Archives mensuelles : novembre 2009

La chanson de la Semaine – Semaine#2

En 1967, Bob Dylan compose une ballade sublime (une de plus) I Shall Be Released. La chanson achevée plait à Dylan mais pas assez pour figurer sur son prochain album. Il l’enregistre, le garde en bootleg et ne sera disponible que sur des best of. La chansons sera offerte par son acolyte de toujours Joan Baez qui n’en fera pas un succès retentissant.
Un an plus tard, The Band, groupe rock canadien des seventies, reprend la chanson sur son album Music From Big Pink. Cette première cover sera la première d’une grande lignée toutes aussi belles et toutes aussi puissantes. On compte parmi elles, une reprise par Bete Midler, Nina Simone, Jack Johnson, Wilco, Deftones et même le plombier du rock Joe Cocker pendant son incroyable concert sous LSD à Woodstock. Une chanson culte qui n’a pas été traitée à sa juste valeur par son auteur. Mais au milieu de toutes ces reprises, une sort du lot par son interprétation et par son histoire.
Le 6 septembre 1992, la radio WFMU de East Orange dans le New Jersey invite dans ses studios des artistes : Barry Reynolds, Chris Cunningham, Michelle Kinney, Jeff Gordon. Après un bœuf entrecoupé d’interviews, il reste du temps et le groupe décide d’appeler un ami à eux qui est un chanteur et musicien hors pair, fils du folkeux Tim Buckley, le téléphone décroche et une conversation inintéressante au possible commence pendant plus de quatre minutes autour de ce qu’il a mangé… Jeff Buckley est dans sa maison de Hoboken dans le New Jersey lorsqu’il reçoit le coup de fil.  Nick Hill coupe la conversation et explique à Jeff Buckley que dans le cadre de son émission Music Faucet Show, il reste du temps et ses potes voulaient savoir si il voulait reprendre un morceau. Sans trop y réfléchir, il répond I Shall Be Released de Bob Dylan. Les musiciens démarrent la musique et Buckley chante à travers le téléphone avec cet effet disto que l’on connait si bien lorsque l’on a déjà crié dans le combiné. Un moment de radio magique où Jeff Buckley donne l’impression d’être habité par le morceau lorsqu’il chante et joue de l’harmonica.

La chanson a comme thème la rédemption, le pardon qui sera donné après la mort, le fait d’être lavé de tout péché dans l’autre vie. Référence directe à la bible et plus précisément à l’apocalypse, le refrain « i see my light come shining from the west unto the east » peut aussi laisser penser à un prisonnier qui, de la meurtrière de sa cellule, regarde le monde et se projette dans une liberté impossible. Une des plus belles ballade de la pop.

Jeff Buckley
I Shall Be Released (Bob Dylan Cover)

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Franz Ferdinand – Zénith Paris 2009

