Arctic Monkeys au Zénith

arcticpolaHier soir, concert des Arctic Monkeys au Zénith de Paris. Déjà vu par le passé, les « petits princes du rock anglais« , qualificatif débile lu dans un magasine français, sont de retour pour donner vie sur scène à leur nouvel album : Hambug. J’avais déjà vu les singes britaniques lors de leur deux tournées précédentes. La première fois, c’était au Printemps de Bourges où il défendait sous le chapiteau du Phoenix, la grande scène la moins bien insonorisée de France, leur premier opus Whatever People Say I Am – That’S What I’M Not du haut de leurs vingt balais. Pas carré, trop statique, brouillon du début à la fin, ne déclenchant aucune hystérie dans le public, le concert fut plat et décevant pour une ouverture de Dionysos. Difficile ceci-dit d’être à la hauteur des espérances quand un buzz jamais vu venu de
Myspace, est autour d’un groupe aussi jeune. L’année suivante, les sheffieldiens sont une des tête d’affiche du festival belge du Werchter. Le gros bassiste qui faisait toujours la gueule a dégagé, les Arctic Monkeys semblent plus à l’aise, plus entrainé à occuper des grandes scènes et réussissent à balancer du son lourd à faire pogoter des dizaines de millier de personnes sur Brianstorm ou When The Sun Goes Down. Concert très plaisant mais pas à la hauteur du potentiel qui se dégagent de ces p’tits gars qui ont, ça c’est sur, un talent hors norme.

Une petite échappée belle entre deux albums permet au le leader pas ultra-charismatique Alex Turner de monter avec ses potes de The Rascals un side-project mastercalss nommé The Last Shadow Puppets. Cette parenthèse enchantée met tout le monde d’accord, ce mec a du génie et n’est pas que le fluoresent ‘adolescent qui crache des riffs rocks endiablés, il sait aussi inséminer des mélodies innovantes dans une pop rock enivrante.

Fort de cette nouvelle expérience, The Arctic Monkeys reviennent en 2009 avec Hambug, un album « de la maturité« , terme journalistique habituellement bidon mais qui, pour une fois, est parfait pour cette évolution radicale. Nouveau look, un peu plus de bouteille et surtout une rencontre intéressante avec Josh Homme le rouquin tourmenté des Queens of the Stone Age, (« qui ressemble à Hulk » d’après un spectateur d’hier soir en face de moi) mène à une musique plus mélodiques, avec plus d’arrangements, plus de pédales sur les instruments, moins dans l’épath’ incisive d’un refrain tranchant, avec une voix moins mise en avant. Hambug n’est pas une fille facile qui se laisse dompter docilement, il doit être écouté, prit avec attention pour charmer à ne plus s’en défaire.
Cet album me colle à la peau depuis sa sortie et j’attendais donc beaucoup de ce concert.

La première partie assurée par les délirants rockeurs kitchs des Eagles of Death Metal est très plaisante malgré le fait qu’l n’y a aucun effet de lumière et que le concert prenne en cuisse que lors des dernières chansons. Du Stoner à moustache de biker, où l’on reconnait aussi la touche Josh Homme qui a été batteur sur le premier opus du groupe. Moi aussi I wanna be In L.A..
Fermeture du rideau, attente classique, la musique s’arrête, la lumière s’éteint, le spectacle peut commencer.
Un appareil photo qui vise le rideau envoi sa lumière orange pour la mise au point et laisse apparaitre en ombre chinoise, la silhouette d’Alex Turner. La réaction est immédiate, la moitié des filles deviennent hystérique. Le groupe apparait avec une lumière magnifique, boisée, se faufilant à travers la fumée pour donner une ambiance magnétique au premier morceau : Dance Little Liar. Une entrée mystérieuse qui électrise un public qui n’avait pas vraiment besoin d’être poussé pour exploser. Dès le second titre, c’est partit à fond les ballons avec Brianstorm qui est suivit par leurs morceaux punchy dont le singlesque I Bet You Look Good on The Dancefloor. Quelques moments d’accalmie pour permettre à la fosse de reprendre son souffle avec Sketchead où l’incroyable The Jeweler’s Hands et sa fin encore plus puissante en live.
Une très grosse performance d’un point de vu musical mais leur expérience les a quelque peu blasée. Autant le batteur a l’air dans le jus pendant tout le concert et de s’éclater, autant Alex Turner n’a pas l’air super enthousiaste et ne communique pratiquement pas du tout entre les titres et se casse un peu rapidement à la fin du spectacle. Autre petite remarque le concernant, lorsqu’il n’a pas sa guitare dans les mains, Turner a l’air pataud, ne sachant pas trop quoi faire de ses grands bras maigres et de déplaçant en free-style pas contrôle. Le résultat est que son charisme scénique en prend un coup et c’est dommage. Néanmoins, les Arctic Monkeys restent un des groupes qui m’a le plus emballé dans le rock aussi bien en live qu’en album ces derniers mois. Un show avec cameras on stage bien fait, un son loin d’être mauvais pour un Zénith et des Singes qui savent doser de façon ingénue les changements de tempos de leurs morceaux. Un concert très agréable, Arctic Monkeys est peut être un des meilleurs groupes mondiaux dans le rock-mainstream, la preuve en est, leur single Cornerstone est un tube pour les charts alors qu’elle est la plus chiante du soir et de Hambug. Ils font ce qu’ils veulent musicalement mais aussi un single ou deux un peu faiblards pour faire plaisir à la maison de disque et aux radios, ils ont déjà tout comprit. Un grand groupe qui n’est qu’en début de croissance.

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