Pêche à la carpe sous Valium – Graham Parker

En début d’été, j’étais tout nu d’un point de vue littéraire et je suis allé donc chez mon dealer de livres, la bien célèbre Fnac de Montparnasse. Je pourrais allé dans une librairie indépendante jolie mais la dernière fois que j’ai voulu le faire, elle avait fermé définitivement et je me suis retrouvé sans rien à lire. Il faut savoir qu’aller à la Fnac pour acheter des bouquins, c’est un peu Noël avant l’heure pour moi. Je ne les achète que par trois pour savoir être raisonnable.
C’est l’été, je ne veux rien de trop compliqué, rien de trop long, rien de trop lourd, je veux du poche, de la vie et de la légèreté. Pour assouvir ces besoins vitaux, j’ai acheté les trois romans suivants :

Carton Jaune de Nick Hornby
Pêche à la carpe sous valium de Graham Parker
Crépuscule Ville de Lolita Pille

Drôle de choix, assez éclectique mais il y a une raison à celui-ci. La première est que je veux lire tout Nick Hornby donc je commence par le premier. Le second est que le titre m’a interpellé et sa pochette horrible aussi, Graham Parker est un songwritter cold-wave ultra-respecté et Eric Naulleau en a parlé avec tellement de passion dans une interview (il a écrit un live sur Parker) que j’ai eu envie de lire ce musicien hors-paire. Le troisième choix est plus étrange car je crache sur Hell, que j’ai trouvé surfait et trop inspiré par Bret Easton Ellis mais en version supermarché discount, mais ce roman de SF m’intriguait et pour bien le critiquer je préfère l’avoir lu. Littérature masochiste quand tu nous tiens.

Je pars donc en vacances avec Pêche à la carpe sous valium de Graham Parker dans mon sac tout l’été et je dois avouer qu’il est assez jouissif et répondait à tous les critères recherchés à la base pour un livre estival.
Brian Porker est un gamin ornitophile vivant dans une bourgade anglaise. Après un été de découverte naturelle, on suit la vie de Brian à travers différentes époques, de son boulot dans une sidérurgie où il a des rhumes à répétition et énervants pour son entourage, puis sa carrière de rockeur défoncé, suivit d’une vie de songwritter ayant des problèmes d’eau dans sa maison puis son voyage fou au Maroc pour un enregistrement et ainsi de suite.
Tout est écrit avec justesse et finesse. Brian joue l’alter ego parfait de Parker et l’histoire n’est jamais incroyable mais elle est, quoi qu’il arrive, captivante. Il y a une critique sociale, une aussi du monde du rock et de sa défonce, de ses faux-semblants, etc, sans tomber dans le cliché non plus. Les histoires s’enchaînent comme des nouvelles désarticulées mais le seul dénominateur commun est Brian qui voit ses revenus faire du yoyo, vivre une fois en Angleterre, une fois aux States, retourner sur les lieux de son enfance, tenter d’avoir une vie posée et clean après la folie du showbiz et du rock’n’roll.
J’ai été traîné par ce personnage et sa vie pendant une partie de mes vacances et je dois avouer que Brian m’a séduit et, à travers lui, Graham Parker aussi. Je ne connais Parker que de nom car il est de notoriété musicale, qu’il est un des plus grand songwritter jamais vu dans la pop rock et plusieurs de ses albums sont toujours dans le top 100 des meilleurs albums de l’histoire du rock. Il est une légende mais pas du grand public, peut être pour ça qu’il tue Mick Jagger dans son roman en utilisant cette célèbre expression anglaise « hit by a bus » au sens littérale du terme et fait passer à son personnage un casting et des nuits de discussion et de sky avec Keith Richards.
Il y a des passages très cinématographiques comme cette séquence où il rencontre un médecin expérimentant une pillulle annulant les effets néfastes de la drogue grâce à un procedé permettant de revenir à la période avant incubation de la drogue, du pur génie.
Un roman nostalgique, attachant, fun, divertissant, intriguant, jubilatoire, rebondissant, bref un moment très agréable et un petit pincement au coeur quand il a fallut dire au revoir à Brian. Quelques pics bien lancés contre d’autres groupes comme Duran Duran et Aersomith par exemple, beaucoup d’humour et d’attachement à ce personnage. Un roman pour les amoureux du rock’n’roll et ceux qui aiment les personnages hors normes vivant une vie exhaltante.

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2 Commentaires

Classé dans Bouquins, Canards & autres mots sur papier

2 réponses à “Pêche à la carpe sous Valium – Graham Parker

  1. Votre site est un petit bonheur que je découvre avec gourmandise. Je cours acheter les livres qui ont fait l’objet de votre dernier article.
    Merci pour votre humour et votre créativité.
    Coin coin
    Ayden

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