Archives mensuelles : juin 2009

Eleanor Rigby de Douglas Coupland

eleanorpolaEn littérature, je fonctionne à l’affectif. Je n’ai jamais un plan précis sur mes lectures, pas un enchaînement distinct, pas une liste notée dans un cahier, j’alterne les auteurs que j aime et me fis à mon instinct.

Il y a quelques semaines, je me suis rendu à la fnac pour retirer des places de concerts et un détour par le rayon livres m’a poussé à des achats compulsifs par rapport aux noms et par rapport aux auteurs.

J’ai acheté Mensonge sur Divan dont j’ai parlé avant mais aussi Eleanor Rigby de Douglas Coupland que je viens de terminer.

Il y a quelques années dans Rolling Stones Magasine français, première version, il y avait un article sur la littérature alternative américaine. Ma connaissance en la matière était plus que très restreinte et voulant m’initier, j’ai suivi les conseils du journaliste aveuglement en achetant Las Vegas Parano de Hunter S. Thompson et Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes de Robert M. Pirsig. Bluffé par le premier et replongé dans une crise métaphysique par le second, j’ai compris rapidement que la sélection tirée de l’article n’était pas un simple hasard mais une étude pointue en la matière. J’ai continué à la suivre et ai découvert Generation X, premier Coupland que j’ai lu. Œuvre générationnelle, la génération X est celle qui est née alors que la publicité à la télévision existait déjà. Une génération perdue, celle qui sera oubliée de l’histoire et qui a une vie mercantile déjà toute tracée, sans grande guerre, sans grande révolte, sans rien à l’apparition d’objets inutiles et obsolètes au moment où l’on achète. Toute le postulat du livre est la recherche d’une alternative de vie qui n’est pas une alternative faussée et déjà pensée par le marché. Une traversée du désert entre amis sous fond de crise existentielle et d’ennui chronique. Bourré de référence pop culture et encrée dans l’air du temps, Génération X m’avait fait l’effet d’une bombe, les bases du fight club avant Chuck Palahniuk, une prise de conscience nihiliste faisant trembler ma vision de la société moderne.

Depuis j’ai lu la bibliographie de Coupland au fur et à mesure du temps mais sans jamais retrouvé la même intensité.

Parfois pour des raisons qui nous dépasse on s’accroche à quelque chose qu’on trouve un peu branlant, pas bien montée, pas crédible une seule seconde mais on s’y intéresse comme un animal étrange mit sous un microscope, qu’on voit se triturer dans tous les sens. Girlfriend dans le coma, toutes les familles sont psychotiques… autant de romans tirés par les cheveux qui ont une question de fond toujours intrigante et menant une réflexion sur la mort, les liens, la vie tout simplement, l’après, ce qu’on laisse de nous pou les autres, des anges de l’apocalypse…. Eleanor Rigby est comme ça, un bookin spatial, pas comme les autres, avec un rythme bâtard mais prenant.

Le synopsis n’est pas simple mais pour essayer de faire simple, Liz Dunn, canadienne de trente-six ans, a la vie la plus banale qu’on puisse faire. Cette banalité et cette hétérogénéité est voulut et travaillée, érigée en mode de vie. Une vie trop normale en apparence. Cynique et nostalgique, sa vie n’est qu’un éternel recommencement quotidien jusqu’à une extraction de dents et la chute d’une météorite miniature change radicalement son existence.Le titre du livre, évidement emprunté aux Beatles, pose la même question que la chanson c’est-à-dire « où vont les gens seuls ? » Un souvenir d’un voyage en Italie tumultueux, des souvenirs de vacances d’été seul dans sa banlieue des années 70, la découverte d’un corps mort près d’une voie ferrée, font mieux comprendre Liz et sa philosophie sur la solitude et ses bénéfices.Un jour, un fils abandonné tombe du ciel et révolutionne sa vie du tout au tout, la poussant à rendre une vie trop ordinaire en une suite d’événements qui ne l’est pas assez.

