Liam Finn à la Maroquinerie

liamfinnFin décembre dernier, j’ai démarré un casse-tête chinois à dix inconnus, qui avait pour résultat de savoir quels étaient les meilleurs albums de 2008. Je suis un boulimique de musique, j’en écoute beaucoup, peut être trop d’ailleurs, ce qui implique que je ne sais jamais quand est sorti tel ou tel opus. Cette méconnaissance m’a poussé à chercher sur le net d’autres Top albums 2008. Sur différents sites, TV on the Radio ou Portishead sont en numéro un, ok ils sont aussi dans mon classement, certains n’ont rien à faire là-dedans comme les abominables Black Kids ou les présomptueux Foals et un tas d’autres sont complètement inconnu au bataillon. Au milieu de foutra, je note deux artistes folk que je ne connais pas : Bon Iver & Liam Finn.
Énormecoup de coeur pour les deux après écoute et réécoute de leurs opus « For Emma » et « I’ll be lightning » (dans l’ordre).

Depuis, je cherche à voir Bon Iver désespérément en concert mais il évite scrupuleusement la France (peut être une option en Belgique a confirmer) et ce soir en fin je vais pouvoir découvrir Liam Finn en concert à la maroquinerie.

Fils du légendaire Neil Finn, auteur compositeur culte en Nouvelle-Zéland, Liam Finn sort un premier album solo qui permet de dévoiler au grand jour un génie musical impressionnant. Premier album pensé comme une œuvre dans sa forme complète, Liam Finn fait tout ; de la production en passant par les instruments, sûrement le ménage entre deux prises et même la pochette est signé de son nom. Une création personnelle intelligente pour un self-made-album aboutit, une folk aux saveurs pop et rock très épuré, des nappes musicales créatrices d’ambiances, des paroles miroir à des moments de vie… bref un véritable petit bijou musical qui se dévore même sans appétit.

Après une première partie que j’ai simplement adorée, assurée par les sublimissimes Lilly Wood & The Prick, la scène se monte et se contient dans un espace très restreint. Une batterie posée en avant scène face et de trois quart, une guitare dans le fond accompagné de son ampli, un lead-micro et un kit percussion où il y a aussi un micro et c’est tout.
Après avoir prit l’air et croisé Mac Lesggy (aka Mat Leusseguegue pour les intimes) habillé rockabilly craignos dans l’entrée, il est l’heure de redescendre dans la salle pour le début du concert. Sa partenaire de scène Eliza-Jane Barnes arrive avec un verre à la main et s’arme d’une baguette dans l’autre.Elle joue au sol avec les pédales d’effet et pendant ce lapse de temps, c’est au tour de Liam Finn de prendre place au centre de la scène et démarrer le show tout en douceur avec « Fire in your belly ». Une accalmie de courte durée car après avoir fait comprendre au public qu’il sample en direct ses parties guitares pour en faire des loops, il appuie sur le bouton de son octaver pour mettre en boucle une ligne de bass et saute sauvagement sur la batterie pour une rythmique rock soutenue qui n’a plus grand chose à voir avec le début du morceau. Pas encore rassasié, il chevauche sa guitare électrique, change d’effet et démarre un solo puissant avec une son heavy-metal. Pendant ce solo incroyable, Liam Finn prend des faux aires de Jack Black dans School of Rock lorsqu’il fait ses solos à la bouche.Un premier titre servant à démontrer clairement qu’il n’est pas du genre à rester assis avec une vieille guitare en bois à jouer note à note son album. Puis tous les titres fonctionnent de cette même manière, un début folk et qui monte crescendo pour souvent terminer en une hystérie qui s’arrête comme elle a commencé, dans une douceur qui boucle naturellement les morceaux. Musicalement, il maîtrise tous les instruments avec une aisance déconcertante et se montre en un batteur talentueux à la Keith Moon. Sa chanteuse qui fait les petites percu et les chœurs a un air désabusé et une certaine vision de classe, tape en rythme quand elle veut et s’arrête au milieu sans raison (faut la comprendre, pas facile de jouer et chanter avec un gobelet dans la main). Pour cette dernière date de tournée, Liam Finn invite tout ceux qui l’entoure pendant la tournée pour un bouquet final incroyable sur Lead Balloon. Petit rappel pour reprendre en douceur une reprise du groupe français The Teenagers avec Starlett Johansson (groupe connu à l’étranger mais inconnu dans l’hexagone) puis avant de se retirer définitevement, il joue pour la première fois un nouveau titre très nostalgique où l’on reconnaît instantanément son style si particulier qui remue un peu tout le temps de quelques chansons.
Un showman incroyable qui mérite d’être beaucoup plus connu en France. Un concert à la tournure inattendue car beaucoup plus rock saturé que je ne le pensais initialement. Une belle et bonne surprise à l’image de l’album « I ‘ll be lightning ».
Une soirée spectaculaire, ça change des dimanches d’hiver. Des dimanches comme ça, j’en veux bien encore et encore.

Liam Finn
Second Chance

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Classé dans Musique

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