Klaxons @ Nouveau Casino de Paris

Le buzz est monté en quelques clics il y a deux semaines, les Klaxons seront à Paris le 15 juin au Nouveau Casino. Places uniquement disponibles sur Digitick, c’est la ruée folle à en croire les rumeurs sur le net. Avance accélérée, lecture, le concert c’est ce soir mais à quoi s’attendre ?
Myths of the Near Future est l’unique album sortit des Klaxons à ce jour, il date d’il y a trois ans et depuis plus rien… Ah si ! des rumeurs comme quoi le premier jet a été littéralement effacé, que le producteur ceci, que le nouveau son cela, que la date de sortie est encore repoussée… bref rien de très rassurant mais les voilà qui passent par Paris pour un pré-tour, annonçant la sortie prochaine de Surfing The Void.
Rendez-vous à 20h au Nouveau Casino à Oberkampf, franchement il n’y a pas grand monde pour le soit disant concert qui allait être complet en quelques secondes.
Entrée dans le Klub quasi-vide, aucune chance de trouver du sang sur le dancefloor. La salle est toute petite, réduite encore plus par un bar géant aux prix prohibitifs.
Sur scène, il y a pratiquement autant de monde que dans la salle. Une table de mix et deux DJ derrière : Busy P & DJ Mehdi. Je ne reconnais pas DJ Mehdi, à croire qu’inconsciemment j’essaye d’oublier définitivement cet « artiste » et cette daube magistrale qu’est Lucky Boy At Night (ce mec me doit toujours 40 minutes de ma vie). Busy P, par contre, je crois un moment que c’est Quentin Dupieux aka Mr Oizo puis me ravise et reconnaît Pedro Winter, le boss de Ed Banger Records et ex-manager de Daft Punk. Ils ont une belle collection de disques tous les deux, ils font quelques feintes de mix pour passer d’un titre à un autre mais ça ressemble plus à une soirée Ouï Fm ou à une Guerilla Party qu’à une première partie digne de ce nom.
Au bar, il y a une petite affichette avec les heures de passage. Les Klaxons sont programmés à 21h25, mauvaise nouvelle encore 45 minutes de DJ set à supporter. Vingt minutes avant l’heure H des Klaxons, les DJ quittent la scène, la salle remet de la musique pour faire patienter, une différence ? Non, pas vraiment.
Le public patiente (très) tranquillement. Rarement j’ai vu autant de marinières ! On se croirait à un concert de Soldat Louis.
Pourquoi ? Je dois avouer que sur le coup, je ne sais pas mais le futur m’expliquera qu’il s’agit là, d’un trick de fans, un clin d’oeil vestimentaire au monolithique Jamie Reynolds, chanteur bassiste des Klaxons, qui en porte un aussi en live !
Je crois que je suis pas un aficionados des choses à faire pour être in lors d’un concert.

Il est 21h25 précise, les lumières s’éteignent. Les Klaxons débarquent sur la mini scène et débutent le concert avec le single, datant de la semaine dernière, Flashover. Du lourd, voir très lourd et un son mammouth. Incroyable de se prendre, à froid, une vague sonore déferlante à cette vitesse en pleine tronche. Les harmonies vocales sont au top, le rendu est net, la balance niquelle et l’énergie du morceau galvanisante instantanément. Un petit groupe au premier rang saute dans tous les sens, balance les bras en l’air,  crie à s’époumoner et balance deux pauvres ballons baudruches pour remercier les cinq anglais alors que, le reste du public est en mode spectateur placide. Cela n’empêche pas Klaxons de monter dans les tours et d’aller piquer la curiosité des auditeurs de la première heure en leur jouant Two Receivers. L’ambiance grandit titre après titre et vrombit à en faire trembler le lustre faux-rococo du nouveau Casino. Malins et et déjà assez pros pour connaître les vieilles ficelles  du métier, Klaxons utilisent la technique ancestrale du je-fais-deux-morceaux-de-l’-ancien-album-puis-un-titre-que-tu-connais-pas. Rien à dire cet artifice fonctionne comme à son habitude. Entre un Golden Skans et un Gravity’s Rainbow, Klaxons nous introduit à leur nouvel album qui parait très prometteur mais plus axé sur des mélodies pop très-travaillées et dans une ambiance plus sombre que le nu-wave du premier album. Leur collaboration avec Ross Robinson y est surement pour quelque chose, ce producteur américain est connu notamment pour son travail d’ambiance avec Slipknot, At the Drive-in ou The Cure. Différent d’avant, la nouvelle mixture musicale n’est pas écœurante pour autant, elle donne moins envie de bouger son boule frénétiquement mais ouvre vers un autre univers musical très intéressant.
55 minutes de show intensif où il n’y a pas un instant pour s’ennuyer et c’est déjà l’heure du qausi-obligatoire rappel. Le groupe revient pour Atlantis to Interzone. Une version live délirante et aussi excitante qu’on peut l’imaginer quand on l’écoute dans son ipod et qu’on a envie de tout lâcher mais qu’on ne peut pas.

