And the song remains the same…

mnemo

Ca fait plusieurs fois que je commence mais n’arrive pas à aller jusqu’au bout. J’aime toujours ce blog mais faute de temps et de moyen, je n’ai absolument plus le temps de me consacrer à écrire des billets pour cette 3°Patte à laquelle je pense souvent. Ce n’est pas le nombre de visiteurs qui fait que j’écris moins, pas non plus le fait que je n’arrive pas à être un canard fashion blogueur mais une histoire de temps… C’est un exercice qui me plait et me libère alors un peu de courage, c’est (re)parti mon kiki.

En vieillissant, et oui j’ai beau être jaune et mignon je n’ai plus vingt-ans, je réalise de plus en plus ce besoin que j’ai d’écrire quelque part certains de mes souvenirs. Peut-être parce que j’écris de plus en plus pour le travail et que ca devient limite une habitude, peut-être aussi parce que j’ai la mémoire qui flanche et que je voudrais bien ne pas oublier un moment ou un autre, mais je me rends compte que les écrits restent, les paroles s’envolent ou comme on dit en latin : Ecritum tum, parolum lum… ou quelque chose comme ça.

Plus jeune, je me souviens mes parents, mon père en particulier, racontaient les mêmes histoires et les rabâchaient encore et encore comme si on ne les avait jamais entendu. Avec le temps, je me rends compte que je fais pareil. Je récapépètte encore et toujours comme des vieilles histoires de soldat pendant la guerre sauf que pour le coup, ce ne sont que des souvenirs de potes, de bons moments, d’histoires à la con, de lose aussi parfois, qu’on aime bien se remémorer pour raviver le bon vieux temps même si celui qu’on vit sur le moment n’est pas mal non plus.

D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours une mémoire mnémonique en relation avec un film, un passage dans un jeu vidéo, un film, une émission de télé, n’importe quoi qui est en mouvement mais me laisse l’opportunité de penser. De là, cette idée s’imbrique dans ce moment T et dès que je refait, revoit, réentend, cette réflexion revient tel quel. Montré à quel point ma mémoire est faite comme ça, le terme même  de mnémonique est imbriqué à un souvenir. En 1994, Keanu Reeves jouait dans une immonde merde SF qui a pour titre Johnny Mnemonic. Ce film succédait à Speed qui, quelques mois plus tôt, à la fête du cinéma, avait été un des films inratables de cette édition où les séances étaient encore à 10 francs. J’ai retenu ce terme suite à une blague récurrente de Tarek, un ami de mon frère et un frère d’adoption de la maison. Dès qu’il faisait dès qu’il voyait la bande annonce, il la ponctuait par : « Johnny aime Monique mais Monique ne l’aime pas. Johnny Mnemonic, l’histoire d’amour SF ».

Le but d’un blog est de raconter de sa vie alors j’ai décidé que j’allais recommencer à le faire avec une nouvelle rubrique (que je n’alimenterais surement jamais mais l’espoir fait vivre) dans laquelle je vais raconter mes souvenirs mnémoniques autour de chansons. C’est le média qui est le plus gorgé de souvenirs pour moi. Alors faudra pas s’attendre à des révélations folles mais voilà, le souvenir qui y sera attaché sera écrit quelque part et si un jour il disparaît de mémoire pour être remplacé, je saurais où le retrouver et il ne me suffira plus qu’à appuyer sur Play pour qu’il revienne intact et fasse revivre une autre époque le temps de quelques secondes.

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Alain Bashung chante L’homme à la tête de chou

Je n’écris pratiquement plus du tout sur le blog comme vous avez pu le remarquer. Il y a une bonne raison à cela, je suis devenu rédacteur (en fait même plus mais j’en dévoilerai trop sur mon autre identité) au sein d’un webzine très prometteur : WeLoveMusic.fr

J’ai été chroniqueur (pas journaliste, je n’ai pas la prétention d’en avoir les qualités) pour le  même rédacteur en chef actuel du site qui alors, était patron de Waxx-Music. J’écris beaucoup et résultat, j’ai moins le temps et la tête à rédiger des articles pour cette très chère troisième patte que j’aime beaucoup et qui me ressemble.

Je suis en contact avec des labels et vois défiler des disques et des disques, des news et des news, des exclus et des avant-premières, bref je pense pouvoir dire que je suis au fait de l’actualité musicale du moment. Au milieu de ce patatras, il y a des nouvelles qui étonnent comme apprendre qu’Alain Bashung sort sa version de L’homme à la tête de chou de Serge Gainsbourg.

