Skunk Anansie – Elysée Montmartre

Skunk Anansie est de retour. Une reformation après pratiquement 9 ans de séparation, ça sent un peu le brulé cette histoire mais bon on espère quand même que ne soit pas qu’un retour pour renflouer les caisses de chacun.
En 2008, la rumeur gronde depuis déjà quelque mois, Skunk Anansie se reformerait. Annonce officiel il y a déjà un an, Skin, Ace & Cass repartiront en tournée en 2009. A priori pas assez productif dans le temps donné pour écrire un nouvel opus, le public devra se contenter d’un Greatest Hits nommé Smashes And Trashes contenant quand même trois titres inédits. Le coup du best of n’inaugure rien de bon mais on y croit, on y croit.
En ce 20 novembre, Skunk Anansie est à Paris pour célébrer son grand retour. Le rendez-vous a lieu à l’Elysée Montmartre qui a eu la très très mauvaise idée, dernièrement, de changer leur sono pour un mur de baffles aux sonorités casseroles. La première partie est assurée par The Chemist, des australiens ringards au possible qui ressemblent à ces groupes de pub se décidant après dix ans de reprises à faire des compos qui sentent à douze mètres la repompe de leurs influences principales. Pour le coup The Chemist est un hybride rock d’un trop de pleins de Coldplay, U2 et The Killer. De la pop rock catchy guimauve sans intérêt, cependant un fond sonore ne dérangeant pas pour siroter une bière. Pendant l’entracte, un enchainement d’événements anime le coin de vente. Une spectatrice malade balance une galette géante à deux pas du merchandising et dans les grands rideaux noirs longeant la colonne, suite à ça, elle part avec son copain et on ne la reverra plus. Le responsable du stand assez emmerdé demande qu’on lui envoi un agent de ménage à l’oreillette bluetooth mais comprend que personne ne viendra. Il se décide à nettoyer à l’arrache avec des serviettes trouvées dans les loges et les laisse posées par terre trempant dans la marre. Une minute plus tard, une autre spectatrice débarque deux bières à la main et glisse sur la dite serviette. Dérapage contrôle, les deux bières volent contre le bas de la table du magasin de t-shirt et transforme le lieu en zone sinistrée holiday on ice où tout le monde glisse et pose son sac dès qu’il fait un peu noir, bref la classe.
Justement les lumières éteintes annoncent le début du concert de Skunk Anansie, la jungle fatigante s’arrête et c’est partit. Les musiciens arrivent, enfourchent leurs instruments et démarrent le riff pétaradants de Selling Jesus Again. Skin débarque furibonde avec une crinière dorée, surement taillée dans une couverture de survie. La balance est horrible, la voix de Skin est perdue derrière le tonnerre que produit la batterie et rend le tout bordélique au possible. Le groupe a la patate et veut faire trembler le public en jouant Charlie Big Potato dans la foulée. Deux chansons sacrifiées pour avoir un son plus acceptable mais les bourrasques du tom basse recouvre une guitare inaudible mais aussi le cris lorsqu’ils sont aigus. Malgré les problèmes sonores, le groupe a l’air content d’être là, pas blasé et Skin est définitivement une f*king rock star. Hyper mobile, sauvage et d’une présence scénique ahuricante, la black queen est comme à son habitude en live, inénarrable. Passant d’un morceau rock comme Weak as I am à une de leur ballade à la Charity, tout va très vite et on se rend compte à quel point leurs chansons ont envahi nos radios et des moments de nos vies.
Tout est très sympa mais la magie n’y est plus car l’époque n’est plus la même, la musique a changé, les looks aussi et l’ambiance pré-cyber punk n’est vraiment plus d’actualité.  Les titres phares qui dépotent comme Twisted (Everyday Hurts) ou All I Want sont bien mais les mélodies et les enchaînements sont trop FM, il n’y a aucune surprise et le tout est trop daté. Après une heure dix de concert, le groupe s’éclipse pour mieux revenir. Un premier rappel horrible où Hedonism (Just Because You Feel Good) est scandé en choeur par un public qui, j’en suis sur, pour certain ne sont venu que pour cette chanson. Ils ne font pas durée le plaisir et ne la prolonge pas, merci vous êtes bien charitables ! Le hic est que derrière c’est Squander qui prend le relai et là, je sens en moi la guimauve remontée, la pop ballad gluante et téléphonée s’empare de nos oreilles, des titres inédits comme ça, sont fait pour rester cachés et jamais Ô grand jamais joués en live. Ils termineront après un deuxième rappel sur Secretly. Une heure trente millimétrée, sans émotion et sans être charmé.
Ce qui est bien, c’est que dans une vingtaine d’années, les spectateurs pourront dire à leurs enfants dans une voiture qui passera sur Radio Nostalgie Hedonism qu’ils les ont vu en concert et que ça, c’était de la musique. Ce sera un mensonge mais ils auront l’impression d’avoir vu un groupe majeur inscrit dans l’histoire alors que les enfants trouveront la chanson ridicule et ennuyante au possible. Ah nostalgie quand tu nous tiens…

Publicités

1 commentaire

Classé dans Musique

Une réponse à “Skunk Anansie – Elysée Montmartre

  1. Inoubliable ce « Stoosh », il m’arrive encore de l’écouter de temps en temps. Pour la reformation, je suis très, mais alors très septique (si elle est toujours d’actualité).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s