Un concert d’une heure et pas une minute de plus (c’était noté sur l’emploi du temps du bar en même temps). Avec la précision d’une horloge suisse, Klaxons prouvent qu’ils sont uniques, qu’ils ont un talent indéniable, que Jamie Reynolds et James Righton forment un duo vocale impressionnant et carrément sexy (je suis un canard garçon mais il faut bien reconnaître que là…) et que malgré l’attente et les couacs, Surfing The Void semble être un petit bijou qui a, simplement, aimé se faire attendre.
Le temps du concert importe peu en fin de compte car ils ont donné tout ce qu’ils avaient, la setlist était parfaite, rien ne dépassait et ils confirment que l’on peut faire du rock structuré tout en donnant envie de danser. De vrais myths of a near future !

En attendant la sortie de Surfing the Void le 23 aout prochain, un petit Flashover vous fera bien patienter encore un peu. (La pochette est assez incroyable !)

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10 Commentaires

Classé dans Musique

10 réponses à “Klaxons @ Nouveau Casino de Paris

  1. J’ai beaucoup aimé leur premier que j’ai découvert il y a peu (oui, j’ai beaucoup de retard :-s)vivement le 23 🙂

  2. Sincèrement je pense que la première partie a été prévu à la dernière minute, ne trouvant pas de groupe pour l’assurer. Mais perso, je préfère ça qu’un groupe immonde, puis j’avoue mettre bien amusé, c’était du tube sur tube ça m’a pas vraiment gêné. (par contre, j’ai pas vu Mr Oizo..y avait juste Busy P et DJ Mehdi -qui servait à rien comme d’habitude)

    Pour ce qui est des Klaxons, je les trouve toujours aussi bon mais leur nouveaux titres sont assez indigestes : trop de bruit pour pas grand chose. Personnellement, ça m’a un peu bloqué dans mon élan de groupisme. Ajouté à cela une salle vraiment molle (il faudra attendre Magick pour vraiment se faire un peu bousculer)
    Donc Surfing The Void sera dans la logique plus sombre mais va-t-il tomber dans indierock obscure?

    M’enfin pour l’info c’est moi (et quelques amies) qui ont lancés ces quelques pauvres ballons, tout à fait ridicules vu l’ambiance de la salle…

    • Non c’est vrai que le public, moi le premier, était pas à bloc parce que la première partie a un peu endormit tout le monde ou in-intéressé au possible. La première partie minable c’est peut être naze mais au moins ça divertit et ça donne plus de cachet à la tête d’affiche. Les deux ballons c’est pas une critique au contraire, c’est juste que pleins de ballons tombant du plafond aurait été plus cool et plus festif. Le nouvel album va vraiment s’éloigner du premier, c’est à peu près certain, pour prendre un coté plus sombre et plus mélodique, c’est le lot de pas mal de groupes qui composent beaucoup et grandissent. J’ai pas été choqué mais il y a un clivage entre les deux univers.
      Cordialement