Liz Dunn est attachante, sa quête existentielle met en exergue certains doutes sur la notre. Les gens normaux n’ont-il rien d’extraordinaire? Look at the lonely people…

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La chanson de la semaine #semaine 6

michaeljpolaIl est 01h34 et CNN annonce officiellement la mort de Michael Jackson. 50 ans, 50 concerts en prévision pour une tournée d’adieu, 750 millions d’albums vendus dans le monde, le King of Pop a tiré sa révérence en cette nuit d’orage à Paris. Mais c’est quoi cette journée pourrie où vous vous êtes mit d’accord pour me mettre la rage ! Une mauvaise nouvelle en enclenche une autre, déjà la mort de Farrah Fawcett dans l’après-midi et là le Moonwalker ? Je crois qu’on a essayé en ce 25 juin de détruire toutes mes idoles d’enfances.
Je m’explique… quand j’étais un caneton Dicky, je passai mes midis à regarder M6 sur ma télévision à boutons qui tournent. Je me mettais sur le canal 45, écrit en orange lumineux, pour suivre religieusement les aventures des Drôles de Dames. Je pense que c’est la première série que j’ai regardé enfant avec Magnum, Mike Hammer et L’agence Tout Risque. Béatrice Delfe (Jill Munroe en anglais), jouée par Farah Fawcett, n’était pas ma dame préférée. J’étais plus Evelyne Séléna (Jaclyn Smith en anglais) jouée par la sublime Kelly Garrett. Je ne vais pas débattre sur mon peut être premier émoi sexuel mais quand même pourquoi les traducteurs français avaient même traduit les prénoms et noms… Une drôle de dame est morte, Charlie doit pas mal pleurer  mais sa disparition va être oubliée par la mort de Michael…

Autre souvenir, j’ai été fan comme beaucoup de monde de Micheal Jackson quand j’étais minot. Mon frère était terrorisé par Thriller donc moi aussi par effet miroir, mais j’étais intrigué quand Bad est sortit puis le film navet Moonwalker et complètement dingue lors de la sortie de Dangerous. Black or White était le titre que j’adorais, puis le fait de faire un clip avec Michael Jordan (Jam) m’avait poussé à encore plus l’apprécier. J’étais fan à tel point que je m’étais même une fois dit, pendant que j’étais en route vers l’école un matin, que si Elvis n’avait pas été la Star qu’il était, Michael Jackson serait le roi de la musique tout court… (cette malheureuse histoire est véridique et je ne pense l’avoir déjà racontée).

Donc pour cette disparition et malgré les milliers de blagues que j’ai pu faire sur son amour un peu trop poussé pour les enfants ou sur sa tronche de Roswell surgelée échapée de chez Picard, je veux rendre hommage à mon enfance, à ce mec bizarre qui a ouvert le délire de la légende urbaine absurde autour d’un personnage médiatique (Marilyn Manson peut le remercier pour ça), à un danseur exceptionnel, à un musicien qui savait s’entourer à merveille, bref à une légende de la musique en mocassins, en faisant de lui la chanson de la semaine. Un hommage ne pouvant être rendu que par quelqu’un d’autre, j’ai pris  : Billie Jean par The Lost Fingers.

Groupe de Jazz Manouche québecois, The Lost Fingers a sortit un album de reprises de tubes des années 80 nommé astucieusement : Lost in the 80s’, un vrai délice complètement dingue où le groupe revoit et corrige George Michael, Technotronic ou encore Kool & the Gang.

Et en hommage comique à Michael, une parodie signée Mozinor.

et qu’on ne me parle plus jamais de cette histoire !

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Rubikcubiste

En prévision de sa grande exposition à New-York dans quelques jours, l’artiste français Space Invader propose une expérience Rubikcubiste hallucinante. Il sera exposé à la salle d’exposition Jonathan Levine (529 West 20th Street, 9th Floor, NYC) dans le cadre de son expo nommé Top 10.

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Polaroid Android

Polaroid Android

illustration de Rukma Pratista

Une petite illustration que j’ai trouvé en surfant. Nommée Polaroid Android en référence à Radiohead. Je la trouve très fun et j’imagine bien mon fujifilm entrain de faire la même chose.

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Dicky in the Underground

Dicky a la Souterraine

Dicky in the Underground

J’étais durant tout le week end à un mariage qui s’est déroulé en Creuse. Un road tripp’ un peu à l’arraché, tente, sac de couchage et costard dans le dos, j’ai pris le train direction Toulouse pour descendre dans une ville nommée La Souterraine. Mystère autour de ce nom, blague potache sur une traduction en anglais… avec un nom comme ça, une chose est sur, on est nul part.

Des questions en pagaille, comment appelle-t-on les gens qui vivent ici ? (Après recherche google, on les appelle les sostraniens, venant du nom occitan La Sostrana).

Un limousin express qui s’est poursuivi par une huere trente de bus pour terminer dans le charmant petit village de Aubusson. Une promenade manouche dans la ville, une crèpe bretonne (j’aurais pu
manger tradtionnel mais je l’ai pas fait
), un mariage magnifique et touchant, une soirée dans un gîte absolument incroyable et un after-wedding entre amis qui fait plaisir où j’ai pu même me mouiller le cul… c’est la Souterraine et c’est agréable.

