The Dead Weather @ Le Bataclan

Le Bataclan démarre un nouveau concept autour des concerts en live, le concert Sauna.
En pleine époque où il faut faire attention à son hygiène de vie et sa santé, la salle parisienne propose de voir un artiste ou groupe dans les conditions d’un sauna géant.
Pas de kit d’installation compliqué, pas besoin d’abattre du bois norvégien, pas l’utilité de mettre un banc, pas d’investissement dans un beau slip rouge et une serviette coton doublé, il vous suffit de dépenser une trentaine d’euros et vous rendre en été au Bataclan.
Dans une ambiance rock’n’roll moite, le Bataclan vous proposera tous les services d’un spa professionnel comme un vestiaire et un bar ouvert à votre écoute mais vous offrira en plus, un concert ! Au programme du 30 juin 2010 : The Dead Weather.
Avant que Jack White et son all-stars band viennent mettre un peu plus d’eau sur les pierres brulantes du sauna, les rockeurs français de The Cavaliers ouvre le bal avec une musique instrumentale au parfum sixties. Le groupe est le digne descendant de The Ventures, Dick Dale & The Del-Tones ou encore The Lively Ones, une musique taillée pour une B.O. de Tarantino, des gueules de rockeurs branleurs comme on les aime, une première partie qui sent le vintage et pas la réédition industrielle, The Cavaliers donne envie de twister sur place comme chez Al dans Happy Days ou de manger un burger en buvant un milkshake a 5$ au Jack Rabbit Slim’s en écoutant leur musique. Un style inattendu pour une première partie de The Dead Weather mais une jolie petite surprise pour cette soirée.
La température monte déjà d’un cran, les corps transpirent, les esprits s’échauffent pour des histoires de places assises, le public est de minutes en minutes plus nombreux, le thermostat grimpe grimpe grimpe.
La scène se monte, des roadies en costard courent dans tous les sens, quelques tests de lumière, des tests de sons et la salle sauna devient un enfer. Vous avez connu le souk de Tunis à 14heures en plein aout, vous avez connu Grenoble en ville pour le 14 juillet sous le soleil de midi, tout n’est qu’un souffle de siroco à coté de la température ambiante du Bataclan à 20h à Paris.
Les lumières s’éteignent, les premiers rangs se bousculent pour avoir une encore meilleure place, merci ils viennent de faire grimper le tout d’un degré.
The Dead Weather rentre sur scène. Chapeauté, Jack White s’assoit derrière ses futs. Accompagné par l’immense Dean Fertita , guitariste de Queens of the Stone Age, et de Jack Lawrence, bassiste Garth Algar brun de The Raconters et Greenhornes, Jack White, en chef d’orchestre, donne les premières mesures de No Horse . A peine les premières notes données que débarque la sulfureuse et charismatique Alison Mosshart.
La lead-singer de The Kills semble être totalement envoutée par la musique et bouge de manière saccadée. Hallucinante ! Elle rajoute un degré supplémentaire à la salle uniquement par sa présence, comme si on avait besoin de ça !
Instantanément une couleur musicale est donnée, un son, la synergie superbe entre du stoners et du blues. C’est bien beau de monter un groupe avec des musiciens célèbres, aussi faut-il qu’ils trouvent un univers en commun et un style particulier, cahier des charges 100% accomplit par The Dead Wheater. Ça sent le souffre,la transpiration et l’impact des corps qui se bousculent dans un pogo dégoulinant, F##king rock’n’roll !
Alison Mosshart est habillée d’un jean slim, dans lequel elle a du rentrer à l’aide d’un chausse pied, et des bottes en croco aussi très rock’n’roll. Rock’n’roll style ok,mais la belle se retrouve dans un état avancé de décomposition dès la fin de la première chanson, tellement il fait chaud dans la salle. Les chansons de leurs deux albums explosent les unes après les autres, on a le droit à I Cut Like a Buffalo, Gasoline, New Pony de Bob Dylan, Blue Blood Blues etc… mais la chaleur détourne morceaux après morceaux un peu plus l’attention qu’ils méritent.
C’est de l’ordre de la survie personnelle, on vérifie que tout va bien et qu’on n’est pas au bord de l’évanouissement sans s’en rendre compte. Applaudir = suer de l’intégralité des bras et du torse, dodeliner en rythme = nuque trempé et dos, sautiller = éjection de transpiration par tous les ports de la peau. Le groupe souffre pas mal aussi par la chaleur. Ceci-dit, six ventilateurs de bureau qui tournent en boucle ne peuvent pas physiquement remplacer une climatisation ou une grande aération. Le Bataclan doit être écolo ou sadique pour donner des concerts dans ces conditions. Après une bonne heure et demi où Jack White aura quand même taquiner un peu la guitare pour lâcher un solo mastodonte, ils quittent une scène qui ressemble plus à une patinoire qu’un plateau de concert. Ils reviennent et déclarent que c’est de loin le concert où il fait le plus chaud où ils n’aient jamais joué… tu m’étonnes !
Rappel sur Treat me Like Your Mother, ambiance déjantée dans la salle, les murs perlent et tout le monde donne tout ce qu’il a pour cet ultime morceau. Au milieu du deuxième couplet, un mec du public surgit de nul part, saute sur la scène et embrasse Alison Mosshart (le salaud !) sur la joue avant d’être attaqué par la sécurité et être taclé par un gros roady qui a réussit à le shooter après une grosse glissade imprévue dans une flaque de transpiration au sol. Rencambolesque !

