La Fête de la Musique ou La Saint Sylvestre de l’été

« La musiqueuuuuhhh ! Oui la musiqueuuuh ! Je sais sera la clééééééé ! de l’amour et de l’amitiéééé !!!! » sera l’hymne symbolique d’un retour à ma chaumière un soir de fête de la musique.
La France est un pays culturellement à la pointe, un reflet d’élégance rayonnant sur le monde, un modèle du genre, un parangon. Comment le nier quand on sait qu’elle a inventé, sous le règne de Jack Lang au ministère de la culture, cette réjouissance formidable qu’est la Fête de la musique. Fêtée annuellement le 21 juin, jour le plus long de l’année, la Fête de la musique est devenue une institution française si légendaire, qu’elle est devenue internationale. Bientôt trente ans après sa naissance, ce n’est pas moins d’une petite centaine de pays qui, a l’image de la France, fête la musique comme il se doit en ce jour de solstice d’été. Mais est-ce qu’ailleurs cette fête est aussi triste qu’elle l’est dans l’hexagone ?
La fête de la musique est la version estivale du nouvel an, un moment de loose extrême dans la majorité des cas quand on a pas prévu sa soirée. Combien de fois est-on tombé sur un groupe de reprises ringardes au possible chanter, comme si il jouait sa vie, Capitaine Abandonné de Gold ? Combien, ce soir, en France, y-a-t-il eu de massacres de Seven Nation Army des White Stripes ? Combien de groupes dont a déjà oublié l’existence ? Combien de moments de léthargie verticale  face à un chanteur dont on se fout éperdument mais qui a été notre dernier espoir d’écouter un peu de musique en cette grande nouba ? Et surtout, combien de litres d’alcool ingurgités pour cette occasion ?
Comme certains festivals musicaux de l’été, la fête de la musique c’est ça, un rassemblement de personnes qui a une belle excuse pour se prendre une cuite en public, faire n’importe quoi avec comme caution morale le fait de faire du culturel !
La fête de la musique ressemble au nouvel an car dans les deux cas ça a l’allure de loin (même de près) de mecs à la dérive allant d’un quartier à un autre pour feindre cet ennui omniprésent qui revit dès que le niveau d’alcoolémie baisse. Une fête de la bière et du cocktail maison frelaté en bouteille en plastique, le moment T pour montrer son cul et chanter n’importe quoi à tue-tête n’importe où, l’instant magique où, en bande, on fait semblant d’être plus bourré qu’on ne l’est pour oser dire à des inconnus ce qu’on a jamais osé dire, une date où la musique on s’en tape parce qu’on est trop bourré pour l’écouter.
Le 21 juin devrait être une soirée annexe à la St Patrick, comme devrait l’être le 14 juillet, Halloween, le nouvel an, la victoire d’une équipe de foot… on arrêterait de nous faire croire qu’il y a un but, un évènement derrière, que si on sort en masse c’est pour l’Amour de l’Art. La Fête de la musique c’est juste une biture collective et collégiale, une soirée à ciel ouvert où les flics sont plus lights. Un alibi culturel bidon où des groupes se déplacent et acceptent de jouer dans des conditions innommables (son pourri, manque d’espace, collé à un autre groupe à 15mètres) pour au final, ne pas être respectés par une majeur partie des badauds.

Attention on peut découvrir des perles musicales dans une soirée comme celle-ci, on peut aussi rencontrer une ambiance chaleureuse et conviviale, il n’y a pas de règles mais quand on déambule sans trop savoir où l’on va terminer, on croise tellement de groupes qui font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont, tellement de chanteurs de karaoké sous une PBO midi, tellement de sono horribles… que l’accumulation éclipse les bons groupes et rend le spectacle terrifiant.
Heureusement qu’il y a des familles, des gens civilisés qui vont soutenir les musiciens à cette soirée mais ils sont découragés années après années par cette ambiance faussement festive et ces fêtards trompeusement animé par l’amour de la « musiqueuuhhhh !!!!! Je sais sera la cléééééé !!! de l’amour et l’amitiééééééé !!« .
Note pour plus tard : Nicoletta chantée, dans un wagon de métro, par un dizaine de mecs déchirés, à la voix plus proche de celle de Renaud que de Gregory Lemarchal, est aussi harmonieux et insupportable qu’à l’époque où Jean-Pascal, Jenifer et Mario la saccageaient hebdomadairement à la Star Academy 1. Faut dire que l’original me fait se dresser mon pelage jaune de crispation et de dégoût.
La fête de la musique est comme le second i d’Hawaii, elle sert à rien ! (Référence à Brice de Nice, c’est vous montré à quel point je suis outré face à cette sauterie inutile)

Ça me rappelle ce couplet de Vincent Delerm dans Natation Synchronisée :

« Nous avons subi le soir du 21 juin
Des reprises de La Bombe Humaine
L’eau vive à la flûte à bec par des CM1
Just Like Heaven avenue du Maine ».

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3 Commentaires

Classé dans Musique

3 réponses à “La Fête de la Musique ou La Saint Sylvestre de l’été

  1. Chloé

    on dit un « parangon » et non un « paragon » (l.11) 🙂
    J’espère que tout va bien..
    une correctrice bien intentionnée.

    • On peut même plus être dislexyque ou faire des anglicismes foireux ? Ok ! ok ! Dicky va bien et il te dit merci pour cette faute (une de plus, une de moins…)
      Très Cordialement

      Dicky le Canard

  2. BarrFind

    En parlant de fautes, j’me suis toujours demandé pourquoi les français tiennent toujours à écrire « loose » à la place de « lose »… Mais si ça vous incite à découvrir « loose fur » alors pourquoi pas…

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