Sia @ l’Olympia, le 19 mai 2010

Mardi soir. Rue des capucines. Olympia. Paris. 20h. Les mythiques lettres rouges le confirment, ce soir à l’affiche : SIA.
Sia est une artiste pop excentrique australienne. Après des débuts plus que remarquables avec les trip-hopiens de Zero 7 sur leur album Simple Things (Destiny, Distractions ) puis sur le fantastique When it Falls (Somersault, Speed Dial No. 2), Sia démarre une carrière solo qui prend un peu de temps à décoller, bien qu’elle ait des fans qui la suivent partout et font tout pour que le buzz monte. En 2004, son titre Breathe Me devient le générique de la série américaine Six Feet Under et sa popularité monte d’un cran. Puis en 2008, elle se lance dans une tournée marathon pour défendre son album Some People Have Real Problems où elle fera beaucoup parlé d’elle en France suite à son passage à Taratata sur France 2 avant de terminer sa tournée au Bataclan dans une salle bondée.
A peine reposée, Sia annonce la sortie d’un nouvel album We are Born, disponible à partir du 22 juin 2010 et un pré-tour pour s’échauffer.
Très attendue, la Lady Croissant joue à guichet fermé.
La première partie est assurée par The Two. Duo français folk, The Two n’est pas musicalement novateur mais, parce qu’il y a un grand mais, ils savent avec une précision d’orfèvre créer une alchimie parfaite entre leurs deux voix. Des mélodies pop flirtant avec le trip-hop par moment, The Two est une première partie de qualité. Bien que leur nom les en empêche, The Two serait bien mieux avec un batteur et un bassiste. C’est toujours étrange de voir un groupe avec un potentiel rock, palpable dans leurs compositions, se brider à un duo guitare synthé-machine alors qu’en groupe, certains titres, comme le singlesque Everyday, prendrait en profondeur et intensité… dommage. N’empêche qu’il y a quelque chose, leur reprise de Don’t Care about Us de Michael Jackson est bien sympathique, leur titre radio du moment I wanna be with you again est une ballade mélancolique envoutante et aussi prenante qu’un Lili de Aaron, les violons en moins merci ! The Two a un vrai potentiel, un groupe qui peut tirer son épingle du jeu dans la scène française, il ne leur manque plus qu’à gagner de l’expérience pour les grandes scènes et développer leur univers diégétique et scénique. Le concert commence bien.

L’Olympia offre au public un entracte de 20 minutes, mais qu’est-ce qu’il est généreux cet Olympia.

Les lumières s’éteignent. Le show peut commencer. Sia débarque sur scène avec une robe hallucinante faite à partir de bande plastique rouge et blanche pour sécuriser un périmètre. Toujours complètement survolté, le concert démarre sur les chapeaux de roues avec Fight, nouveau titre très funky, printanier et dansant qui met une ambiance festive très rapidement.  Elle est toujours accompagné du même groupe, que des garçons, dont son guitariste qui ressemble à s’y méprendre de loin à Dominique A. Elle enchaîne avec Buttons, titre très coloré et rythmés de Some People Have Real Problems mais préfère ralentir la cadence avec Big Girl, Little Girl et l’ensorcelante Little Black Sandals.
Entre deux chansons, Sia tchatche. Elle adore ça et son public en redemande. Dès qu’un titre s’arrête, c’est un enchaînement de blagues, de remises de cadeaux, de conversations avec n’importe qui de la foule, de tentative de déclarations en français… c’est toujours très drôle, elle maîtrise l’exercice avec brio mais c’est vrai que, pour quelqu’un qui ne parle pas anglais ou très mal, les entractes blagues peuvent paraître beaucoup trop longs.
Sia en concert, c’est avant tout une ambiance. Le temps du show, le public se sent bien, rigole et ne peut être que sous le charme de ce grain de voix unique et incroyable.  Le setlist du concert est très variée, il y a autant des chansons inédites (bien que certaines soit en écoute gratuite sur le Youtube de Sia), que des titres de ses précédents albums ainsi qu’une reprise un peu ennuyante de Oh ! Father de Madonna. Au milieu du concert, Sia dédicace une chanson à un couple de jeunes mariés présents dans la salle, suite à une lettre envoyée par leur meilleur ami qui demandait à la chanteuse de leur dédier You have Been Loved, un geste émouvant et tout à son honneur. Elle termine sur Breathe Me avant un rappel sur Sunday Sia porte des ailes au bout rond qui fait des bulles. La scénographie est remarquable. Aussi bien sa robe, les costumes rayés des ses musiciens, le drapeau à son nom dans le fond où les gadgets qu’elle porte, tout est fait avec goût et une grande précision. Elle clôture le concert avec Soon we’ll be fine.
Le public quitte la salle le sourire aux lèvres, apaisé et content d’avoir vu une diva pop excentrique tenant toutes ses promesses. Clap your hands !

Sia
Clap your Hands

* photo de photografieke
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3 Commentaires

Classé dans Musique

3 réponses à “Sia @ l’Olympia, le 19 mai 2010

  1. Emy

    Je suis très jalouse car j’aurais donné beaucoup pour assister à ce concert !
    Au passage : ton blog est top, j’y passerai souvent dorénavant !

  2. aircoba

    Marrant. J’y étais, j’ai failli écrire un billet et je me suis un peu découragé. Si Sia m’a complètement charmé, j’ai trouvé que le son était loin d’être irréprochable (trop de graves à mon goût) et que son groupe restait super sage, limite scolaire. J’aurais voulu quelques escapades solos. Et sinon, j’ai été plus que déçu par la version de ‘Breathe me’ puisque y’avait pas de violonistes et que le son des violons ressortait bouffé par tous les instruments. Ce qui ampute une grosse part d’émotion à cette chanson. Je me suis senti un peu trahi sur ce coup-là, et suis ressorti assez mitigé du concert malgré le phénomène scénique qu’est Sia.

    • C’est vrai que le groupe a fait son boulot et pas plus mais je crois que ce pré-tour est un peu bâtard pour eux, j’avais pas compris que Sia était enceinte jusqu’aux yeux à l’Olympia et que donc la tournée allait être compliquée. J’ai trouvé que la balance était pas trop mal, de toute façon c’est rare d’être bluffé par le son à Paris. J’étais content de ce concert parce que c’était bordélique, joyeux et les nouveaux morceaux m’ont donné envie de bouger mon boule de canard. Breathe Me devait être incroyable en live à l’époque de Lady Croissant, là c’est juste un passage obligé car c’est un single mais il dépareille un peu du reste. J’étais malade, j’avais pas une envie folle d’aller à un concert vue la fatigue et malgré ça j’ai passé un bon moment. A ne pas oublier non plus que j’écoute les concerts avec des bouchons donc ça modifie quelque peu mes perceptions sonores.
      Je crois qu’après une longue lecture de ton blog qu’on a pas mal de gouts en commun.
      Cordialement

      Dicky le Canard

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