Rock en Seine Jour#1

Première journée à Rock en Seine, le festival où il faut être beau et looké pour être intégré visuellement à l’ensemble. Premier constat sur la route du festival, il fait un temps de merde, des pluies fines mais abondantes sont là, faut pas que ça continue sinon il va se reproduire le même scénario que lors de la seconde édition du festival, une marre de boue un peu partout. Merci Evelyne Dheliat pour ces impressions atmosphériques si importante à cette review. Donc il pleut, le ciel est gris donnant une impression de nuit en milieu de journée mais tout ça n’empêche en rien les rock-en-seinois de porter des lunettes de soleil type wayfarer (blanches c’est encore plus fashion) ou aviator, on voit peut-être rien mais au moins on a de la gueule… ouai… bon, passe. Arrivée sur les alentours du site, c’est toujours la même chose, on est attaqué de partout à coup de badges, goodies et flyers pour diverses sorties ou d’artistes faisant de la promo-paper. Un kilo douze de papier en plus dans les poches, les mains et le sac plus tard, on arrive à la barrière de sécurité et tout s’enchaîne à une vitesse incroyable. Poinçonnage du ticket, fouille pour chercher uniquement des canettes ou bouteilles, remise du bracelet en tissu bleu et zouh, on est sur le site en moins de 5 minutes. Organisation au top, on est très loin de la trentaine de minutes habituelles de Solidays, son cousin des beaux quartiers. Il y a déjà des spectateurs passablement bourrés et les show-men classiques qui se font remarquer par leurs tenues excentriques ou autres numéros de cirque improvisés histoire d’appâter la donzelle ou simplement l’attention des autres.

Ricrac baraque sur le timing, la narration passe du on au je car Je décide moi-même de ma programmation, après tout chacun fait ce qu’il veut et c’est ma review, vous n’allez pas commencé à me courir sur le haricot. Premier concert que je voulais voir par rapport à mon emploi du temps : Beast.
J’en ai déjà parlé précédemment ICI mais pour ceux qui ont raté le début, comme dirait télé 7 jours, Beast est un groupe canadien de Trip-hop rock mâtiné d’ambiances Indus et Electro. J’ai découvert le groupe par le site de Rock en Seine quand je faisais ma pré-prog il y a quelques mois et ça a été un coup de cœur immédiat. Beast joue après Kele, lead-singer de Bloc Party,   sur la petite scène de l’industrie. Le groupe est composé en live de quatre membres : Betty Bonifassi
au chant, Jean-Phi Goncalves à la batterie et au beat, Serge Pelletier à la guitare et Jonathan Dauphinais qui joue de la basse et synthé sur le même corps de l’instrument, la classe. Les mecs sont tous en costume cravate, une tenue propre et efficace. Musicalement tout est très proche de l’album, il y a une bonne énergie, tout est très carré, les changements d’ambiance fonctionnent sans problème mais il y a quelque chose qui cloche… Betty Bonifassi n’a pas l’air dedans. Elle est fringuée genre je-sors-de-chez-Leclerc-je-savais-pas-que-v’niez, pas maquillée, pas coiffée, se promène les mains dans les poches sur scène, elle ne donne pas du tout l’impression d’être dans le mood ambiant de la musique et semble prêté sa voix mais n’en avoir rien à faire du coté charismatique du chanteur en front alors que l’intensité du leader est primordial pendant les parties musicales. Je ne m’attend pas à trouver une succube sexy en cuir noir et hyper looké se frotter langoureusement contre le pied de micro pour donner l’impression qu’elle est en transe mais là, pour le coup, le charisme scénique repassera. Mr.Hurricane avec les chœurs des musiciens est galvanisant, le rendu musical n’est pas à remettre en cause un seul instant et bien heureusement à la batterie, Jean-Phi Goncalves donne l’impression de s’éclater complètement à jouer et donne une énergie et un sourire communicatif. Beaucoup de moments de cohésion et de complicité entre lui et son bassiste sont agréables à voir, ils tentent des breaks compliqués qu’ils sont très contents de faire tourner aussi bien et rigolent de soulagement une fois terminée. Le concert se termine par un solo de batterie post-indus virulent et pas chiant, tour de force réussit. Il est déjà temps de partir car les Kooks attendent. ..
Beast sera en tournée en France à partir d’octobre, un melting-pot musical vraiment intéressant et qui doit être encore plus appréciable dans une salle sombre.

