The Killer inside me, please kill me !

Je fais rarement des critiques de films parce que je ne suis pas super à l’aise dans cet exercice mais je pense que je vais faire une exception pour The Killer Inside Me de Michael Winterbottom.
Le synopsis de base est simple et tient sur un bout de nappe ou une serviette Mc Donald : Lou est un shérif tourmenté qui vit dans un bled du Texas dans les années 50. Il est envoyé en mission pour virer une prostituée mais celle-ci va se révéler être irrésistible. A son contact, Lou va réveiller en lui des pulsions et fantasmes très profonds, très sombres. Ce petit flic très propre sur lui et de bonne famille devient un tueur de sang froid sans regret qui va essayé de se dépatouiller du meurtre de sa succube et son amant alors que tout le monde et tout l’accuse.
Oulala ! La bande annonce est géniale, le montage très bien ficellé, l’ambiance musicale au poil, bref ça donne très envie de voir le film, la preuve je me suis fais avoir. Mon premier conseil sera donc : Restez sur cette bande annonce et n’allez pas voir le film. A partit du moment où vous savez déjà plus ou moins le pitch principal vous savez malheureusement tout.
The killer inside me est une coquille d’oeuf vide, une histoire qui veut approfondir la psychologie d’un personnage complexe et comprendre si il y a une raison ou non à ses pulsions assassines sauf que tout reste en surface, on a le droit à de la pseudo explication de l’enfance vaseuse et de comptoir. Aucun personnage n’a une valeur ajoutée ou un trait de caractère spécifique, ils sont en surface à prendre des poses pour se donner de la contenance. Casey Affleck est affligeant de linéarité, en même temps son personnage, le principal, est trop basique, trop prévoyant et pousse à un énervement rapide, là où il devrait fasciné ou impressionné. Jessica Alba est une fille de joie rebelle sado maso et stupide, Kate Hudson la fiancée trompée qui a peur de son mec et Simon Baker, le blond du Mentalist, un super flic qui ne fait rien quant il est à l’écran, c’est l’action-man pendant les ellipses.

Michael Winterbottom ou comment j’ai eu l’idée du film

Pendant un ennui profond, soit quasi toute la projection, j’ai compris en fait le but du film. Michael Winterbottom (24 Hour Party People, Tournage dans un jardin anglais) réalisable sympathique habituellement, a trouvé un super stratègemme pour gagner de l’argent en réalisant ses fantasmes.
Qui peut se venter de filmer encore et encore Jessica Alba, bombe sexuelle si il en est, en petite tenue dans un lit qui fixe l’objectif langoureuseuement pendant des heures et des heures ? Qui peut se venter faire des scènes culotte baissée pour des fessées avec une ceinture crocodile Dundee ? Il est fort ce Michael !
Je l’imagine bien entrain dans son salon entrain de voir un épisode de Dark Angel, de se dire : « Oh Pitain ! C’est qui cette petiteuh là ? Oulalalla mazette ! Elle est charmante en tout cas.. pfff charmante ! Il faut que je choppe son 06″ (il faut savoir que Winterbottom dans ma tête à l’accent marseillais et est habillé comme chez Pagnol).
De ce fantasme pour la copine de flipper le dauphin, il continue son zapping et voit par hasard un épisode de Dexter. Il trouve l’idée super bien. Un serial killer flic qui tue les serial killers parce qu’il aime ça et qui ne ressent rien et n’a aucune culpabilité à le faire… du génie !
Après deux ricards et quelques cacahouètes, Michou (petit surnom de Winterbottom dans son entourage) zappe et tombe sur Mad Men. Années 50/60, super décors, super fringues, des vieilles voitures, un personnage principal très classe, très réverencieux, une gueule du mec bien qui s’avère être un beau salaud avec les femmes…. Michou est tout fou après le générique du fin. Et si il mixait cette soirée chips pour en faire un film ?

Il a toujours aimé le masochisme mais voyait pas trop comment en parler dans un film, ça fait peur au producteur… mais si il arrivait à sa présentation du film à Mars Production en expliquant qu’il voudrait que Max de Dark Angel soit une pute qui dérange dans un village du Texas, le Redneck ca fait classe et ambiance comme No Country for Old man des frères Cohen, et qu’on lui envoi un flic beau gosse insoupçonnable comme Don Drapper de Mad Men sauf qu’il a la folie et le badge police de Dexter Morgane, c’est un youpi collectif de Mars Prod !
La solution mathématique pour des producteurs peu scrupuleux donne :
Films à oscars + séries à succès + Jessica Alba qui sourit à la caméra pendant des heures = un gros carton !
On peut raccrocher cette histoire à un roman de gare de Jim Thompson comme ça se sera encore plus simple pour les noms, les trucs, les bidules et ça donne déjà un nom accrocheur : The Killer inside me. Chouette comme titre, ça fera jolie sur une affiche.
Les producteurs disent banco et vont tous se taper une bouillabaisse pour fêter ça !
Le lendemain, Michou a mal au crane, ça sent le pastis partout chez lui, il doit se cloitrer un peu pour trouver une ambiance glauque. Il se pose dans son canapé, regarde le spectacle de Patrick Bosso (il est très fan) et met Twin Peaks en DVD. Oula ! Nouvelle idée ! Et si, sans partir dans le fantastique, il essayait lui aussi de mettre des personnages décalés et bizarres comme un syndicaliste copiecat de DeNiro ou un homme d’influence qui parle très fort pour aucune raison ou un ouvrier alcoolique mystérieux. Woaw ! Génial !

Tout tourne en rond pendant deux plombes. Une action qui stagne et retourne toujours et encore sur ses pas, une débauche de décors d’époque et un twist final minable. Même si le film avait été un minimum digérable, le twist fouterait tout par terre à tel point c’est de mauvais gout.
Comme quoi le maxi best of de tout ce qui fonctionne ne fait pas forcemment un bon film.

Idée pour Michou la prochaine fois, essayer de mélanger Big Love, True Blood et Entourage. Des Vampires mormont rêvant de devenir célèbres à Hollywood. Ou mixer Avatar, Gossip Girl et The Mentalist… trop compliqué.
Tout ça pour dire, je suis sur qu’il y a de meilleurs films à l’affiche et comme dirait un célèbre agent français dans la Cité de la Peur : « je n’écrirais rien sur ce film, c’est une merde » !

Publicités

2 Commentaires

Classé dans Films ou Flims au choix...

2 réponses à “The Killer inside me, please kill me !

  1. Effectivement ta critique est moins gentille que la mienne. Mais bon, les goûts et les couleurs… =)

    Par contre j’adore ton blog, je le trouve vraiment chouette, et je suis ravie de le découvrir grâce à une visite sur le mien !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s