Passionné par Bashung depuis Fantaisie Militaire (je vais pas me la jouer fan de toujours), j’ai une relation très particulière à sa musique, ses ambiances, ses paroles et son personnage. J’avais une envie intime pendant longtemps, le voir en concert. Après plusieurs rendez-vous manqués par ma faute, j’ai réussi à réaliser ce désir lors de sa, hélas, dernière tournée pour Bleu Pétrole où, chimio-atomisé il a donné un concert grandiose tout en restant classe et digne caché sous son chapeau,  feutré derrière ses lunettes noires.  Quelques semaines plus tard, il était aux victoires de la musique et tout le monde se souvient de ces images poignantes d’un artiste reconnaissant et véritablement heureux de tout l’amour que la profession et le public  lui donnait. Il est décédé des suites de son cancer peu de temps après. Je me souviens encore quand on me l’a annoncé, c’était en région parisienne, dans une charmante maison familiale, pour l’anniversaire d’une amie. J’avais fait l’air de rien mais quelque part, ça me chagrinait et je n’avais qu’une idée en tête, m’écouter Malaxe dans un walkman, dans une chambre sombre.

Il y avait des rumeurs comme quoi Bleu pétrole avait un deuxième disque enregistré qu’il pensait  le garder pour plus tard, mais ce bruit de couloirs n’a jamais vu le jour, aucune matérialisation. Plus aucun espoir, à part me consoler en écoutant  encore et toujours mes titres préférés. Son œuvre était complète, il fallait se faire à l’idée.

Et voilà qu’arrive l’homme à la tête de chou. Pour les besoins d’un spectacle pour le chorégraphe contemporain et adepte des défis artistiques Jean-Claude Gallotta, Alain Bashung a enregistré, en 2006, sa version de l’homme à la tête de chou sans trop s’attacher à l’original mais sans non plus la dénaturer totalement. Une idée plus épuré, plus brute, plus fauve, moins symphonique, plus Velvet Undergrounisante, Gainsbourg est toujours dans l’œuvre mais Bashung se l’approprie et donne sa version biscornue à lui. Marilou reprend vie, ses soupirs redeviennent folie de l’homme et ses mains de jeune coiffeuse font de nouveau crépiter le micro.

Toutes ces informations, vous pourriez les retrouver sur n’importe quel site internet mais ce n’est pas là où je voulais en venir.
Je n’arrive pas à en parler donc j’ai envie de l’écrire, de le savoir publier et, à tort ou à raison, être complètement impudique. En y réfléchissant vraiment, le fait que Bashung reprenne spécifiquement l’homme à la tête de chou me bouleverse intimement.

Comme je l’ai déjà expliqué, je dois une très grande partie de ma culture musicale et culture tout court, je la dois à mes parents. Depuis que je suis petit, j’avais l’habitude d’entendre les Beatles (bon là vraiment je fais plus que me répéter), Alain Souchon, CCR, Chicago, Barbara Streisand, Jacques Brel, Georges Brassens, Barbara, les Rolling Stones, Alain Bashung, Janis Joplin, j’en passe et des meilleurs et souvent Serge Gainsbourg. Comme tout un chacun de ma génération, Gainsbourg était pour moi le vieux soulard cradingue qui faisait n’importe quoi à la télé parce qu’il était tout saoul. Melody Nelson était un disque de référence sur la platine vinyle et mes parents des adorateurs du grand Serge, moi je trouvais ça joli mais je savais que je ne comprenais pas. Mon père me disait tout le temps que son album préféré de Gainsbourg était L’homme à la tête de chou qu’il trouvait moins intello, plus drôle et moins ronflant que Melody Nelson. C’était sa référence musicale en matière de chanson française, Alain Bashung devait arriver second. Il m’en parlait tout le temps mais la vérité est que je n’avais jamais écouté le disque.  La première fois que je l’ai entendu en entier, c’était avec lui dans la voiture qui nous menait à Marseille pour partir au bord d’un bateau de croisière, direction la méditerranée durant sept jours.  J’étais sur le siège arrière, ma mère conduisait, mon père était sur le siège passager et à côté de moi le canard rose avec qui j’étais à cette époque. J’ai compris pourquoi il aimait ce disque, il reflétait très bien un côté romantico-destructeur profondément ancré en lui et musicalement, c’est rare d’entendre un disque de ce niveau avec des textes parlés à la perfection. Je me souviens que j’étais ému de ce moment et je le suis encore plus aujourd’hui quand j’y pense parce-que c’est la dernière fois  que j’ai écouté cet album et la dernière fois que j’ai voyagé avec mon père.

