Shanghai Baby de Weihui

Il y a des livres comme ça qui tombent dans nos mains, comme ça, sans raison aucune, qu’on prend sur l’étalage patchwork de la Fnac ou d’ailleurs, dont on lit la quatrième de couverture, dont on trouve la photo jolie et, comme ça, en un achat compulsif, on le prend. C’est exactement ce qui m’est arrivé avec Shanghai Baby de Weihui. Shanghai Baby est son premier roman et aussi mon premier roman d’un auteur chinois, j’ai l’habitude de lire de la littérature japonaise uniquement venant d’Asie. Je pense que le fait qu’il soit mentionné que Weihui est « un phénomène national. Tant il est vrai qu’à ce jour aucun écrivain n’a provoqué un tel remue-ménage en Chine. » a beaucoup aidé à cette décision subite.
Toujours à la recherche de l’air du temps, une jeune romancière qui décrit une Chine moderne alors qu’on perçoit d’ici, à travers un filtre médiatique mettant plus en avant la politique intérieure du pays que sa culture, un pays pleins de préjugé, ça ne pouvait que me faire tiquer.
L’histoire est simple, Coco une jeune romancière n’ayant connu qu’un très léger succès, travaille dans un bar où un jour elle est courtisé par Tiantian, un jeune artiste névrosé qui passe son temps à lire de la philosophie et de la poésie. Ils tombent éperdument amoureux l’un de l’autre mais Tiantian est incapable de lui faire l’amour. Coco, en jeune femme assoiffée de nouvelles rencontres et d’expériences extrêmes, aime son ami mais à besoin de quelque chose de plus charnel et fou pour faire vivre son inspiration et écrire son second roman. On suit cette jeune fille fascinante par ses humeurs rotors, ses excentricités un brin romantiques et sa façon de décrire cette vie fougueuse, voir futile selon elle.
Un triangle amoureux complexe se forme et complique sa vie.
Je dois bien avouer que je me suis laissé embarqué. Au début, j’étais un peu sceptique. Je trouvai ça un peu trop en surface et tout semblait aller très vite, peut être trop vite, un peu comme les rodéos voitures auxquels participent un personnage amusant du roman. Une grande vitesse pour peut être mieux arrivé à fond dans le mur.
Sincèrement, je crois que Shanghai Baby fait parti de ces romans qui toucheront plus la gente féminine, bien qu’il soit très intéressant pour un homme de le lire, car il met en avant des questions personnelles très féminines, des réflexions sur les sentiments qui sont loin de celles des hommes et une introspection sur la libération de la femme dans un pays encore braqué sur des traditions ancestrales. N’empêche que le canard garçon que je suis, il c’est bien fait avoir et eu une sensation de vide hypodermique l’a envahit dans le métro lorsqu’il a tourné la dernière page du roman.
Un roman que je conseillerai à des amies très certainement, moins à des amis, et qui confirme la maxime de Cookie Dingler : être une femme libérée c’est pas si facile.
Cette liberté a parfois un prix et de lourdes conséquences…

PS : juste pour faire le malin, une erreur s’est glissée que j’ai noté : Coco aime bien « Numy » de Portishead, ça doit être un mix de l’album Dummy et de la chanson Numb du même groupe. C’est rien mais c’était amusant de le souligner.

Disponible en poche aux éditions Picquier Poche.
Prix : 7€50
Pages : 383p.
Lien Amazon : Shanghai Baby

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Classé dans Bouquins, Canards & autres mots sur papier

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