Archives mensuelles : août 2010

Rock en Seine – Jour#3

Après eels, un rédacteur en chef d’un grand webzine à venir me conseille vivement de me rendre au concert de Wayne Beckford. Lui faisait une confiance sans nom, je vais voir cet artiste inconnu au bataillon. Pas si inconnu que ça quand je le vois car j’ai regardé la veille au matin un clip pailleté avec l’intéressé dedans qui dansait sur un mélange de soul r’n’b plutôt pas mal et peut être aussi il y a quelques semaines à Taratata pour une reprise Billie Jean. Les premiers instants je crois que c’est Thomas Ngijol qui fait le con, mais non c’est bien le même Wayne Beckford que celui qui  est un songwritter de tubes pour les Black Eyed Peas ou Outkast. C’est funk, soul, pop, rock, un mélange intelligent de tous les styles mais ça fait très variété pour grandes surfaces. Il y a de la joie, de la bonne humeur à revendre, une belle énergie, il danse bien mais comme tous les concerts de variet’ que j’ai pu voir comme Pink ou les Black Eyed Peas c’est de l’entertainement pur, un spectacle sympa à regarder comme guignol mais sans rien qui en ressort. Un concert pop corn. Il n’est pas très doué pour les reprises par contre mais il veut mettre l’ambiance dans un festival de rock avec une musique différente donc on ne lui en tiendra pas rigueur mais ça reste pas fantastique.
Retour à la grande scène pour y poser définitivement ses affaires jusqu’à la fin.

L’air de rien, il est déjà 18heures, ce qui implique qu’il est l’heure de Beirut.
Je suis tombé fou amoureux de Beirut quand, par des moyens détournés, j’ai découvert l’album The Flying Club Cub. Cette même année, la tournée mondiale a été annulé car le chanteur avait une trop forte pression sur lui, que le succès venait d’un coup et qu’il avait besoin de prendre du recul pour l’avenir du groupe, résultat pas de Beirut dans un festival où je devais me rendre. Le big band vient à son public avec beaucoup d’élégance et les mains chargées d’instruments divers et variées faisant déjà rêver les spectateurs. Premier titre  : Nantes, single qui les a rendu célèbre.  Le single en début de concert est une très bonne tactique comme ça ils s’en débarrassent et non plus à le gérer et cela permet au public venu uniquement pour entendre ce single, de d’ores et déjà allé faire autre chose et laisser ceux qui sont là pour l’intégralité du concert se délecter entre connaisseurs.  Le temps s’acclimate parfaitement à la musique, à cette ambiance. Il ne fait ni trop beau pour un déjeuner sur l’herbe, ni trop pluvieux pour un mimi-cracra-l’eau-elle-aime-ça, il y a le vent qu’il faut, la température est assez basse pour qu’on se sente bien emmitouflé dans son pull… un sentiment climatique en accord avec ce que je ressens quand j’écoute Beirut pour résumer. Même après plusieurs années, je reste stupéfait par le fait que soit un groupe américain. Zach Condon avec son français quasi-parfait sait faire vivre cette ambiance des balkans avec une précision et une facilité déconcertante. On pourrait faire un rapprochement facile avec Yann Tiersen ou Goran Bregovic mais Beirut emmène encore ailleurs, peut être vers une errance de l’âme, aux abords de contrées imaginaires lointaines et parfois inconnues de soi-même. Il y a du tourment, des sentiments enchevêtrés les uns avec les autres,  de la mélancolie trempant comme un boudoir du dimanche dans la folie d’une fête d’Europe de l’est, de la nostalgie marinée par une pluie de romantisme… un melting pot d’émotions diverses qui transporte avec douceur grâce à une orchestration sensible et exaltante. Postcards from Italy, Cherbourg, Nantes, autant de destination promises que de tableaux peints au ukulélé, à la trompette ou à l’accordéon. Une invitation au voyage que l’on accepte bien volontiers et qui émoustille les mirettes. Il est l’heure de dire au revoir et pourtant il est difficile de les quitter, on les suit des yeux, un peu comme à la fin d’un défilé quand les rues se vident et qu’on se retrouve seul.
Beirut est une parenthèse enchantée dans cette fin d’après-midi, un moment où tout reste en suspens, où on est emmené ailleurs, où la fragilité de Zach Condon touche et où sa voix caresse. Époustouflant, Beirut doit l’être encore plus de nuit, quand la lumière fait abstraction des alentours et qu’ils ne restent plus qu’un orchestre incroyable pour faire embarquer vers on ne sait où tant que c’est eux qui en décident. La confirmation d’un talent hors-norme et d’un groupe à voir en concert, Beirut est un nouvel El Dorado musical, n’hésitez pas à partir là-bas.

