Matters. Entre deux bières et des petits canapés, le guitariste, je crois, devant moi et conscient du fait qu’elle était accompagnée, drague la cannette avec qui je sortais. C’est toujours agréable, j’ai eu par, conséquent, du mal à m’encadrer le type avec cette impression qu’il appartenait à une bande de mecs pas super sympas… pas du tout mais du tout le coup de cœur pour le groupe !
Les années passent, le temps change. En 2008, je me rends au printemps de bourges pour filmer le festival pour un média. Pour des obligations professionnelles, je me retrouve au 22 à l’avance pour poser le matériel, brancher le son et avoir de la place à l’endroit imposé pour le plan d’ensemble de la scène sans avoir quinze caméras collées à moi. Présent pour filmer les Hushpuppies dans la salle Est, puis Adam Green dans le ouest, je reste à proximité du matériel et doit me farcir les groupes précédents. Première partie assurée par Syd Matters, je sais que je ne vais pas aimer ce moment et pourtant… une claque magistrale ! J’ai fondu littéralement pour leurs mélodies, la voix du chanteur, l’ambiance radioheadienne de leurs chansons, ce mélange subtil entre électro et folk et ce mood intimiste mit en place sur scène. Coup de cœur pour le groupe, comme quoi il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Une fois sur Paris, j’achète Ghost Days et écoute l’album en boucle pendant des mois. Par le groupe, des recherches autour, je découvre H-Burns, leur habituelle première partie et quelques autres groupes qui les entourent, à chaque fois que du bon.

Depuis début 2010, je scrute, je cherche, je veille à la sortie du nouvel album à en acheter le EP avant l’été pour avoir une B.O. pour mon été. Brotherocean sort le 30 aout, un opus toujours aussi touchant, à la précision harmonique d’orfèvre, aux chansons parfois plus légères, plus aériennes (antinomique pour un album autour de l’eau) mais toujours aussi encré dans une ambiance confinée. Je l’écoute beaucoup et avant même sa sortie, j’avais acheté deux places pour le Bataclan.

La première partie est assurée par Alice Lewis, une chanteuse excentrique à la pop-electro très agréable. Canard Rose l’a comparée comme « Emilie Simon qui chanterait juste« . Bien vu, elle est entre Emilie Simon et Sarah Slean pour moi, on est bien d’accord ceci n’engage que moi. Univers très imagé, Alice Lewis est une femme orchestre très sympathique, très gauche, parlant dans un franglish très amusant et dans l’air du temps. Des chansons très courtes, une multitude d’instruments différents pour orchestrer le tout. Un univers personnel entre fantaisie pop et friperie sonore vintage, une artiste qui mérite que l’on s’intéresse à elle et qui, par son live, donne envie d’écouter No One Knows We’re Here, son premier album paru chez Naïve. Une artiste qui plaira aux fans de Goldfrapp, Au revoir Simone et autres divas de l’electro-pop. Une découverte plaisante pour un concert qui commence bien.
La salle est assez calme, posée, les fauteuils sont pleins, personne n’est excité, il n’y a pas de bousculade dans la fausse, tout va bien, le concert peut commencer.
Lumière tamisée, quelques notes de City Talks et nous voilà accueillit comme il se doit chez Syd Matters. La voix de Jonathan Morali est comme sur album : mélodieuse et présente. La balance est calibrée, tous les instruments ont une fonction précise, les sonorités se chevauchent pour mieux former un tout uniforme et énivrant. Direction les limbes océaniques pour rejoindre les marins perdus et autres fantômes du passé avec  Wolfmother, le single « ta-tata-tatata » Hi Life ou encore Halalcsillag. La marée basse permet à d’anciens titres de reprendre vie quelque instants comme My lover’s on the pier ou l’incroyable Me & My Horses, une véritable corde tendue, une tension d’un bout à l’autre, magistrale ! En rappel, le groupe nous offrira une reprise de Space Oddity de David Bowie très réussie alors que l’exercice Bowie est dieu sait très casse gueule. Certains moments sont intenses, d’autres très doux, on navigue à vue, on surf d’un sentiment à l’autre, on est branlé par le roulis et le tangage mais on espère que la traversée ne s’arrêtera pas. Après To All of You, Syd Matters quitte le navire et repart dans le fond des mers après nous avoir ramené au port de départ.

Un voyage  gracieux et enivrant, un monde, un trésor, un secret qui prend vie par le live, Syd Matters confirme ce sentiment d’un moment hypnotique où la musique fait chavirer, prendre le large et emporte avec elle pour ne pas jamais complètement rendre à la terre, garder en soi un quelque chose de différent, d’onirique mais fragile.
Un très beau et bon moment. J’ai passé une partie du concert avec les yeux fermés (chose que je ne fais jamais) pour m’imprégner encore plus de ces nappes étourdissantes et magiques. Un moment, un voyage, un concert, des souvenirs…

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