High Fidelity – Nick Hornby

C’est toujours délicat de parler d’un coup de foudre. On a les mains qui tremblent, les mots qui se bousculent mais ne sont jamais ceux que l’on cherche, on est tout penaud, on dit des énormités sans tourner dix fois sa langue dans sa bouche… mais tan-pis je me jette à l’eau !

Il y a certaines rencontres qu’on sait inévitables mais qui inquiètent. On en a souvent entendu parler, pleins d’anecdotes gravitent autour, tout le monde l’adore, tout le monde dit qu’on va adorer, on sait qu’on a les mêmes références culturelles, on sait qu’on va accrocher au premier regard et pourtant on met du temps pour provoquer le destin alors que… J’ai sauté le pas et j’ai bien eu raison car ça a été le coup de foudre, un coup d’amour, un coup de je t’aime, Richard Cocciante sort de mon corps !
Je viens de terminer Haute fidélité de Nick Hornby et je pense que je vais avoir un peu de mal à m’en remettre.
L’histoire est simple, Rob est disquaire, Rob a une trentaine d’années, Rob vit mal une rupture, Rob est nostalgique, Rob est un lisztomania(k), Rob, Rob, Rob.
Au milieu des années 90, Rob, encore lui, tient un vinyle store, Championship Records, à Londres comme on peut encore en trouver à Camden Town. En pleine époque où les gens refont leur discothèque en compact disque, Rob et ses deux employés marginaux Barry & Dick attendent le client en cherchant des top 5 de tout et n’importe quoi ou en philosophant sur la création d’une mixtape parfaite ou encore en parlant de musique en mode non-stop.  Toute l’histoire tourne autour de la musique, des anciennes amours de Rob, autour de la pop et de la reconquête de sa dernière amoureuse Laura.
Derrière ses faux semblants cools et ses références pointues, Haute fidélité est une réflexion pertinente sur l’amour, sur le refus de quitter la vie adolescence  pour accepter la panoplie de l’adulte modèle, sur la nostalgie, sur la pop et les conséquences qu’elle peut avoir sur nos vies.
Je me suis attaché à Rob,  à ses manies de classements, à son humour pince sans rire, à sa façon à lui d’être passionné par ce qu’il entreprend, par ses top 5 ayant beaucoup de goût, par ses envies et par sa vision de la vie.
Je me suis beaucoup (trop) reconnu dans ce personnage, dans ses réflexions sur le couple, dans son idée de l’influence que peut avoir la musique sur notre quotidien, dans sa vision pessimiste des choses,  dans le fait de partir au lieu de construire… le bouquin m’a ouvert les yeux sur certaines de mes névroses, façon miroir, et fait réfléchir sur les hypothèses du pourquoi du comment.

Une ambiance anglaise, une écriture simple et efficace, un humour second degré décapant, une histoire d’amour pas gnagnante, un personnage principal au top… difficile de fermer le livre et de se dire que c’est finit.
High Fidelity est donc mon gros gros coup de cœur littéraire de cette année, je crois que je vais devoir dévorer tout Nick Hornby de a à z et puis regarder les films tirés de son œuvre.
Je viens de commencer le dernier des Savage de McInerney et je suis pas autant imprégné que d’habitude, High Fidelity est encore dans ma tête et j’ai du mal à m’en séparer.  Comme quoi les histoires d’amour finissent mal en général.

Un Top 5 tiré du roman pour lequel j’ai ma petite idée pour ce soir.

Le Top 5 des groupes ou musiciens qui devront être abattus quand viendra la révolution musicale
(Top Five Bands or Musicians Who Will Have To Be Shot Come the Musical Revolution)

  • Céline Dion (j’ai envie de la mettre 5 fois pour qu’on soit certain qu’on ne la rate pas !)
  • Nickelback (pour avoir relancer le rock fm de cette façon)
  • Keane (pour avoir aidé à la continuité de la pop guimauve)
  • Phil Collins (pour l’ensemble de son œuvre en tant que chanteur)
  • Corey Taylor (pour être à l’origine de Slipknot & Stonesour)
Publicités

3 Commentaires

Classé dans Bouquins, Canards & autres mots sur papier

3 réponses à “High Fidelity – Nick Hornby

  1. Comment se fait-il qu’à chaque fois que je viens te lire, je me sens emportée par tes lectures, que j’ai furieusement envie d’aller dépenser de l’argent que je n’ai pas dans les livres que tu recommandes, et que je reste d’une admiration hébétée devant ta verve?
    C’est agaçant, à la fin.
    mais c’est aussi prodigieusement agréable.
    Well done.

  2. aircoba

    Amen. Ce livre, c’est la Bible.

  3. Pareil que Yelle et en plus si cela parle de musique et d’amour… (peut être un peu réducteur de parler de ce livre comme ça, on en reparlera quand je l’aurais lu :-)) Merci, je vais le commander de ce pas 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s