Petite pause. On reprend ses émotions. Bières et discussions et les Ting Tings démarrent leur show. L’intro est la même que l’année dernière aux vieilles charrues, Jules De Martino joue une partie au synthé qu’il sample, il va s’asseoir derrière sa batterie, sample un riff guitare, sample la grosse caisse et démarre We Walk où il est rejoint par Katie White. Alors je veux pas jouer au vieux con mais ils sont habillés en rouge, tous leurs instrus sont blancs et elle s’appelle Katie White… ça vous rappelle pour un autre duo par hasard ? Bon, passons. Great DJ, ca dansouille, Fruit Machine, We Started Nothing, tout ça, ça décolle pas ou peut être que ça sent trop le réchauffé pour que j’apprécie. Ils mettent bien l’ambiance, jouent quelques morceaux du prochain album à venir avec des cordes et des manifestants demandant du travail ou de la danse… Shut up and let me go et pour finir  That’s Not My Name qui met bien le feu mais bon… voilà quoi, c’est un feu de paille ce groupe et musicalement ça se ressent, y a des hauts et des bas, un grand huit vertigineux… Pas franchement obligatoire et pas trop d’actualité pour le coup les Ting Tings.

Pause dîner, pas de Roxy Music, ça ira pour moi merci. Retour pour Arcade Fire, tout le festival est là et le temps est menaçant.
J’ai découvert Arcade Fire aux vieilles charrues en live, je ne connaissais que de nom et de leur boulot de musiciens avec David Bowie pendant le Fashion Rocks. Je n’avais jamais entendu en album et cette découverte m’avait laissé coi. Entre temps, j’ai écouté beaucoup Neon Bible, My Body is a cage en particulier, et je n’ai pas eu le temps de m’imprégner de The Suburbs. Un peu comme Beirut (qui d’ailleurs viendra faire un petit guest), Arcade Fire est une grande famille canadienne riche en instruments et en sonorités différentes. Début grandiose avec Ready to Start, tiré du nouvel album, est-ce une question rhétorique ? Ready ! Keep the Car Running pour emporter le public avec lui dans son coffre, Neighborhood #2 et No Cars Go, tout le monde descend. C’est beau, c’est un grand concert, il y a quelque chose de majestueux dans leur façon de jouer, d’orchestrer, d’offrir cette musique à une foule conquise et hypnotisée. The suburbs, Ocean of Noise, Intervention, We Used to Wait et là, c’est le déluge, il pleut avec un petit vent et la scène prend l’eau. Le groupe doit arrêter pour des raions de sécurité évidentes. Ils décident de revenir comme ils peuvent, une partie de public a déguerpit à cause des intempéries mais les fidèles restent et y croient à fond. Ils sont tous là et donnent ce qu’ils ont sur Wake up ! où tout le monde crie à tue-tête avec eux, un moment mythique, une ambiance solidaire face à cette mauvaise météo, une émotion très forte, ces choeurs venant de la foule comme un merci ou on vous aime en réponse à cette performance magnifique. Ils doivent quitter la scène car il pleut toujours autant et que l’électricité pourrait les toucher. Un grand moment, un grand concert, un grand groupe et pas q’un phénomène de monde intellectualisant comme peuvent le penser certains.

Il est temps de rentrer avec les 35 000 autres spectateurs. Il pleut, la ligne 10 est bloquée à cause d’un incident voyageur, c’est le bordel mais c’est pas grave. Rock en Seine est pour moi le meilleur festival au niveau de l’organisation, de l’affiche et de l’emplacement. Une bonne année, un bon cru 2010 et la rumeur 2011 qui commence un an à l’avance qui soufflerait que Daft Punk serait une tête d’affiche future… On attend de voir ça.

Les peoples croisés sur place : Julien Doré, Lou Douillon, Marco Prince, Ariel Wizman (habillé comme un naze), Katty des Plastiscines & Daniel Darc. Moué…

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Rock en Seine – Jour#3 – Eels

Le troisième jour est toujours un peu particulier, c’est toujours la loose et la fatigue. On a déjà bien enchaîné les concerts, la mauvaise bouffe et autres alcools de contrebande et on en reprendrait bien encore un petit peu. Evelyne une petite précision ? Il fait gris et froid, un temps superbe pour début octobre sauf qu’on est encore en aout. Merci Evelyne. Arrivée devant le site, je vois d’ici une queue monumentale qui va jusqu’au pont, ça va être tendu pour rentrer. Rien n’avance jusqu’au moment où un mec explique que cette queue c’est pour les billets un jour, paye ton bordel. Traversée de la marée humaine, passage obligatoire à la vérification des bracelets et de la fouille et illico presto à la grande scène voir Eels.