      Dicky le Canard

      • Je comprends tout à fait ; les deux DJ étaient plus là pour faire passer le temps qu’autre autre chose nous sommes bien d’accord.
        En fait,tu as touché juste (même si j’ignore si c’était ton attention), : alors que Myths Of The Near Future était un « genre de précurseur » (très relatif hein) le deuxième album s’annonce comme la plupart des albums du moment « sombre et reflechis ». Autant pour les Foals j’avais craqué autant les Klaxons auront plus de mal…

        Ps : je ne l’ai pas du tout pris mal! C’est juste que c’était bel et bien deux pauvres ballons qui n’étaient pas du tout à leur place!

  3. +1 je faisais partie des filles à ballons (et c’est con de dire ça) avec axeley et pour moi même si j’avoue que dj mehdi et busy p se sont contentés d’être des personnalités électros pour assurer la première partie je trouvais que l’ambiance molle venait surtout du public blasé qui estimait qu’il méritait mieux,et je tiens à dire que le public était de la même humeur devant les tous jeunes metronomy en 2007 au concert de la cigale des Klaxons alors que je suis sure que c’est les mêmes qui ont achetés leur place quelques mois plus tard pour metronomy, de plus le public était toujours aussi plat pour les klaxons alors je me demande ce qu’ils pouvaient attendre d’autre…enfin moi contrairement à axeley qui pense que les ballons n’avaient peut être pas leur place je pense qu’au contraire les spectateurs devraient se munir de ballons et se bouger un peu plus le cul MERDE CEST DU ROCK OU QUOI???
    (pardon ^^)

    • Woaw ! Ça c’est un cri du cœur ! Bon je dois t’avouer que j’ai pas tout compris à ton histoire de public qui va voir Metronomy qui va voir Klaxons qui retourne voir Metronomy qui vient voir Klaxons… j’ai bon ? Je suis d’accord avec toi le public n’a pas été à la hauteur, il a été assez glacial mais bon la salle n’aide pas non plus à ça, tout en longueur, une grosse partie se retrouve collé au bar ou dessous l’escalier, pas facile de se mettre dans l’ambiance dans ses conditions. J’étais juste derrière vous et j’ai trouvé fun les ballons mais j’étais déçu qu’il n’y en ait pas eu plus. J’aime bien les concerts où il y a une orgie de cotillons et de ballons, un peu façon Flaming Lips. Se bouger le cul ouai, j’ai un peu remué mon cul de canard, impossible de rester stoïque devant une déferlante musicale comme celle-là. Peut être que ces spectateurs pensaient voir une concert ambiant ou de la Cold-Wave… Et oui bordel c’est du rock !
      Cordialement

      Dicky le Canard

  4. En même temps les premières parties sont toujours snobés que ce soit Metronomy, Kasabian ou autres…Une loi fondamentale du concert.
    Pour l’histoire, je trouve que ni le public ni la salle NI le concert ET ENCORE MOINS LES KLAXONS EUX MÊME ne méritaient de rencontrer ces magnifiques ballons. Même si je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’un bon concert, ne se fait pas sans ballons (autre loi fondamentale).

    Pardon je tenais à rajouter mon grain de sel.
    Sur ce.

  5. ah mais je trouve que tu es sévère là Axeley car même si les nouvelles chansons ne te plaisent pas le concert était plutôt bon
    (dsl encore pour le commentaire de l’autre fois anyway c’est un débat sans fin)

    • Bah écoute ils font du bruits c’est sur mais c’est plus pour un souvenir d’eux que j’ai aimé le concert que pour un bon concert. Arf, de toute façon je vais divorcer des Klaxons, nous avons pris des routes différentes…J’attends le 26 aout pour confirmer ça.

      • Ben finalement, je trouve que (de ce qu’on en a entendu, et qui a « filtré »), ça s’écoute plutôt bien, même si ça ne vaut pas le premier, il y a toujours la Klaxons’touch, je n’avais pas été conquise pendant le concert, mais plus j’écoute et plus je me dis qu’ils ne sont pas non plus partis nos KlaKla…

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