Un soir de pluie… comme dirait Blues Trottoir et son tube … à Paris en novembre. Les vendeurs de places à la sauvette sont à bloc, ils cherchent ils cherchent mais ne trouvent que très peu, traversent tout du long l’allée sombre menant au zénith de  Paris malgré les intempéries car ce soir, la salle affiche complet. Peu de places proposées, des flyers distribués par millier et des propositions de crack, le folklore du quartier est présent. Passage forcé par la vérification des billets, la fouille et en entrant de l’arène, étonnant mais la première première partie à déjà commencé. Une demi-heure d’avance et malgré cette maigre avance, John & Jehn font déjà des woohoo sous des riffs rocks sympas qui n’ont rien de novateur mais qui bougent bien. Un look CBGB, le Velevet Underground dans le sang, ce couple à la ville compose du rock garage bien huilé à la The Kills, dommage que le son soit un peu moyen. Le chanteur, John je suppose, se la raconte un peu en remerciant « Alex de Franz » de les avoir inviter, genre il le connaît bien mais nous non, mon commentaire fait envieux ? J’suis pas jaloux mais bon moi aussi j’aimerais bien l’appeler Alex et connaître assez bien Franz Ferdinand pour les prénommer. Parce qu’il s’agit bien de cela, ce soir la tête d’affiche c’est Franz Ferdinand. C’est eux qui font le plein et non pas ce groupe français prometteur exilé à Londres ni la première partie assurée par les The Cribs mais bel et bien les écossais fous de Franz Ferdinand. Tonight : Franz Ferdinand.
Il est plus de 20h et le fond de scène annonce le groupe à venir : The Cribs.  Accueillit tièdement, les anglais essayent de chauffer la salle mais il n’y aura aucune étincelle, ça prendra vaguement mais l’euphorie escomptée n’est pas là. Le public est assez poli pour les encourager un minimum, il en profite aussi pour se chauffer avant de passer à table, The Cribbs ne sera qu’un apéritif noté moyennement dans les toilettes colorées d’un repas d’un Dîner presque Parfait. La majorité des morceaux débutent de la même manière : Un riff bien rageur de l’ex-Smith Johnny Marr (rien que ça !) suivit après quatre temps d’une entrée furibonde de la batterie et de la basse furibonde. The Cribs sonne plus comme du punk rock british très (trop) classique, plus proche des Buzzcocks ou de The Libertines que des The Smith. La famille Jarman a accueillit Marr pour booster la line-up mais ça reste relativement plat à part le dernier morceau qui fonctionne à merveille. Merci au revoir. La salle est comble quand les lumières se rallument et la fausse rengorge de monde. Le public n’est pas teens, n’est pas vieux, il est middle-age cool qui pour l’instant est sur la réserve mais qui s’excite doucement mais sûrement même pendant la pause, histoire d’être à la hauteur de la promesse de l’intensité légendaire de Franz Ferdinand.
Une petite demi-heure de break et la scène est prête à accueillir les maestro du rock : Franz Ferdinand. Scène très compacte, Alex Kapranos et son trio prend place et ça ne se fait pas attendre, le riff efficace et affuté de Bite Hard et de là le tempo monte, l’intensité aussi et le déchaînement de public de paire. C’est une escalade vers on ne sait où. Sur scène ils ont l’air de s’éclater comme à leur premier concert, Nick Mc Carthy passe du piano à la guitare avec une aisance d’un zébulon déconcertant, avec une énergie communicatrice développée de manière inimaginable. Entre les chansons, le groupe parle en français au public et à l’air vraiment content d’être à Paris devant une foule en extase et bouillante. La formule de la moitié du concert est simple : une chanson = un single. Actuellement, Franz Ferdinand doit être le groupe qui a un potentiel de tubes incroyables sous le pied, chaque début de morceau, on entend un  » ah oui cette chanson bien sur ! » Après un grand schlem Ulysses, No  You Girls, Can’t Stop Feeling, 40 ft ou encore le single Walk Away, Alex (allez je me permets aussi) lance se lance en solo sur une mélodie qui sent bon, qui se transforme doucement pour devenir Take Me Out, le Zénith est en ébullition, des hurlements de tous les cotés, la salle devient une vague géante où tout le monde saute et les tribunes sont debout à danser. Pour calmer les esprits après des gros titres, Franz Ferdinand (qu’on ne peut pas appeler FF car déjà appartenant aux Foo Fighters ou la Funky Family) place des morceaux plus planant comme Tell Her Tonight, avant de finir avec Lucid Dream et son bouquet final electro, joué en live avec instruments, qu’ils poussent à son paroxysme pendant plus de douze minutes où l’on sent se perdre.
Une claque magistrale que l’on voudrait se prendre à chaque fois que l’on foule l’entrée d’une salle de concert. Un moment jubilatoire où toute la fatigue, les problèmes sont oubliés en un clin d’oeil pour une envie de bouger dans tous les sens et de s’abreuver de ces rythmiques folles à s’en faire péter la ruche. Une leçon de rock, un exemple de talent et de générosité avec son public. Tonight : Franz Ferdinand, thank you, good night & good luck.

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Bobby & son K-Way

Une petite photo souvenir du passage de Bobby, le canard teuffeur, aux Vieilles Charrues 09'.

Bobby et son K-Way aux Vieilles Charrues

Photo de Bobby sous son K-Way pendant les Vieilles Charrues 09′.