Je ne peux pas être vraiment très objectif concernant eels car je suis un fan de la première heure. J’ai découvert eels en 97, en même temps que Cake d’ailleurs, alors que Dreamworks produisait son premier album Beautiful Freak et son single ô combien génial : Novocaine for the soul. Depuis je suis derrière ses basques tout le temps car avec sa voix cassée si particulière et reconnaissable entre mille, est un festival de sentiments et de passion qu’il déchaîne et décline albums après albums.
Fort d’une trilogie sortie récemment, Hombre Lobo : 12 Songs of Desire,
End Times, Tomorrow Morning
, c’est à dire trois albums distillés en un an et quelque, eels fait enfin une tournée après une production fleuve et passe par Rock en Seine pour notre plus grand plaisir, en tout cas le mien. Eels est un groupe mais c’est surtout un homme, Mark Oliver Everett surnommé E. E. est le Charles Branson de la musique, le justicier dans la ville indie-folk, celui qui voit son entourage mourir autour de lui ou qui vit des amours compliquées qui l’inspirent beaucoup. Un concert de eels est une pochette surprise géante ou une boite de chocolat, on ne sait jamais à quelle sauce on va se faire manger. Capable de faire un set minimaliste acoustique comme avoir un orchestre philharmonique  derrière lui, Eels n’a pas une formation, il en a des. Rock en seine sera donc ???
Arrivée sur scène du groupe, une bande de joyeux barbus en costume du dimanche très classe et très rock’n’roll accompagné d’une sorte de ZZ Top tout vêtu de blanc, ah oui tiens c’est E.
Toujours caché derrière une grande et épaisse barbe lui montant presque jusqu’aux yeux, E. est en mood rock’n’roll et ça se sent tout de suite car il attaque avec Prizefighter. Une cohésion de groupe est palpable à l’écran et ressentit à travers la musique. Tout à l’air sous contrôle et dans une ambiance géniale. C’est la fin de l’été, même si ca ne se voit pas,  le festival est en pleine ville, l’occasion idéale de reprendre Summer in the City de The Lovin’ Spoonful qu’il glorifie de sa voix et de son énergie. On le sent confiant, prêt à tout donner et à assumer totalement sa place de front sur scène, lui le grand timide cyclotomique. Il met en place une belle ambiance pour un concert d’après midi et ne s’arrête pas là car il a mit en place une setlist bien ficelée avec My Beloved Monster dans une version réorchestrée complètement, devenant funky et soul, puis il calme les esprits avec Spectacular Girl mais repart aussi sec avec Souljacker Part.I, un morceau taillé dans le granite, au riff lourd, simple mais entraînant. Ca swing, c’est rock mais pas trop, parfait pour ce dimanche après-midi. Un peu de douceur dans ce monde de brut avec That Look You Give That Guy qui ne dure qu’un temps car il est l’heure d’un Mr. E’s Beautiful Blues façon Twist & Shout, une version géniale qui redonne un second souffle à un des premiers titres de Eels et fait de même pour I Like Birds qui prend en vitesse et en puissance. E. présente son groupe, des légendes d’après ses propos , et termine après introduction d’un Summertime de George Gershwin  (l’original qui n’est pas de Janis Joplin comme on peut parfois le lire) terrible. Looking up et c’est déjà finit… tristesse, regret et envie d’avoir encore un peu de rab… quelques titres genre Novocaine, Susan’s House ou sa reprise tonitruante de Get Ur Freak On de Missy Elliot.

Quand E. à l’air de bien aller, Eels va bien. Un set très carré, entraînant et décapant. Un vrai plaisir visuel et sonore, une entente superbe entre les musiciens, Eels a la classe et on en redemande.

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Rock en Seine – Jour#2 – Queens of the Stone Age

Je ne me souviens plus quel juron bien trouvé j’ai crié en voyant que sur la programmation du festival Rock en Seine, il y avait Queens of the Stone Age mais il devait être assez corsé. En moins d’un an voir deux fois Josh Homme avec deux line-ups différentes, quel putain de bonheur. Ah c’était peut être ce juron-là mais rien n’est sur.

