Mickey 3D à l’Alhambra

polamickey3dInvitation de dernière minute pour aller voir Mickey 3D à l’Alhambra. Un hiver pourri, une bruine minable, un vent glacial, le temps n’arrange rien à l’affaire pour donner l’envie d’y aller mais bon après tout le dernier album est plutôt pas mal donc pourquoi pas.
Je me souviens avoir découvert Mickey 3D en 2001 à l’époque de La Trève, leur second album, par l’intermédiaire de leur single Je dis pop-pop qui passait sur la seule radio rock que l’on captait mal sur la cote d’azur : Le Mouv’. C’était un truc nouveau, une pop minimaliste qui ne se prenait pas la tête, chantée par une voix rauque monocorde pas très mélodieuse. J’avais choppé l’album en cours et le premier Mistigri Torture où il y a La France a peur qui parle de l’utilisation des médias pour grossir le sentiment d’insécurité ambiante ou Le Grand Jacques, petit hymne au président préféré des français. Mickey 3D c’était pour moi le groupe monté de bric et de broc, fonctionnant sur un trio guitare piano et boite à rythme, le tout orchestré par des petits instruments cheaps mais marrants.
Petit protégé de Louise Attaque, je les avais vu sur la pointe du Palm Beach à Cannes où il partageait l’affiche avec Karen Ann et Benabar. Concert complètement à l’arrache où le batteur semblait découvrir son instrument et les morceaux au fur et à mesure, un live avec une innocence charmante et fraîche. Puis le single qui tache est sortit Respire. Énorme succès, clip minable en images de synthèse façon Illona, un martelage médiatique, l’opus éponyme est moins comme je les aimais et donc je décroche.
Sans le vouloir, je les croise, les recroise à droite à gauche d’un festival à un autre et je sais pas, la magie n’opère plus, je trouve ça plus gland que sympa donc plus aucun intérêt.
Pourtant pendant la tournée Matador, je participe activement à une conférence de presse au Printemps de Bourges, c’est l’époque de la coupe du monde ou celle d’Europe, enfin un truc autour du foot, et la moitié des questions tournent autour du football parce que Mickey 3D a chanté Johnny Repp et n’a jamais caché son intérêt pour ce sport. Il répond mais explique que ce n’est pas ce qui l’intéresse le plus en ce moment, qu’il ne regarde plus la télé. Il a à l’air préoccupé par autre chose et pourtant les questions débiles sportives continuent. Après avoir réussit à répondre à quelques questions musicales quand même, il reste une dernière question qui est posée par une journaliste : « Mickey à quoi vous rêvez en ce moment ? » et sa réponse met tout le monde d’accord : « A rien, tout ce que je veux et qui m’intéresse aujourd’hui c’est la santé de mon père et rien d’autre. » Le concert de ce soir-là avait un drôle de goût amer, un spectacle de clown triste qui doit faire son show mais qui n’a plus le cœur à le faire. Peu de temps après, Michael Furnon sort un album solo sous le nom de Mick est tout seul. Interview pour l’occasion dans les bureaux de EMI et une fois de plus c’est un homme en deuil qui répond, la gueule de la mauvaise vie post-traumatique. Mickey est pas un mec qui semble être le rigolard de fond de classe mais pas non plus le cynique relou, c’est un mec qu’on imagine bien devant sa télé entrain de s’énerver devant les passages télévisés de Sarkozy ou de Bush et se dire qu’ils sont absurdes voir débiles complet. N’ayant pas l’ambition d’un politique, il préfère prendre sa guitare folk et écrire des chansons gentillettes où ils mélangent poésie avec critique acerbe au lieu d’être vrp télévisuel pour un parti gauchiste ne faisant que des effets d’annonce.

Pour le nouvel album : La Grande Evasion, Mickey a pivoté sur lui-même et révolutionné le tout en dégageant ses anciens musiciens pour une prod nouvelle formule un peu plus bossé avec des arrangements qui ont plus de gueule.
Pour le concert de ce soir à l’Alhambra, la première partie est assurée par Cécile Hercule et son groupe qui ne sont en fait que les remplaçants, le 3D de Mickey. De la chanson française gentillette qui ressemble à du sous Clarika pas terrible, c’est bien qu’il ait un projet entant que groupe à coté, se sera plus prometteur qu’en solo. Puis c’est au tour de la tête d’affiche de prendre place sur scène. Rien de neuf sous les tropiques, ils enchaînent mécaniquement tous les titres du dernier opus sans aucun changement par rapport à l’enregistrement. Le seul morceau qui sort du lot est Méfies toi de l’escargot qui a un potentiel single impressionnant mais qui laisse le public statique. Ils se décident à reprendre d’anciens titres pour alterner mais uniquement vers les trois quart du spectacle. Du Matador et rien d’autre, les autres étant complètement occultés à part pour un rappel acoustique où, en solo, Mickey reprend Le Gout du Citron et Respire, impossible de passer à coté, dans une version un peu plus rock mais n’amenant rien de neuf. Grosse déception parce qu’à part les trois quatre blagues morbides et l’explication de deux trois titres, le fait de le voir en live n’apporte rien de plus.
Donc si vous avez l’album, une photo de Michael trouvé sur google image et en tête deux trois vannes de Michel Muller, c’est comme si vous aviez vu Mickey 3D en concert. La scène française a du beau monde à voir donc économisez du temps et de l’argent et allez voir ailleurs.

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