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Lomo fête les 25 ans du LC-A !!!

lomo25A Bangkok, ils porteront des nœuds et des faux tatouages, à Tokyo il y aura à boire et à manger, à Seoul il y aura du gâteau, de la vodka sous fond de musique russe à Hong Kong et les années 80 feront leur retour pour une soirée karaoké à New York. Ce soir, 19 juin, Le Lomo Compact Automat (LC-A) fête à travers le monde son premier envoi en provenance de l’usine de St. Petersbourg-Leningrad Optical Mechanical Organization ( aka LOMO) il y a 25 ans.

Plus qu’un appareil photo en plastique pas cher, les appareils lomo sont devenus des créateurs artistiques à cause ou grâce à leurs réglages imprévisibles et les expositions variables. Fashion, amusant et au rendu brute, il permet de faire des photos artistique sans être un photographe expérimenté.

Histoire

Lomo ouvre en 1914 et développe des instruments optiques pour l’armée impérial russe. L’entreprise créait la première caméra russe mais aussi des vidéos surveillance de nuit, des moteurs et des éléments de missiles ou de télescopes. Le Lomo Lc-A a été créé à la base pour concurrencer avec des prix très bas les appareils compacts japonais dans les années 80.

Au début, le LC-A connaît un certain succès et les russes sont très content d’avoir accès à des appareils peu coûteux et l’export d’appareil commence à affluer hors des frontières de l’URSS.

Le régime communiste s’effondre et LOMO perd de son éclat, les prix de production augmentent et le marché vers l’étranger tombe avec le faucille et le marteau.

Après la chute de l’union soviétique, des étudiants autrichiens font un déplacement à Vienne où ils achètent des LC-A d’occasion. Stupéfait par le résultat, Wolfgang Stranziger, étudiant en droit et Matthias Fiegl, étudiant en commerce, commence à vendre et à distribuer des appareils photo à Vienne.

En 1992, l’intérêt des autrichiens pour les appareils photos continuent à grandir et le duo décide de monter une société à but non lucratif : Lomography Society. Lomography devient essentiellement le distributeur non officiel du matériel LOMO et de recruter des amateurs de photo pour vendre leurs produits à l’étranger.

Deux ans plus tard, Stranziger & Fiegl organisent deux expositions en simultané à New York et Moscow où les clichés d’une ville sont affichés dans l’autre et vice versas. Un fort intérêt médiatique entoure l’expo moscovite et va jusqu’à filmer l’usine où est fabriqué le matériel, invitation qui a faillit être refusé par les tenanciers qui pensait qu’il s agissait d’un poisson d’avril.

Cette impression d’appareil plastique pourrait laisser croire que l’appareil n’est utilisé que par des photographes amateurs mais quelques photographes pro s’y sont mit comme Gavin Thomas, qui photographie des stars comme 50 cents, Ciara pour des magasines de rap US.

Le style Lomo trouve un public large en partit en réaction à la perfection stérile des photos numériques. Le numérique écarte la possibilité de l’inattendu, à un instant précis sans fioriture ni reshoot multiplié par dix. L’analogique est l’art de l’inattendu et de l’attente aussi. La possibilité de faire des expositions multiples (faire plusieurs photo superposées sur la même photo).

Lomography fête les 25ans du LC-A, Serge Lomo & Diana Rousse ont joué avec tout le week end dernier pour un concours photo dont le résultat aura lieu demain soir. Ils shootent en Diana F+ habituellement mais je ne suis pas encore un modèle pour eux mais c’est en discussion avec mon agent. Je suis fan du rendu couleur particulièrement du Lomo. Ils ont acheté dernièrement le Splitzer pour des superpositions dreamy… on verra le résultat quand leur blog ouvrira. (edit : ils n’ont pas gagné)

En attendant Joyeux Anniversaire Lomo, j’aurais bien fêter ça ce soir mais un mariage m’appelle.

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Post it en volume

postipolaUne petite vidéo en Stop Motion que je trouve techniquement dingue. Le Stop Motion est une technique d’animation qui permet le mouvement progressif d’un objet immobile en le filmant image par image. Aussi nommé Animation en volume ou Go Motion, ce concept proche du dessin animé donne un effet haché et arti très amusant.
Deadline est le projet vidéo de fin d’année de Bang-yao Liu, étudiant à l’université d’art et de design de Savannah en Géorgie.
Sur la musique Eple de Royksopp, le film est une animation de post-it dans une chambre sur un mur.
Pour tourner cette petite merveille, il aura fallut 6 000 post-it, 3 mois de planification et 4 jours de tournage pour ce résultat bluffant.

Deadline
de Bang-yao Liu

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