Il est 20h, je suis de retour du concert acoustique de Jonsi, chanteur à ses heures de Sigur Ros, un concert à mille lieux musicalement de celle de Queens of the Stone Age. C’est donc reposé et zen que j’arrive devant une grande scène vrombissante d’impatience pour l’arrivée des californiens. Le groupe rapplique avec cette intensité charismatique qui les qualifie si bien, enfourche leurs instruments et débute le concert avec Feel Good Hit of the Summer. Ok, ils prennent les choses comme ça et attaquent directe avec du très lourd, je suis prêt à recevoir la suite. Ils ne m’attendent pas pour continuer sur leur lancée et enchaînent The Lost Art of Keeping a Secret et 3’s & 7’s. Les fans de Guitar Hero III et les autres passent en mode surexcitation et les premiers rangs pogottent et slament dans tous les sens en réponse à ce déversement puissant rythmiquement.
Josh Homme et ses hommes irradient la scène d’un charisme de rock stars, il n’y a pas un groupe qui, sur cette même scène, n’arrivera à atteindre ne serait-ce que leurs chevilles sur ce point. Aucune surprise en ce qui concerne les membres, le retour de Nick Oliveri n’étant qu’une immense rumeur, Dean Fertita est bien de retour de The Dead Weather et assure sa place de multi-intrumentaliste, il en est de même pour Troy van Leeuwen et le simiesque Joey Castillo à la batterie. Ca ne rigole pas, ça sourit très peu, ça s’habille en noir mais ça en impose, c’est ça la marque de fabrique Queens of the Stone Age. Tant qu’à être à fond pourquoi s’arrêter, c’est avec panache qu’ils balancent Sick, Sick , Sick, Sick, puis Misfit Love, Burn the Witch et Little Sister. Une partie du public s’en va gentiment car pour les non-initiés, ou le public de Jonsi, peut ressentir le stoner rock de QOTSA comme agressif et étouffant avec ce son lourd, percutant et sans oxygène. Josh Homme est toujours aussi imposant, ses petits gimmicks, son regard faut-pas-me-faire-chier, ses sourires en coin font de lui un leader prodigieux et fascinant à regarder comme à entendre. Petit moment de flottement pendant I Think I Lost My Headache et Go With the Flow, bien que, et il est l’heure de rendre le public furieux avec No One Knows, single culte du groupe qui transforme un festival pépère en véritable bordel dans les premiers rangs.  Il est l’heure de se dire au revoir en musique avec A Song for the Dead, bombe atomique avec son riff dissonant et ses breaks continuels.

Un concert enfin rock, enfin dégoulinant de sueur, enfin unique, enfin comme on l’attendait. Josh Homme n’avait pas l’air trop défoncé pour une fois. Un concert qu’on aurait bien voir continuer encore histoire de mettre définitivement à genoux et d’accord pour dire que les Queens fait partit du très haut du panier du rock en ce moment. En attendant le prochain album et la tournée qui ira bien avec… merci pour ce moment.

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Rock en Seine – Jour#2

Deuxième jour, la grande forme, tout va pour le mieux, le canard en est mode festival à bloc. Métro, un peu de marche, passage un peu plus long que la veille mais rien de fou et zouh le site est déjà devant moi. Il y a beaucoup de buvettes, elles sont un peu partout, il y a aussi des bars, de la restauration pour tous les gouts, de la culture comme une expo photos signée Richard Bellia ou une bibliothèque autour du thème du rock et des stands sponsors qui vendent et refilent des conneries.
Pas le temps pour ça, on a déjà perdu assez de temps et d’ailleurs tellement de temps qu’on a loupé deux chansons des Stereophonics. Kelly Jones est sur scène, pas très grand certes mais il faut bien le dire, il est diablement beau et qu’est-ce qu’il chante bien… enfoiré… Avec sa tronche de gominé beau gosse, il reprend avec le groupe un de ses premiers tubes : A thousand Trees avec la précision et l’énergie originale du groupe. Malgré un nouvel album sortit cette année, ce concert d’après-midi sera un greatest hits de tous leurs tubes car les Stereophonics donnent du Maybe Tomorrow suivit d’autres singles moins connus du grand public comme  Superman ou Mr.Writer, mais rien de Keep Calm And Carry On (c’est pas plus grave que ça). Le trio gallois tourne toujours aussi bien et fait toujours office d’ouverture ou de milieu de journée car sans être un nom important sur une affiche, Stereophonics est une valeur sure, un groupe apprécié par un peu tout le monde car ils savent aussi bien mélanger de la pop classique à du rock plus énervé, tout en passant par une bonne ballade pas tarte. Avec deux chansons ratées, le concert paraît passer à toute vitesse et se termine par Dakota. Un moment pop et agréable, un peu plus aurait été mieux mais on fait avec ce qu’on a.

