Diam’s @ Solidays

Après un repas digne de ce nom, à comprendre un sandwich steak haché calciné dans un pain mou servit avec des frites trop cuites, devant le concert de Yvan Le Bolloc’h et Ma guitare s’appelle reviens, il est l’heure de retourner voir un petit concert parce que franchement Ma guitare s’appelle reviens ça m’a donné envie de dire Never Mind le Bollock. Désolé pour ce jeu de mot minable mais j’ai eu l’impression qu’il allait reprendre à tout moment Jobi Joba ou Bamboleo, ça m’a pas mal irrité parce que ça n’arrivait jamais.
Il n’y a pas grand chose donc je décide d’aller voir Diam’s que j’ai déjà vu ici-même quelques années auparavant et qui m’avait plus qu’étonné.

Alors ouai ouai je déconne mais je suis mal à l’aise en me rendant à la scène Paris. Diam’s vient à peine de commencer que les blagues fusent d’un peu partout et sont loin d’être de très bon goût. Une histoire de chourros m’oblige à patienter sur le pelouse face au concert mais complètement au fond vers les stands de fringues babs’ ringardos.
Assis sur la pelouse, je suis entouré de mecs qui ne se connaissent pas mais qui finissent par faire ami-ami grâce à leurs commentaires affligeants concernant la rappeuse. Avec ses allures de Missy Elliott française de loin, Diam’s débute son concert avec la chanson TS, tirée de son dernier album SOS, où elle expose, dans un flow assez violent, l’histoire d’un adolescent qui veut se suicider. Au milieu du titre, elle dit : « Hopital d’orsay, 1995. J’étais en train d’agoniser, moi je n’ai pas osé le flingue » qui est suivit d’un bruitage de tir. C’est le moment trouvé par mes voisins les débiles pour crier ensemble « Ouai ! Elle s’est buttée enfin ! Ouai ! C’est bon ça ! ». Je vous passe la suite de la conversation haute en couleurs avec des commentaires islamophobes, des clichés sur le rap, des imitations clichées des « wesh » de banlieues et aussi le pauvre connard qui faisait la manche pour que Diam’s ait assez d’argent pour arrêter sa carrière ou s’acheter un flow.
Les churros sont là, faut vite que je me casse parce que comme dirait Helmut Fritz : Ca m’énerve !
C’est malheureusement souvent le cas en festival. Dès qu’il a du rap grand public et une affiche très pop-rock à coté,  les rappeurs vont se faire tailler face à certains spectateurs qui ne connaissent ni la musique de l’artiste, à part  vaguement quelques singles radio, ni la boule d’énergie qui se dégage d’un concert de rap.

Je me lève donc, me décroche de cette ambiance toxique et rentre dans le gros de la foule où j’ai la stupéfaction de voir pas mal d’enfants entrain de danser. Faut dire qu’elle fait tout pour ça la Diam’s, n’hésitant pas à faire des versions de ces tubes, genre DJ, à la sauce africaine qui pousse la foule a courir dans tous les sens et danser n’importe comment. Point très important, voir primordial pour la réussite d’un concert de hip-hop, Diam’s est entouré de musiciens qui jouent en live et accompagnent ses choristes, on est loin du rap bidon où un mec envoi une mixtape pour poser son flow.
Je suis pas fan de tout, loin de là, mais je me fais avoir parce que bien qu’hyper égocentrique, elle respire la vérité. Une pierre brute qui, tout simplement, kiff à être sur scène,  donne tout ce qu’elle a pour démonter les préjugés et autres critiques violentes en musique. Elle rigole, elle fait des blagues, lâche des flows impressionnant comme Suzy où c’est elle qui rap et déchire.
Petit luxe que peu de monde peut se permettre, elle ne reprend pratiquement aucun de ses tubes de ses débuts et ça ne dérange pas, c’est pas grave parce que les nouveaux titres sont assez bien orchestrés pour suffire à ce show vitaminé.
Pour son rappel, une voix off venant de nul part, nous annonce le spectacle de fin d’année de la classe de CM1 des écureuils de Paname et là, c’est la révolution ! Le DJ est déguisé en Darth Vador, étrange… il scratch et est retrouvé par Dora l’exploratrice, Obélix et d’autres personnages dansant sur scène. Le clou de ce spectacle déglingué est l’arrivée d’un ours blanc qui chante et l’ours blanc c’est Diam’s ! Déguisée pour son nouveau single Peter Pan, un bordel géant très amusant et très osé tombe sur le festival et emporte tout le monde avec lui !
Une vendeuse de disques XXL comme elle qui joue de son image, ose se déguiser, c’est casse gueule mais elle est tellement dans son personnage et les gamins dans le public tellement à bloc que ça devient un moment un brin émouvant, surtout de voir ces kids bondir de partout en criant les paroles.

Diam’s est une grande artiste en concert. Elle gère, elle communique beaucoup avec son public, prend des risques mais temporise, met en scène avec parcimonie et le tout avec le sourire. Tout est sous contrôle est c’est là qu’elle prend sa force, elle donne ce qu’elle a envie de donner aux yeux de son public mais ne retient pas son envie d’offrir un moment de plaisir, un Concert avec un grand C. Musicalement, on a le droit de ne pas aimer (c’est un peu mon cas) mais on ne peut ne pas lui reconnaître d’être une chanteuse de coeur qui fait tout pour son public. Big up !

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