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La Vidéo de la Semaine #2

Pour son second album IRM, Charlotte Gainsbourg a demandé à l’incroyable, mais malheureusement scientologue, Beck de lui écrire un album. Le résultat sera audible le 7 décembre prochain.
En attendant, la fille de et de nous fait patienter avec un titre éponyme à l’opus, téléchargeable gratuitement sur son site officiel (ici) ou avec le clip génial de son single  Heaven Can Wait signé par l’excellent Keith Schofield. Réalisateur américain, il a fait ses preuves avec une publicité détournée pour Diesel où des scènes de pornos sont maquillées par des dessins animés où les protagonistes font de la musique au lieu de leur activité habituelle (Ici). Il a aussi fait le clip Ladyhawke pour CSS ou Bad Blood pour Supergrass. Après s’être entourée par le gratin pop pour son premier opus 5:55 (les versaillais de Air, Jarvis Cocker de Pulp et Neil Hannon de The Divine Comedy), elle fait appel à Beck connu pour ses bidouillages car suite à ses problèmes médicaux en septembre 2007, Charlotte Gainsbourg garde les sonorités de machines respiratoires, des scanners et compagnie en tête et veut les utiliser pour sa musique. Dix huit mois de travail pour la composition de l’album, IRM semble être éclectique, pensé et très travaillé. Des suppositions qui pourront être vérifiées le 7 décembre 2009 pour la sortie de l’album (le même jour que la sortie de l’EP Hotel Utah de The Rodeo).

Le clip fonctionne sur des scènes du quotidien où Charlotte Gainsbourg cohabite avec des mutants, des robots ou des êtres étranges. Une photo magnifique, une mise en scène exquise, un clip à découvrir de toute urgence. En décembre en attendant la suite (une impression de « déjà-vu » non ?)

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Des Nouvelles des Cold War Kids

Les Cold War Kids sortent un EP le 19 janvier prochain nommé Behave Yourself. Le groupe californien indé sait nous faire attendre on nous proposant un teaser d’une minute et quelque réalisé par Vern, un ami proche du groupe.  La vidéo a été tourné à San Pedro, CA en octobre dernier.  Le maxi sera composé de 4 titres (01 – Audience / 02- Santa Ana Winds / 03- Coffee Spoon / 04- Sermons). La bande annonce vous attend en dessous et rendez-vous en janvier en attandant la suite.

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Skunk Anansie – Elysée Montmartre