Retrouvailles avec des amis d’outre-manche, discussion en écoutant Two Doors Cinema Club. Je regarde sans regarder mais je ne suis pas plus emballer que ça. Il  y a eu un gros gros buzz autour du groupe à la sortie de l’album et déjà je n’avais pas été plus enthousiaste que ça et le live le confirme, c’est pas ma came mais je reconnais que de temps en temps, j’avais un peu envie de bouger mes fesses de petit canard en rythme mais j’ai pas été happé par l’appel de leur musique donc je ne la critique pas, je n’en parle pas mais je vais réessayé d’écouter l’album pour qu’autant de personnes le glorifie. Après-midi détente car la programmation m’excite pas vraiment donc je reste à  boire, manger des bonbons et discuter sur le gazon tout en bronzant.
Arrive l’heure de Jonsi. J’ai déjà vu Sigur Ros plusieurs fois en concert et je dois avouer que mon attention pour leur musique dépend de moi et de ma concentration, soit je suis fasciné ou sinon je regarde et trouve ça beau mais suis loin d’être passionné.
Avant de grimper sur scène, le tour manager de Jonsi vient expliquer que leur matériel pour les effets sonores et electro sont bloqués au Portugal et que donc Jonsi et son groupe ne pourra faire qu’un spectacle acoustique. Toujours habillé de manière étrange, Jonsi capte les regards par ce visage de cire si spécial et par ses vêtements aussi, une veste avec de longues franges colorées. C’est doux, c’est nébuleux, ça transporte ailleurs, assis dans l’herbe caressé par les rayons de soleil, Jonsi devient un moment serein en parfait adéquation avec cet après-midi calme et mélodieux. Incapable de de reconnaître un morceau d’un autre, le xylophone et la voix vaporeuse ouvre un univers oniryque, une brèche temporelle… me voilà perdu dans mes pensées au milieu de trente mille personnes, tout va bien.
Il est l’heure de partir retrouver les Queens of the Stone Age et, si vous êtes intéressés, de lire la review du concert dans l’article suivant.
Traversée du champs, pause pipi aux toilettes sèches qui donne une vie imprenable sur la défense tout en urinant, un moment magique, merci l’écologie. (à noter que le slogan était : arrêtons de chier dans l’eau potable)
Il est l’heure de LCD Soundsystem. Je dois bien avouer que je ne connais que très peu le groupe, j’ai découvert par hasard New-York I Love you but you’re bringing me down alors que la moitié du monde l’avait déjà écouté en boucle pendant une longue période. J’avais beaucoup aimé Sound Of Silver et m’attendait à un groupe pop-electro et pas à ce ras-de-marée rythmique dans lequel je me suis retrouvé à danser dans tous les sens. Young Girls, issu de This is happening, dernier opus du groupe, avait un peu de mal à passer dans mon ipod mais il prend toute son sens et sa musicalité quand le son est à fond les ballons, qu’il fait nuit et que l’ont peut bouger son corps (exercice difficile dans le métro). On dirait de la pop anglaise dansante comme le font si bien nos amis britaniques mais James Murphy et sa bande viennent bien des Etats-Unis. Daft Punk is playing at my house est extraordinaire et fait vibrer tous les muscles de ma vielle carcasse  de canard, Movement remonte encore un peu plus le niveau d’intensité et Yeah fait crier la foule frénétique en manque constant de bpm se mariant à la perfection avec l’instrumentalisation pop-rock live… Le groupe termine sur une touche calme et mélancolique avec l’inévitable New York I Love You… Pour ceux qui comme moi n’ont pas compris comment écouter LCD Soundsystem et n’adhère pas à 100% à leur musique, parfois un peu trop dance ou electro, les voir en concert vous fait changer d’avis en quelques morceaux. Une révélation énorme, un souvenir fantastique, si les boîtes de nuit passait ce type de musique, je pense que je serais devenu un clubber plus qu’un festivalier. Un coup de grisou, un coup de mou ? Vas y prend un LCD Soundsystem ça ira mieux… Que du bonheur !

Chemin inverse, retour à la grande scène pour Massive Attack. J’ai vu les bristoliens cinq ou six fois en concert (3fois pour la même tournée, j’en pouvais plus) et je me souviens très bien que leurs shows étaient visuellement envoutants par ces séries de chiffres qui défilaient à toute allure et qui rendait leur trip-hop captivant. Helligoland, nouvel album parut cette année, m’a pas mal bluffé et je dois dire que je me réjouis de les voir en concert. Il fait nuit, il n’y a pratiquement aucune lumière de là où je me trouve, la scène est très peu éclairée et semble vide de loin. Les musiciens sont derrière, seul le chanteur jouant à la chaise musicale morceau après morceau vient prendre place. Le concert commence avec United Snakes. L’ambiance est donnée, tout sera low-tempo, planant et ambiant. Le trip-hop est un jet de pièce, pile ou face ? Pile, on rentre dans le mood, on se laisse emporter par le flow et la rythmique berçante de la basse et on part vers un univers mental où des images se forment pour accompagner cette B.O. magnifique ou face, on s’emmerde comme un rat mort. Je me laisse transporter par Babel ou Girl I Love You puis redescend et subit quelques titres qui me transporte moins comme Mezzanine ou Angel. Le public est amorphe, le jeu de scène est quasi-inexistant et aucun visuel présent à l’écran. Il y a un petit surcroit d’enthousiasme lorsque le groupe joue Teardrop mais elle est plus intimiste moins saisissante que lorsque que le battement du cœur est très fort.
Un set assez plat, très élusif, poussant à l’imagination se terminant par Atlas Air.
C’est de loin le concert le plus chiant de Massive Attack que j’ai vu et je reste deçu en rentrant car je m’attendais à autre chose, un peu plus de vie, de proposition, de show live et lumière… un peu sur la réserve pour le coup.
Passage rapide voir du 2 Many DJs’. Toujours la classe avec leurs costumes blancs et leurs sourires, les belges envoient du mix première qualité douze ans d’âge et transforme le parc de St Cloud en dancefloor à ciel ouvert. Il est tard, la route est encore longue. Bonne nuit Rock en Seine.