Ironie du sort ou coïncidence glauque, j’ai écouté en boucle l’album hommage Tels Alain Bashung pendant toute la période où mon père était atteint par le même cancer qui a gagné sur deux hommes importants dans ma vie de différentes manières. (Bon, un beaucoup plus que l’autre). Aucun Express chanté par Noir Désir est le titre que j’ai en tête quand je repense à cette période et Je fume pour oublier que tu bois par Keren Ann mon état d’esprit claustrophobique de mon cerveau avant, pendant et après.

Voilà, je trouve que les boîtes s’encastrent bien les unes dans les autres et que tout ça à un sens quelque part. Mon père, Serge Gainsbourg, Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Alain Bashung, Moi, Moi, Mon père.  C’est mystique, tout ça ne tient à rien mais je dois bien reconnaître que ça me touche énormément et que je vais avoir un léger chamboulement interne en écoutant l’intégralité de l’homme à la tête de chou par Alain Bashung.

En tout cas, je sais que ce disque aurait beaucoup plu à mon père.

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Mon 11 septembre 2001

Le 11 septembre 2001, j’étais dans la maison perdue de mes parents dans le village de Cabris sur la Côte d »Azur. J’avais téléchargé, illégalement bien sur, le dernier album de Noir Désir Des Visages, Des Figures la veille de sa sortie et n’avais eu le temps que de l’écouter une seule petite fois. Après une grasse matinée bien méritée, surement encore suite à une nuit de tchat sur les salons AOL, j’ai déjeuner avec mes parents et eu envie d’écouter l’album pour digérer. Il faisait gris, chaud, orageux ma chambre avait des barreaux à sa fenêtre,  j’étais dans ma bulle, loin de tout et pour une fois, la télé éteinte. Je surf-glandai avec la connexion AOL illimité. C’est peut-être  invraisemblable mais j’écoutais L’Incendie quand mon ami Seb’ m’appel et me dit simplement : « tu regardes la télé ? Il se passe un truc de fou ! » Je raccroche, fonce allumer la télé et là je vois le premier avion dans la tour… choc. Une minute plus tard, deuxième avion et là, comme tout le monde, je comprend que le monde va profondément changer. J’ai passé toute la journée la télé à fond, à lire tout et n’importe quoi sur le net, les soupçons d’un attenta programmé par les juifs, puis par des musulmans intégristes, puis par des pakistanais, puis par des WASP, puis par… tout défilait jusqu’à ce que tout se matérialise autour d’Oussama Ben Laden.
C’est étrange car tout a profondément changé cette année-là précisément.  Une année où j’ai vécu mon premier festival musical aux Eurockéennes, une année où j’ai rencontré mon premier grand Amour avec un putain de grand A, une année où j’ai voyagé seul et loin pour la première fois, une année où je me sentais être un post-ado cool et bien dans sa peau.
J’étais à New-York exactement deux mois plus tôt, j’ai squatté et vécu le séjour le plus fou de ma vie pendant trois semaines cette année-là. Ca faisait des années que je répétais qu’on serait une génération oubliée par l’histoire, une génération détruite par la télé, par cent douze chaînes abrutissantes, par le premier secret story, par la première Star Académy… j’avais les idées génération X nihiliste de Fight Club en tête et une espèce de relan post-grunge encore un peu vivant même si j’avais l’impression que les choses bougeaient mais uniquement à mon petit niveau.
J’ai regardé la télé toute la soirée dans le salon avec mes parents, j’ai regardé encore et encore les images des tours en haut desquelles j’étais quelques mois avant, avec mes amis de voyage… j’ai eu l’impression qu’on avait essayé de  réduire en cendre mon incroyable été, mes souvenirs et l’empire américain…

C’était mon 11 septembre, Ca y est, le grand incendie. Y’a l’feu partout, emergency. Babylone, Paris s’écroulent. New-York City, Iroquois qui déboulent. Mainteant… Allez !

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FM, a TV show That Rocked !

