Let It Be Live @ Salle Pleyel

Après une journée un peu spécial où j’ai vu la moitié de ma famille canard partir habiter à Londres et me quitter à tout jamais, il était temps de se changer les esprits et de profiter de ce temps superbe.
L’esprit un peu ailleurs, des nouveaux projets en tête, avec Canard Rose nous remontons la rue Saint-Honoré de sa fin jusqu’à son début pour nous rendre à un concert.
Le concert du dimanche estival est un rituel annuel plutôt sympathique. Après avoir dit bonjour à notre cher président de la république, à Thierry Ardisson et souhaiter une bonne fête nationale à des américains, 4 juillet oblige, nous arrivons devant la salle Pleyel. Comme dans un théâtre, la sonnerie retentit pour annoncer le début des festivités. Quand on vient dans cette salle à l’acoustique parfaite, on ne se rend pas à un concert mais à un spectacle car tout y est plus raffiné, plus espacé, les bois sont rutilants, les fauteuils élégants et la climatisation du meilleur gout. Alors oui, bien sur, ça fait un peu guindé, on s’attend à tout moment à une distribution de macarons Ladurée servit avec un Thé mariage frère, on est loin, très loin, de l’ambiance suave d’une salle qui sent la bière et la cacahouètes en sachet écrasé, mais pour un dimanche, c’est exactement ce qu’il me faut.
Deuxième balcon, bien placée, vue irréprochable. Places offertes par la bande des canards désormais anglais, ça fait bizarre, ça picote dans le bedou.
Au programme ce soir, dans le cadre du festival Days Off, Let it be Live ! Hommage anniversaire de la sortie du « dernier » album des Beatles, quelques artistes viennent rendre au plus grand groupe de pop de tous les temps ce qui appartient au plus grand groupe de pop de tous les temps.
En pensant à ce concert, je dois avouer que j’avais un peu peur. Peur de me retrouver devant un enchainement sans queue ni tête de chanteurs pas très connus qui reprennent moyennement les Beatles et peur de me revivre cette expérience longue et pénible de la soirée Ukulélé au Printemps de Bourges où l’ambiance était morne et le rythme tellement saccadé que ça en était très chiant. Donc un peu mitigé mais bon j’ai confiance.
La lumière s’éteint, quelques applaudissements introduisent un silence long et palpable. Une chorale toute vêtue de blanc arrive sur scène pour une reprise gospell de Let It Be. Sense of Sound Singers se compose de 12 chanteurs aux voix se mariant à la perfection et de Beat Boxers. Une chorale anglaise très Glee et qui passe plutôt bien, loin de l’image chiante classique des chorales.Sous la direction de David Coulter, ex-Pogues, la suite n’est qu’un enchainement pop agréable de cet album culte, déchiré par la production luxuriante et  plombante d’un Phil Spector trop présent. Pour les 40 ans de l’album, l’ambiance y est assez intimiste, beaucoup d’émotions, l’orchestration est très riche comme sur l’album (dommage, je préfère Let it be Naked) et de très beaux moments sont au rendez-vous, comme les magnifiques prestations de Lonely Dear qui avec son costume trop petit et ses chaussettes jaunes, arrive à mettre les larmes aux yeux le temps d’un Something. Mathias Malzieu, leader de Dionysos, fait ce qu’on attend de lui, une sorte de diable sortit de sa boite qui saute dans tous les sens, réorchestre les chansons à sa sauce (un peu toujours le même plan crescendo d’ailleurs) et finit, après avoir parcourut la scène en long en large et en travers, par slammer dans une salle Pleyel pas du tout faite pour ça. Les autres artistes présents font de belles reprises comme Yael Naïm avec Across the Universe, ou la découverte vocale féminine de la soirée pour moi : Camille O’Sullivan. Franco-irlandaise, cette diva a une voix éraillée magnifique et un charisme scénique assez impressionnant. Elle réalisera une performance sur la corde sensible, assise sur une chaise, elle reprend The Long and winding road… frisson. Parfois certains titres sont moins intéressants, la balance est parfois mal dosée, on entend trop les instruments et pas assez la voix, il y a des pupitres avec les paroles qui sont régulièrement lues mais ce n’a change pas grand chose au bout du compte. Seul Coming Soon ne m’a pas séduit, la gaucherie de leur jeu de scène, le coté statique… enfin rien d’incroyable pour ce groupe qui est réputé et que tout le monde s’arrache (quand Indochine veut collaborer avec un autre groupe, il faut tjrs se méfier). Le cowboy géant est de loin le chanteur avec le moins de classe et avec la tenue corporelle la ridicule que j’ai vu depuis longtemps. En plus, ils viennent remplacer au pied levé Cocoon donc la déception me les rend encore moins sympathiques.
Une heure et demi où on est bien, où on connait les paroles, les mélodies et pendant laquelle on se souvient de moments vécus en écoutant les Beatles. Nostalgie quand tu nous tiens. Un concert agréable, un bon divertissement du dimanche et des sentiments par paquet. I’ve got a Feeling.
Retour à la maison à pied, Get Back.

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