The Dead Weather est un groupe de scène, l’alchimie de tous ces artistes dans une musique concise et boostée aux phéromones, surtout ce soir. Un live très carré, une chanteuse avec une présence front line ahurissante, une voix pétée se mariant à la perfection avec celle de Jack White, une projet ambitieux et déjà bien huilé. Une grande messe du rock en quelque sorte qui a été moins festive et moins hypnotique que ca n’aurait dû l’être si il n’avait pas fait plus de 40° dans la salle, ce qui est un manque énorme de respect pour le public et pour le groupe aussi.

Encore la preuve que nous ne sommes que gouttes d’eau sur des pierres brulantes.

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8 Commentaires

Classé dans Musique

8 réponses à “The Dead Weather @ Le Bataclan

  1. Mimram

    ce n’est pas à LA CIGALE qu’à eu lieu le concert dont vous parlez mais au BATACLAN…. merci de corriger !!

    • Toutes mes excuses à cette belle salle qu’est la Cigale, les salles se ressemblent dans la configuration mais la Cigale chante aussi quand il faut chaud, comme dirait l’expression. Je suis désolé, j’ai retiré cette injure et vlan ! dans la gueule du Bataclan !
      Encore mes excuses.
      Cordialement

      Dicky le Canard

  2. aircoba

    C’était chaud ce soir-là et Alison… je la veux, je la veux… en lapdance sur « Twist & Shout’ des Beatles.

  3. Très bon article, et on est d’accord pour la température…
    Juste, il n’ont joué ni Gasoline ni New Pony ! Quant à Alison, peu importe ses fringues, c’est un être de sueur en toutes circonstances, et c’est ça qui est bon 🙂

    • Promis, je fais les modif dès que j’ai du temps. Merci pour les rectifications ! Ca fait plaisir d’avoir une nouvelle lectrice qui écoute de la bonne musique.
      Cordialement

      Dicky le Canard

      • Merci à toi aussi pour ta visite 🙂 bien vu pour Dance Little Liar.
        Pour la musique, on a l’air en effet sur la même longueur d’ondes Monsieur Canard !
        Cordialement de même

  4. The Dead Weather. Déjà une légende. Je rêve d’assister à un de leur concert, avec ce résumé, mon rêve ne fait que s’accroitre ! Ca a l’air vraiment mémorable.

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