Mes radars étaient en panne, j’ai manqué le coche, bref je n’en ai pas du tout entendu parler et c’est bien dommage mais, en deux jours, j’ai rattrapé mon erreur en regardant l’intégralité d’une série anglaise très rock nommée FM. On suit les aventures d’un show radio rock animé par le duo déjanté Dom Cox et Lindsay Carol sur les ondes de la radio fictive Skin FM. Leurs déboires sentimentaux, ceux de leur productrice Jane Edward (joué par Nina Sosanya ), des quizz en pub, des problèmes de look, d’alcoolisme ou de mauvais emails, voilà ce qui va rythmer le bon déroulement de l’émission.
Une B.O. de malade mental à coup d’Arctic Monkeys, de Franz Ferdinand, de Jane’s Addiction et autres Futurheads et des invités venant un faire un live pour l’occasion et se moquer un peu d’eux-même avec une énorme auto-dérision comme The Subways (nouvel album Money & Celebrity sort le 12 septembre) Ladyhawke, The Wombats ou The Charlatans. Il n’y a que six épisodes d’une durée de 30 minutes et malheureusement qu’une seule et unique saison. Les dialogues et conversations autour des stars du rock sont très drôles et les situations truculentes.
Le duo est joué par Kevin Bishop  et Chris O’Dowd. Kevin Bishop aka Dom Cox, a un visage qui dit quelque chose sans pouvoir vraiment savoir d’où sur le coup mais, il jouait le frère anglais aux blagues sur les nazis de Kelly Reilly dans l’Auberge Espagnole et l la raison de leur réunion pour un mariage folklorique dans Les Poupées Russes de Cédric Klapisch. Chris O’Dowd aka Lindsay Carol est le compagnon de hotline de Maurice Moss dans la série géniale The IT Crowd mais aussi le cocu pas tenté, présentateur radio dans le film merveilleux A Boat That Rocked ! (Good Morning England !). Il est actuellement à l’affiche de Mes Meilleures Amies de Paul Feig où il joue le rôle du flic rigolo.

Diffusée sur la chaine ITV2, FM ne sera pas reconduite mais grâce à des fans, une version VOST est trouvable sur le net. La série a donné lieu pour moi à la découverte d’un groupe anglais assez conceptuel et génial : Guillemots.   Ca a été aussi l’occasion de me replonger dans The Subways et The Wombats.

Du rock, des délires et de la radio, que demander de plus bordel ?

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Bref sur Canal +

Suis-je enthousiaste ? Oui  et pour une fois c’est spontané car totalement inattendu. Rentrée télé oblige, j’ai regardé Le Grand Journal avec sa nouvelle formule : première partie politique, les guignols, le petit journal en 18minutes et retour plateau avec divertissement, live etc… La première partie ne change pas vraiment, à part qu’il n’y a plus Ali Baddou, il s’en est allé pour retrouver l’émission du midi devenu austère et insupportable sans l’excellent Bruce Toussaint, mais il a été remplacé par Raphaël Enthoven. Ce philosophe du cinéma s’occupe de la littérature et des livres et on y gagne, ses analyses sont piquantes, critiques (si si, parfois on critique au Grand Journal) et ses questions bien amenées. Le Daily Mouloud passe en première partie d’émission avec un retour sur le terrain plus intéressant que ses piges volatiles de l’année dernière. Tout ça pour dire que lors de la seconde partie, il y a en introduction après la présentation de l’invité, un programme court nommé très justement Bref.

Bref est une mini-série avec comme concept : « Dans la vie, au début on naît, à la fin on meurt, entre les deux y s’passe des trucs. Bref. C’est l’histoire d’un mec, entre les deux ». La série est signée par le duo prometteur  Kyan Khojandi (un comique très bon qui faisait des chroniques ciné déglingo nommé le Festival De Kyan dans l’émission On achève bien l’info sur France 4 (pour voir le best of cliquez ICI) et Navo (l’auteur de la géniale La Bande Pas Dessinée). Comme ils sont bien entourés, ils ont demandé à leur bande de copains comiques, squattant la rive opposée du Jamel Comedy Club, de leur donner un petit coup de main pour les tournages, résultat : une série française à deux cent à l’heure exaltée et talentueuse.

Au niveau de la réalisation et du ton, il est totalement calqué sur le voyage en Europe de Victor Ward dans Les Lois de l’Attraction de Roger Avary. Le pilote met en haleine, le second épisode confirme le talent. Ca fait plaisir de voir enfin une série française conceptuelle, intelligente, rapide et très drôle. Tout ce que Soda n’est pas en fait… en même temps Kev Adams peut-il être considéré comme un comique ?