Ayant déjà vu les Kooks deux fois et n’ayant pas aimé leur pop-rock sous Ferdinand à deux reprises, je fais un tour dans les allées du festival en attendant Cypress Hill. Il bruine, la Bretagne s’invite à Paris… Evelyne, on a dit qu’on rendait l’antenne maintenant !

C’est sous ce temps brestois que débarque Cypress Hill. Petite appréhension vis à vis des californiens, après les avoir vu trois fois en festival ces dix dernières années, je n’ai qu’un souvenir mitigé de leurs performances, à part sous la pyramide de Werchter de nuit où le concert avait été totalement loco !
B-Real
et son crew arrive et Get’em Up fait sauter la foule dans tous les sens. Grosse ambiance donc ils mettent la seconde directr avec des titres à faire jumper une foule de rockers mouillés avec When the shit goes down, Kill a Man, Real Estate… pour calmer un peu les esprits et ramener un peu de soleil latino, Cypress joue la carte de titres plus hispaniques comme Latin Thugs ou Armada Latina, sans Pitbull et les autres, mais avec un solo de bangos pas très gangsta mais agréable de DJ Muggs. Tout est huilé comme sur une bagnole lowrider de la west coast et il est temps de remettre un coup de boost et quoi de mieux que Insane in the Brain pour ça ? Toujours visuellement intelligent, le duo B-Real et son acolyte Sen Dog allument deux gros splifs de weed devant les caméras pour un Weed Medley et Dr. Greenthumb. Des versions live puissantes et sur-vitaminés qui donne la pêche, un duo vocal hip-hop démarrant au quart de tour. Un concert sous tension énergique qui se termine par l’énorme Rock Superstar, Cypress Hill s’éclate à Paris pour l’anniversaire de Dj Muggs et sait le faire partager au public.

Black Rebel Motorcycle Club, j’ai déjà vu les rockeurs il n’y a pas si longtemps et il se fait faim alors je vais mangé un bout avec le Canard Altermativ’ et des amis d’Outre-Rhin.

– Mmmh il est bon cet américain !
– Ah oui ?
– Bien sur que non, on est dans un festival.

Voilà le genre de conversation que l’on peut entendre à droite à gauche. Petite pause pendant que ça envoi du bois sévère du coté du club des motards rebels noirs comme ils doivent s’appeler au Québec. Il est bientôt 22h, l’heure de Blink 182. Je me lève, jette mes détritus dans les poubelles différentes pour recyclage (pas toujours simple de savoir laquelle et la bonne) et je prend le chemin vers la grande scène, la route vers la fin des années 90. Ca sent le déo brut vert et le mauvais parfum de supermarché, oh non ! Pas ça ! On est repartit en 99′ ! Tu fais quoi ce week end, on va se voir American Pie au ciné ? Ca sent les premières années MTV France, les clips en boucle à longueur de journée, la skate attitude, les Z-Boys 2.0, le néo-punk, la peur du bug de l’an 2000, Napster, le bac… Woaw ! Retour vers le futur grâce à Blink 182.

