La chanson de la Semaine – Semaine#2

En 1967, Bob Dylan compose une ballade sublime (une de plus) I Shall Be Released. La chanson achevée plait à Dylan mais pas assez pour figurer sur son prochain album. Il l’enregistre, le garde en bootleg et ne sera disponible que sur des best of. La chansons sera offerte par son acolyte de toujours Joan Baez qui n’en fera pas un succès retentissant.
Un an plus tard, The Band, groupe rock canadien des seventies, reprend la chanson sur son album Music From Big Pink. Cette première cover sera la première d’une grande lignée toutes aussi belles et toutes aussi puissantes. On compte parmi elles, une reprise par Bete Midler, Nina Simone, Jack Johnson, Wilco, Deftones et même le plombier du rock Joe Cocker pendant son incroyable concert sous LSD à Woodstock. Une chanson culte qui n’a pas été traitée à sa juste valeur par son auteur. Mais au milieu de toutes ces reprises, une sort du lot par son interprétation et par son histoire.
Le 6 septembre 1992, la radio WFMU de East Orange dans le New Jersey invite dans ses studios des artistes : Barry Reynolds, Chris Cunningham, Michelle Kinney, Jeff Gordon. Après un bœuf entrecoupé d’interviews, il reste du temps et le groupe décide d’appeler un ami à eux qui est un chanteur et musicien hors pair, fils du folkeux Tim Buckley, le téléphone décroche et une conversation inintéressante au possible commence pendant plus de quatre minutes autour de ce qu’il a mangé… Jeff Buckley est dans sa maison de Hoboken dans le New Jersey lorsqu’il reçoit le coup de fil.  Nick Hill coupe la conversation et explique à Jeff Buckley que dans le cadre de son émission Music Faucet Show, il reste du temps et ses potes voulaient savoir si il voulait reprendre un morceau. Sans trop y réfléchir, il répond I Shall Be Released de Bob Dylan. Les musiciens démarrent la musique et Buckley chante à travers le téléphone avec cet effet disto que l’on connait si bien lorsque l’on a déjà crié dans le combiné. Un moment de radio magique où Jeff Buckley donne l’impression d’être habité par le morceau lorsqu’il chante et joue de l’harmonica.

La chanson a comme thème la rédemption, le pardon qui sera donné après la mort, le fait d’être lavé de tout péché dans l’autre vie. Référence directe à la bible et plus précisément à l’apocalypse, le refrain « i see my light come shining from the west unto the east » peut aussi laisser penser à un prisonnier qui, de la meurtrière de sa cellule, regarde le monde et se projette dans une liberté impossible. Une des plus belles ballade de la pop.

Jeff Buckley
I Shall Be Released (Bob Dylan Cover)

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