Du Carton Jaune aux Années Douces…

Le mois de septembre a été un mois assez compliqué pour moi. Reprise du travail, un déménagement à gérer et une grosse fatigue en perspective. Après avoir lu 31 songs de Nick Hornby et avorté Crépuscule Nuit de Lolitta Pille pour raison d’incompatibilité d’humeur et d’incompréhension de l’histoire, du mécanisme d’idées bordéliques, de ce futur anticipé pas très inspiré et surtout à cause d’ennui profond aux symptômes méningites, j’ai changé de roman pour Carton Jaune de Nick Hornby. Je me répète comme tout futur canard trentenaire qui se respecte, mais j’ai cette envie de lire toute la bibliothèque de mon nouvel auteur anglais favori. Carton Jaune est son premier roman, un livre autour de la passion dévorante d’un homme pour le football et les conséquences dans sa vie. Son amour pour le ballon rond temporise et le pousse à prendre des choix de vie drastiques, des décisions parfois lourdes pour garder intact une folie débordante autour d’un club : les Gunners d’Arsenal.
J’avais très peur car je ne suis pas du tout, mais pas du tout, un fan de football mis à part pour me faire quelques parties de Fifa sur console. Du football au programme et l’histoire d’une passion dévorante et ayant des répercussions sur sa vie. Le principe est marrant, Hornby écrit très bien mais les comptes rendu de matchs, les exploits des joueurs sont assez barbants. Le livre m’a semblé être une longue saison au stade pour voir l’équipe d’un de ses enfants alors qu’on ne supporte pas ce sport. Quand, comme moi, on ne connaît rien du monde du football, il y a des histoires intéressantes comme les débordements des hooligans ou les accidents tragiques dans les stades que j’ignorais totalement, Furiani était pour moi le seul incident de stade dans le monde, mais le plus croustillant est ces petites choses nostalgiques qui font de grandes histoires. Un livre sur la passion et l’entêtement, intéressant mais difficile quand on n’est pas un footeux même du dimanche.
Qui dit changement d’appartement, dit aussi changement de station de métro. Villejuif Léo Lagrange était vraiment la station de cité dortoir malgré son décorum hideux record sportif toute catégorie. Pas de journaux gratuits, pas de magasines offerts à l’entrée ni à la sortie, Ma nouvelle station est tout le contraire, un métro toutes les trois minutes et tous les gratuits de la création parisiennes à portée de main.
Matin mal au crâne, je n’arrive pas à lire Carton jaune, je somnole devant Metro et son vert bouteille. Des chiliens sortent d’une mine après des mois enfermés, la France est en grève, la France n’est pas contente pour ses retraites, les politiques font des effets de comm’ et au milieu de tout ça un peu de culture avec la parution d’une nouvelle bande dessinée nommée Les Années douces de Jiro Taniguchi.
Je commence à m’intéresser à la BD que depuis cet été, pas que je n’aime pas ça mais je n’y connais absolument rien sortie des bandes dessinées classiques franco-belges que tout le monde a chez ses parents. Là, vous vous dites mais je lis le blog d’un canard inculte, il ne connait rien au foot, rien à la BD, mais putain il sait quoi à la fin ?
Cette BD japonaise, non définit comme un manga pour des raisons que j’ignore, était tiré d’un roman japonais et le synopsis m’a donné l’eau à la bouche. Pourquoi ne pas lire le roman avant ? Est-il édité et traduit en français ? On verra bien.
Après recherche, le roman est en poche et en français. J’ai envie de le commander mais je prends le pari d’aller à la FNAC pour le trouver directement. Il est temps de se ravitailler en livres et achètes trois romans dont Les Années Douces de Hiromi Kawakami. Carton jaune terminé, le rouge du soleil japonais prend le relai et la magie voit le jour en moi.
Les années douces porte bien son nom, il raconte des rencontres à l’improviste entre une jeune trentenaire et son ancien professeur de japonais classique, septuagénaire aujourd’hui, qui était son « maitre » lorsqu’elle était au lycée. Tsukiko est à part, réfléchit, pensive, encore célibataire malgré son âge dans un Japon où il y a aussi un temps pour tout, rêveuse, nostalgique et surtout différente. Leurs conversations, leur différence d’âge, leur soirée saké dans un bar restaurant typique, les réflexions de Tsukiko sur la nature qui l’entoure, sur elle, sur le maître est un délice qui se distille avec poésie, douceur et un style splendide. L’écriture de Hiromi Kawakami est simple, directe, précise, elle permet une fluidité à une action très statique, fonctionnant sur des silences, des regards, des non-dits. Un Tokyo calme, loin du brouah, une ville humaine où les promenades hasardeuses mènent à des rencontres humaines et fortes.
Une fois commencé, j’ai eu du mal à m’en défaire. Ne lisant que dans les transports en commun, j’attendais patiemment d’aller ou rentrer du travail pour une nouvelle bouffée de douceur, de zenitude (je sais c’est facile) et un grand bol d’ailleurs. Le seul grand problème à ce recueil de rendez-vous est qu’une, on a envie d’être avec eux et deux, partir au Japon devient une nécessité, une envie incroyable, un ordre naturel et inévitable. Je lis pas mal de littérature japonaise, souvent des mêmes auteurs, et je dois avouer que Les années douces m’a donné envie de continuer à découvrir une culture incroyable et un pays qui me fait rêver par ses romans et sa littérature. Un bijou romantique, tout en retenu et réflexion, à lire sans urgence et sans penser à l’heure qu’il est pour un voyage sans mouvement.

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1 commentaire

Classé dans Bouquins, Canards & autres mots sur papier

Une réponse à “Du Carton Jaune aux Années Douces…

  1. helene

    J’ai découvert Tanigushi depuis peu mais je te conseille « Quartiers Lointains » en deux tomes une belle histoire qui mélange poésie et fantastique .J’aime beaucoup la littérature japonaise et effectivement « Les années douces » de Kawakami est une petite merveille !

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