Blink 182, à dire Blink cent quatre-vingt deux, est l’évènement de la soirée, le come-back des fers de lance d’un mouvement qui a disparut : le nu-punk. C’est incroyable de voir le nombre d’ado et d’adulescent comme moi qui sont présents pour les retrouvailles avec les californiens. Grand rideau noir pour cacher la scène, il tombe et c’est la folie ! Feeling This pour débuter et le public scande tous ensemble : « Your smile fades in the summer ».Waow trop bien j’aurais dit il y a dix ans. C’est marrant de voir un come-back d’un groupe qui semble s’être séparé il n’y a pas si longtemps et en faire un tel patatouin. Fort de cette entrée en matière, Blink veut conquérir son public avec What’s my age again ? » Très bonne question ! Travis Baker, batteur de génie surement le meilleur de sa génération, est en hauteur à pilonner sa batterie avec une énergie folle. Il est torse nu et montre son torse n’ayant plus un centimètre de peau de libre tellement il est tatoué de partout. Il porte bien sur une casquette Famous, sa marque de fringue, pas folle la bête ! Les deux zigotos de devant, les non-frères ennemis ont un peu grossis par rapport à l’époque, ont un peu vieillit aussi et ont pris quelques cours de chant parce que c’est juste et ils ont plus de puissance qu’au temps de leurs premiers succès. Ils jouent Rock Show, Miss You et ils se souviennent qu’en France on aime bien les solos de batterie donc Travis tabasse les futs pour notre plus grand plaisir. Je me rend compte qu’à ce moment précis du concert, seulement 15 minutes sont passées et qu’il reste encore une heure à les voir et plus qu’un ou deux singles que je connais. Malheureusement l’heure qui suit n’est qu’un enchaînement de titres ne se ressemblant que trop, des inédits du prochain album à venir, des ballades mielleuses pour adolescentes en mal d’amour et là, très malheureusement, des blagues. Ils sont drôles Mark et Tom, ils font le show, ils disent des bêtises oh oh. Ils sont contents parce qu’à 40 ans ils se vantent d’être allé au musée aujourd’hui ! Woé ! Ils ont vu « Le Loub ». Après ils sont taquins, Tom dit que Mark est gay, oh oh oh, ils disent des phrases en français qui ne veulent rien dire ou des onomatopées comiques… rmmmh ! C’est sympa hein mais bon ça fait pas un spectacle à la hauteur attendue. Le fond de scène avec lumières et caméras est assez impressionnant mais l’attraction principale reste toujours Travis Baker. Il est une machine de guerre, une machine à tuer, un agent secret à crète au service de sa majesté alors que les deux types devant là, eux là, c’est plus la police municipale de St Tropez, des mecs rigolos, l’air sympas mais moins bosseurs. Blink 182 ressemble a un pantin désarticulé, musicalement la différence de niveau est flagrante et rend la teneur musicale un peu plus branlante, des riffs basiques surplombés par des rythmiques syncopées et structurées ne font pas bons ménages.
All the small things, c’est la folie, wow, un autre titre, un rappel ? Bien sur, on retend le rideau… une surprise ?
Travis Baker est seul sur scène derrière sa batterie, il est arnaché à son fauteuil et débute un solo accompagné d’un beat electro. Il tape, il tape et tout à coup la plateforme bouge et part dans tous les sens sans qu’il ne sourcil et termine par un looping, normal ! L’attraction grand huit luna park est un vrai succès et le parc de St Cloud s’illumine par les centaines de téléphones portables filmant la performance. N’ayant jamais vu Joey Jordison de Slipknot volé dans les airs derrière les futs, j’ai été très étonné et époustouflé par le manège mécanique de Travis Baker.

C’est sympa de retourner dix ans en arrière, de se revoir avec des vans aux pieds mais c’est un peu triste de voir des gars de presque quarante piges joués les ados qu’ils ne sont plus pour faire un ultime coup de fric avant de tomber dans l’oubli et disparaître dans les limbes de l’histoire de la musique et n’être que le buzz d’un moment. Sympa mais inutile et pas mémorable comme tête d’affiche.

Il est l’heure de rentrer. Demain les Queens of the Stone Age m’attendent. Bonne nuit !

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