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Rock en Seine Jour#1

Première journée à Rock en Seine, le festival où il faut être beau et looké pour être intégré visuellement à l’ensemble. Premier constat sur la route du festival, il fait un temps de merde, des pluies fines mais abondantes sont là, faut pas que ça continue sinon il va se reproduire le même scénario que lors de la seconde édition du festival, une marre de boue un peu partout. Merci Evelyne Dheliat pour ces impressions atmosphériques si importante à cette review. Donc il pleut, le ciel est gris donnant une impression de nuit en milieu de journée mais tout ça n’empêche en rien les rock-en-seinois de porter des lunettes de soleil type wayfarer (blanches c’est encore plus fashion) ou aviator, on voit peut-être rien mais au moins on a de la gueule… ouai… bon, passe. Arrivée sur les alentours du site, c’est toujours la même chose, on est attaqué de partout à coup de badges, goodies et flyers pour diverses sorties ou d’artistes faisant de la promo-paper. Un kilo douze de papier en plus dans les poches, les mains et le sac plus tard, on arrive à la barrière de sécurité et tout s’enchaîne à une vitesse incroyable. Poinçonnage du ticket, fouille pour chercher uniquement des canettes ou bouteilles, remise du bracelet en tissu bleu et zouh, on est sur le site en moins de 5 minutes. Organisation au top, on est très loin de la trentaine de minutes habituelles de Solidays, son cousin des beaux quartiers. Il y a déjà des spectateurs passablement bourrés et les show-men classiques qui se font remarquer par leurs tenues excentriques ou autres numéros de cirque improvisés histoire d’appâter la donzelle ou simplement l’attention des autres.

Ricrac baraque sur le timing, la narration passe du on au je car Je décide moi-même de ma programmation, après tout chacun fait ce qu’il veut et c’est ma review, vous n’allez pas commencé à me courir sur le haricot. Premier concert que je voulais voir par rapport à mon emploi du temps : Beast.
J’en ai déjà parlé précédemment ICI mais pour ceux qui ont raté le début, comme dirait télé 7 jours, Beast est un groupe canadien de Trip-hop rock mâtiné d’ambiances Indus et Electro. J’ai découvert le groupe par le site de Rock en Seine quand je faisais ma pré-prog il y a quelques mois et ça a été un coup de cœur immédiat. Beast joue après Kele, lead-singer de Bloc Party,   sur la petite scène de l’industrie. Le groupe est composé en live de quatre membres : Betty Bonifassi
au chant, Jean-Phi Goncalves à la batterie et au beat, Serge Pelletier à la guitare et Jonathan Dauphinais qui joue de la basse et synthé sur le même corps de l’instrument, la classe. Les mecs sont tous en costume cravate, une tenue propre et efficace. Musicalement tout est très proche de l’album, il y a une bonne énergie, tout est très carré, les changements d’ambiance fonctionnent sans problème mais il y a quelque chose qui cloche… Betty Bonifassi n’a pas l’air dedans. Elle est fringuée genre je-sors-de-chez-Leclerc-je-savais-pas-que-v’niez, pas maquillée, pas coiffée, se promène les mains dans les poches sur scène, elle ne donne pas du tout l’impression d’être dans le mood ambiant de la musique et semble prêté sa voix mais n’en avoir rien à faire du coté charismatique du chanteur en front alors que l’intensité du leader est primordial pendant les parties musicales. Je ne m’attend pas à trouver une succube sexy en cuir noir et hyper looké se frotter langoureusement contre le pied de micro pour donner l’impression qu’elle est en transe mais là, pour le coup, le charisme scénique repassera. Mr.Hurricane avec les chœurs des musiciens est galvanisant, le rendu musical n’est pas à remettre en cause un seul instant et bien heureusement à la batterie, Jean-Phi Goncalves donne l’impression de s’éclater complètement à jouer et donne une énergie et un sourire communicatif. Beaucoup de moments de cohésion et de complicité entre lui et son bassiste sont agréables à voir, ils tentent des breaks compliqués qu’ils sont très contents de faire tourner aussi bien et rigolent de soulagement une fois terminée. Le concert se termine par un solo de batterie post-indus virulent et pas chiant, tour de force réussit. Il est déjà temps de partir car les Kooks attendent. ..
Beast sera en tournée en France à partir d’octobre, un melting-pot musical vraiment intéressant et qui doit être encore plus appréciable dans une salle sombre.

