Adolescent sur grand écran

bogossespolaRetour en arrière, la bobine défile rapidement, un son accelérée strident incompréhensible passe à tout allure, retour en troisième à ce putain d’âge ingrat, à cette période qui pose des bases déterminantes pour la suite, ce moment de transformation et d’apathie merdeuse qu’on appelle l’adolescence. Recommencement, couloirs gris, lumière triste, néon accroché au dessus d’un tableau vert jamais propre, table en simili-bois bon marché, cours de récréation où personne n’est jamais est au milieu, obligation absolut d’être sur les côtés et de se regarder les uns les autres en se critiquant tout en voulant être ça ou ça de cet autre…

Assis dans une salle de ciné, je revois ces années défilées comme une sorte de flash-back naze qui ressemble à Hélène et les garçons ambiance Derrick dans ma tête pendant que je regarde Les Beaux Gosses de Riad Sattouf. Film inter-générationel, ce teen-movie français est un maxi best-of de souvenirs ados et d’une mise en image de ceux qu’on croise dans le métro ou dans la vie un peu partout. Une période loose utlime où on a une voix qui varit de Steevie Boulay à Barry White dans la même phrase, où vestimentairement on doit répondre à des codes spécifiques, où on vit plus une expérience mentale et psychologique que réele. Les beaux gosses sont deux potes, Hervé et Camel, qu’on suit pendant quelques semaines de l’année scolaire. Une période où les pulsions sexuelles deviennent encombrantes,  où de trouver une copine est le seul interêt vital et où on essaye de faire les adultes alors qu’on a encore des réminiscences d’enfance qui traine dans le coin.
Si on analyse le film au premier degré, sans se rappeler de cette époque, en y cherchant un reflet personnel uniquement, sans essayer de coller des comportements similaires à des potes qu’on a eu, le film n’a aucun intérêt et peut être critiqué comme cliché et inutile. Deux qualificatifs qui sont parfaits pour résumer ces années où personne n’est en période de gloire, où l’on n’a en mémoire que des délires nuls avec des copains, des râteaux, des réflexions existentielles complètement dingues, des engueulades absurdes à cause de l’autorité parentale et l’impression qu’on a le cœur en artichaut. Il y a des très bonnes répliques (« C’est trop cryptofasciste c’que tu me demandes là.« ), des moments d’intimités qui sentent le vécu, une vie de bahut représentative d’une certaine réalité et un tempo particulier assez spécifique à l’adolescence. Les acteurs sont très bons, ont la gueule de l’emploi et les guests à droite à gauche sont vraiment funs.

Un film qu’on peut éviter, loin d’être un chef d’oeuvre, plus proche du téléfilm très bonne qualité qu’un objet de culte cinématographique, les beaux gosses est marrant et redonne, pendant une heure vingt, 16ans et ses problèmes qu’on trouve tellement futiles qu’on est un peu plus âgé. Ceux qui cherche à trouver du Larry Clark ou du Gus Van Sant vont être très déçu (il n’y pas d’enfants nus qui se touchent ou font des actes sexuelles avec leurs parents, le tout filmé façon faussement arti… désolé), les beaux gosses sont plus proches d’American Pie mais façon les Sous-Doués ou P.R.O.F.S avec Patrick Bruel et Fabrice Luchini que de Ken Park ou Elephant.
Ce qui est très amusant lorsqu’on parle du film, c’est de voir que tout mon entourage n’a pas un souvenir autre que looser de cette période. Soit je suis entouré de nazes du collège comme moi soit les winners de l’époque étaient en fait eux aussi dans une attitude de perdants qui se la pétaient pour compenser un mal être.
Biactol et poussée hormonale au programme, je suis bien content d’avoir passé ce cap mais j’en garde une pointe de nostalgie tout de même… « souvenirs souvenirs » comme dirait la chanson de Johnny… Ah…

Pour illustrer cette période creuse, vous pouvez toujours acheter les BDs de Riad Sattouf, mais je voulais mettre le pilote des Puceaux qui m’avait bien fait rire lors de sa sortie.

Les Puceaux
Le Chat

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