Skunk Anansie est de retour. Une reformation après pratiquement 9 ans de séparation, ça sent un peu le brulé cette histoire mais bon on espère quand même que ne soit pas qu’un retour pour renflouer les caisses de chacun.
En 2008, la rumeur gronde depuis déjà quelque mois, Skunk Anansie se reformerait. Annonce officiel il y a déjà un an, Skin, Ace & Cass repartiront en tournée en 2009. A priori pas assez productif dans le temps donné pour écrire un nouvel opus, le public devra se contenter d’un Greatest Hits nommé Smashes And Trashes contenant quand même trois titres inédits. Le coup du best of n’inaugure rien de bon mais on y croit, on y croit.
En ce 20 novembre, Skunk Anansie est à Paris pour célébrer son grand retour. Le rendez-vous a lieu à l’Elysée Montmartre qui a eu la très très mauvaise idée, dernièrement, de changer leur sono pour un mur de baffles aux sonorités casseroles. La première partie est assurée par The Chemist, des australiens ringards au possible qui ressemblent à ces groupes de pub se décidant après dix ans de reprises à faire des compos qui sentent à douze mètres la repompe de leurs influences principales. Pour le coup The Chemist est un hybride rock d’un trop de pleins de Coldplay, U2 et The Killer. De la pop rock catchy guimauve sans intérêt, cependant un fond sonore ne dérangeant pas pour siroter une bière. Pendant l’entracte, un enchainement d’événements anime le coin de vente. Une spectatrice malade balance une galette géante à deux pas du merchandising et dans les grands rideaux noirs longeant la colonne, suite à ça, elle part avec son copain et on ne la reverra plus. Le responsable du stand assez emmerdé demande qu’on lui envoi un agent de ménage à l’oreillette bluetooth mais comprend que personne ne viendra. Il se décide à nettoyer à l’arrache avec des serviettes trouvées dans les loges et les laisse posées par terre trempant dans la marre. Une minute plus tard, une autre spectatrice débarque deux bières à la main et glisse sur la dite serviette. Dérapage contrôle, les deux bières volent contre le bas de la table du magasin de t-shirt et transforme le lieu en zone sinistrée holiday on ice où tout le monde glisse et pose son sac dès qu’il fait un peu noir, bref la classe.
Justement les lumières éteintes annoncent le début du concert de Skunk Anansie, la jungle fatigante s’arrête et c’est partit. Les musiciens arrivent, enfourchent leurs instruments et démarrent le riff pétaradants de Selling Jesus Again. Skin débarque furibonde avec une crinière dorée, surement taillée dans une couverture de survie. La balance est horrible, la voix de Skin est perdue derrière le tonnerre que produit la batterie et rend le tout bordélique au possible. Le groupe a la patate et veut faire trembler le public en jouant Charlie Big Potato dans la foulée. Deux chansons sacrifiées pour avoir un son plus acceptable mais les bourrasques du tom basse recouvre une guitare inaudible mais aussi le cris lorsqu’ils sont aigus. Malgré les problèmes sonores, le groupe a l’air content d’être là, pas blasé et Skin est définitivement une f*king rock star. Hyper mobile, sauvage et d’une présence scénique ahuricante, la black queen est comme à son habitude en live, inénarrable. Passant d’un morceau rock comme Weak as I am à une de leur ballade à la Charity, tout va très vite et on se rend compte à quel point leurs chansons ont envahi nos radios et des moments de nos vies.
Tout est très sympa mais la magie n’y est plus car l’époque n’est plus la même, la musique a changé, les looks aussi et l’ambiance pré-cyber punk n’est vraiment plus d’actualité.  Les titres phares qui dépotent comme Twisted (Everyday Hurts) ou All I Want sont bien mais les mélodies et les enchaînements sont trop FM, il n’y a aucune surprise et le tout est trop daté. Après une heure dix de concert, le groupe s’éclipse pour mieux revenir. Un premier rappel horrible où Hedonism (Just Because You Feel Good) est scandé en choeur par un public qui, j’en suis sur, pour certain ne sont venu que pour cette chanson. Ils ne font pas durée le plaisir et ne la prolonge pas, merci vous êtes bien charitables ! Le hic est que derrière c’est Squander qui prend le relai et là, je sens en moi la guimauve remontée, la pop ballad gluante et téléphonée s’empare de nos oreilles, des titres inédits comme ça, sont fait pour rester cachés et jamais Ô grand jamais joués en live. Ils termineront après un deuxième rappel sur Secretly. Une heure trente millimétrée, sans émotion et sans être charmé.
Ce qui est bien, c’est que dans une vingtaine d’années, les spectateurs pourront dire à leurs enfants dans une voiture qui passera sur Radio Nostalgie Hedonism qu’ils les ont vu en concert et que ça, c’était de la musique. Ce sera un mensonge mais ils auront l’impression d’avoir vu un groupe majeur inscrit dans l’histoire alors que les enfants trouveront la chanson ridicule et ennuyante au possible. Ah nostalgie quand tu nous tiens…

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La Vidéo de la semaine #1

Johnny Cash est né, Johnny Cash est mort. Après une carrière incroyable que l’on peut comprendre à travers le film oscarisé Walk The Line, Johnny Cash sort en 2002 un album fabuleux nommé American IV: The Man Comes Around. Produit par Rick Rubin, l’album ne contient quasiement que des reprises magistrales comme Personnal Jesus de Depeche Mode ou In My Life des Beatles qui prend un sens tout particulier avec sa voix âgée et son expérience.

La reprise qui m’a tout de suite le plus touchée, c’est Hurt de Nine Inch Nails. L’originale est superbe mais Cash la transforme en une ôde de fin de vie, un requiem folk grandiose. Les paroles très fortes de la chanson sont encore plus poignantes reprise par The Man In Black. Pour illustrer la chanson, Mark Romanek est aux manettes. Romanek est un clippeur célèbre, réalisateur entre autre de vidéos pour : David Bowie (Jump, The Say), Eels (Novacaine for the Soul), Nine Inch Nails (Closer, The Perfect Drug) ou Jay-Z (99 Problems). Un clip qui est d’une rare tristesse et on se sent attaché à Johnny Cash instantanement.

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