Ayant déjà vu les Kooks deux fois et n’ayant pas aimé leur pop-rock sous Ferdinand à deux reprises, je fais un tour dans les allées du festival en attendant Cypress Hill. Il bruine, la Bretagne s’invite à Paris… Evelyne, on a dit qu’on rendait l’antenne maintenant !

C’est sous ce temps brestois que débarque Cypress Hill. Petite appréhension vis à vis des californiens, après les avoir vu trois fois en festival ces dix dernières années, je n’ai qu’un souvenir mitigé de leurs performances, à part sous la pyramide de Werchter de nuit où le concert avait été totalement loco !
B-Real
et son crew arrive et Get’em Up fait sauter la foule dans tous les sens. Grosse ambiance donc ils mettent la seconde directr avec des titres à faire jumper une foule de rockers mouillés avec When the shit goes down, Kill a Man, Real Estate… pour calmer un peu les esprits et ramener un peu de soleil latino, Cypress joue la carte de titres plus hispaniques comme Latin Thugs ou Armada Latina, sans Pitbull et les autres, mais avec un solo de bangos pas très gangsta mais agréable de DJ Muggs. Tout est huilé comme sur une bagnole lowrider de la west coast et il est temps de remettre un coup de boost et quoi de mieux que Insane in the Brain pour ça ? Toujours visuellement intelligent, le duo B-Real et son acolyte Sen Dog allument deux gros splifs de weed devant les caméras pour un Weed Medley et Dr. Greenthumb. Des versions live puissantes et sur-vitaminés qui donne la pêche, un duo vocal hip-hop démarrant au quart de tour. Un concert sous tension énergique qui se termine par l’énorme Rock Superstar, Cypress Hill s’éclate à Paris pour l’anniversaire de Dj Muggs et sait le faire partager au public.

Black Rebel Motorcycle Club, j’ai déjà vu les rockeurs il n’y a pas si longtemps et il se fait faim alors je vais mangé un bout avec le Canard Altermativ’ et des amis d’Outre-Rhin.

– Mmmh il est bon cet américain !
– Ah oui ?
– Bien sur que non, on est dans un festival.

Voilà le genre de conversation que l’on peut entendre à droite à gauche. Petite pause pendant que ça envoi du bois sévère du coté du club des motards rebels noirs comme ils doivent s’appeler au Québec. Il est bientôt 22h, l’heure de Blink 182. Je me lève, jette mes détritus dans les poubelles différentes pour recyclage (pas toujours simple de savoir laquelle et la bonne) et je prend le chemin vers la grande scène, la route vers la fin des années 90. Ca sent le déo brut vert et le mauvais parfum de supermarché, oh non ! Pas ça ! On est repartit en 99′ ! Tu fais quoi ce week end, on va se voir American Pie au ciné ? Ca sent les premières années MTV France, les clips en boucle à longueur de journée, la skate attitude, les Z-Boys 2.0, le néo-punk, la peur du bug de l’an 2000, Napster, le bac… Woaw ! Retour vers le futur grâce à Blink 182.

Blink 182, à dire Blink cent quatre-vingt deux, est l’évènement de la soirée, le come-back des fers de lance d’un mouvement qui a disparut : le nu-punk. C’est incroyable de voir le nombre d’ado et d’adulescent comme moi qui sont présents pour les retrouvailles avec les californiens. Grand rideau noir pour cacher la scène, il tombe et c’est la folie ! Feeling This pour débuter et le public scande tous ensemble : « Your smile fades in the summer ».Waow trop bien j’aurais dit il y a dix ans. C’est marrant de voir un come-back d’un groupe qui semble s’être séparé il n’y a pas si longtemps et en faire un tel patatouin. Fort de cette entrée en matière, Blink veut conquérir son public avec What’s my age again ? » Très bonne question ! Travis Baker, batteur de génie surement le meilleur de sa génération, est en hauteur à pilonner sa batterie avec une énergie folle. Il est torse nu et montre son torse n’ayant plus un centimètre de peau de libre tellement il est tatoué de partout. Il porte bien sur une casquette Famous, sa marque de fringue, pas folle la bête ! Les deux zigotos de devant, les non-frères ennemis ont un peu grossis par rapport à l’époque, ont un peu vieillit aussi et ont pris quelques cours de chant parce que c’est juste et ils ont plus de puissance qu’au temps de leurs premiers succès. Ils jouent Rock Show, Miss You et ils se souviennent qu’en France on aime bien les solos de batterie donc Travis tabasse les futs pour notre plus grand plaisir. Je me rend compte qu’à ce moment précis du concert, seulement 15 minutes sont passées et qu’il reste encore une heure à les voir et plus qu’un ou deux singles que je connais. Malheureusement l’heure qui suit n’est qu’un enchaînement de titres ne se ressemblant que trop, des inédits du prochain album à venir, des ballades mielleuses pour adolescentes en mal d’amour et là, très malheureusement, des blagues. Ils sont drôles Mark et Tom, ils font le show, ils disent des bêtises oh oh. Ils sont contents parce qu’à 40 ans ils se vantent d’être allé au musée aujourd’hui ! Woé ! Ils ont vu « Le Loub ». Après ils sont taquins, Tom dit que Mark est gay, oh oh oh, ils disent des phrases en français qui ne veulent rien dire ou des onomatopées comiques… rmmmh ! C’est sympa hein mais bon ça fait pas un spectacle à la hauteur attendue. Le fond de scène avec lumières et caméras est assez impressionnant mais l’attraction principale reste toujours Travis Baker. Il est une machine de guerre, une machine à tuer, un agent secret à crète au service de sa majesté alors que les deux types devant là, eux là, c’est plus la police municipale de St Tropez, des mecs rigolos, l’air sympas mais moins bosseurs. Blink 182 ressemble a un pantin désarticulé, musicalement la différence de niveau est flagrante et rend la teneur musicale un peu plus branlante, des riffs basiques surplombés par des rythmiques syncopées et structurées ne font pas bons ménages.
All the small things, c’est la folie, wow, un autre titre, un rappel ? Bien sur, on retend le rideau… une surprise ?
Travis Baker est seul sur scène derrière sa batterie, il est arnaché à son fauteuil et débute un solo accompagné d’un beat electro. Il tape, il tape et tout à coup la plateforme bouge et part dans tous les sens sans qu’il ne sourcil et termine par un looping, normal ! L’attraction grand huit luna park est un vrai succès et le parc de St Cloud s’illumine par les centaines de téléphones portables filmant la performance. N’ayant jamais vu Joey Jordison de Slipknot volé dans les airs derrière les futs, j’ai été très étonné et époustouflé par le manège mécanique de Travis Baker.

C’est sympa de retourner dix ans en arrière, de se revoir avec des vans aux pieds mais c’est un peu triste de voir des gars de presque quarante piges joués les ados qu’ils ne sont plus pour faire un ultime coup de fric avant de tomber dans l’oubli et disparaître dans les limbes de l’histoire de la musique et n’être que le buzz d’un moment. Sympa mais inutile et pas mémorable comme tête d’affiche.

Il est l’heure de rentrer. Demain les Queens of the Stone Age m’attendent. Bonne nuit !

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Citation Nick Hornby – 31 Songs

D’après moi, tant d’intérêt des critiques pour l’exaltation et le danger tient à deux raisons. Tout d’abord, les critiques sont obligés de lire beaucoup de livres, de voir beaucoup de films, d’écouter beaucoup de disques qui, dans leur majorité, sont insipides et interchangeables. Du coup, quiconque sortant un album qui promeut une tronçonneuse au rang d’instrument, ou un film qui se visionne à l’envers pendant douze heures, est encensé sur-le-champ, ce qui peut être compréhensible – et le plus souvent le pauvre lecteur harassé qui essaie de partager les enthousiasmes des pages culturelles de son quotidien. La seconde raison tient au fait que la critique – tout particulièrement dans le domaine musical – est le plus souvent le travail de jeunes gens, et que les jeunes gens n’ont généralement pas une expérience de la vie très étendue. Non seulement ils n’ont pas beaucoup vécu (ce qui explique leur propension à s’enflammer sitôt que quelqu’un à la réputation de consommer des drogues dures – les critiques de rock confondent fréquemment et à tort consommation de drogues dure et expérience importante), mais , de s surcroît, leur boulot est le plus exempt de risque qui se puisse trouver. comme la plupart d’entre eux reçoivent leurs CD par la poste, des CD qu’ils écoutent chez eux, sur leur chaîne, avant d’expédier leur critique par mail, ils n’encourent même pas le risque de se faire renverser par un bus. Qui, dans ces conditions, ne céderait pas à la surexcitation quand un artiste essaie expressément de les égayer un peu ?

Nick Hornby
31 Songs
« 13 Franckie Teardrop – Suicide  / 14 Ain’t That Enought – Teenage Fanclub »

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Dicky à la Baule.

Dicky

Photo prise avec l'Oktomat, seulement la moitié a été utilisable (cliquez dessus pour l'agrandir)


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