Pour regardez la série, cliquez sur le lien Canal + et vous verrez bien que, plus c’est bref., plus c’est bon… depuis le temps que je le dis !

Pour suivre Bref. sur Twitter et/ou Facebook :

   

PILOTE
Bref j’ai dragué cette fille.

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The Antics Roadshow de Banksy


On a le droit de le glorifier comme de le détester mais Banksy est véritablement le phénomène de l’art contemporain européen voir mondial. Spécialisé dans les pochoirs street art irrévérencieux et so politiquement incorrect en Angleterre, Banksy a tout compris au business en jouant la carte du pseudo anonymat. Cet artiste « anticonformiste »  ne donne des interviews ou ne fait que des apparitions qu’avec un masque de singe ou de n’importe quoi pourvut que ça se soit sujet à controverse, générateur de buzz et donc, au final, que l’on parle de lui. Les rumeurs sur sa côte marchande sont totalement dingues, il aurait vendu à un couple de célébrités une toile pour plus d’un million de dollars d’après certains tabloïds anglais, rien n’est vérifié, mais ses toiles, lors des dernières expos, étaient aux alentours des 300 mille pounds.
Il a graffé une partie des rues de Bristol et de Londres en suivant cette mode parisienne des pochoirs très graphiques, avec un slogan en option, comme ceux de Miss.Tic, Jef Aerosol ou de Mosko (les trois agissent beaucoup dans le XIII° dans le quartier de la Butte aux Cailles pour ceux que ça intéresse). L’art de la rébellion, de l’insolence et de l’appel au non-respect de l’autorité policière ou militaire, ses coups de génie ont été de caler des toiles avec ses graffs entre des œuvres de grands musées New-yorkais tel le Moma ou bien de créer un happening en introduisant dans Disneyland, à Los Angeles, un mannequin habillé en orange comme un prisonnier de Guantanamo. Un rebelle avec un message politique peut-être mais aussi un homme d’affaire au merchandising totalement fou, un livre vendu à des milliers d’exemplaires, un peu comme Ben ,en France, et ses phrases imprimés sur des agendas Carrefour. Un anarchiste qui combat le capitalisme par le capitalisme en dénonçant son système, bon après tout pourquoi pas.

La semaine dernière, comme les médias l’ont relatés, Londres, sa banlieue et quelques villes ont été le terrain d’émeutes. Des pillages, du racket, une extrême violences, des incendies, bref les chaînes anglaises tournaient sur le sujet en boucle et c’est vrai que c’était très impressionnant (j’étais en Écosse au moment des faits). Quelques jours après des arrestations par centaine, 4 décès dans ces « riots » et un gouvernement remonté à bloc, le calme est revenu et c’est le moment choisi par Channel 4 pour diffuser un documentaire sur la désobéissance public nommé The Antics Roadshow et dirigé par qui ? Et bien Banksy évidemment. (franchement mon article n’aurait ni queue ni tête sinon).

Au programme de ce doc à la voix off très consensuel : des électrons libres. On retrouve des visages connus par chez nous comme Rémi Gaillard et son c’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ou encore Noël Godin, l’entarteur belge, ensuite c’est le portrait de différents troubles faits anglais en majorité, comme l’idole de Banksy : Peter Chappell. Chappell un vieux taggeur originaire de la même ville que Banksy, il clamait partout et en lettres énormes l’innoncense de son meilleur ami pour afin d’attirer l’attention pour qu’une contre-enquête soit ouverte. Cette action permettra la libération de son ami. Il y a aussi le portrait de Michael Fagan, l’homme qui a pénétré dans la chambre de la reine alors qu’il voulait voler une bouteille de vin dans Buckingham Palace et l’histoire de pleins d’autres… 50minutes d’actions parfois très simples mais qui arrivent à troubler l’ordre public avec trois fois rien et ou des actions punchlines très culottées.
Un documentaire aux reconstitutions souvent très amusantes, au rythme très soutenu, aux interviews amusantes et informatives. Alors que l’Angleterre cherche à retrouver son calme et son flegme, Channel 4 et Banksy montre que la désobéissance est un acte à la fois politique et artistique.

Le documentaire n’est disponible qu’en anglais, sans sous-titres, mais même avec un anglais pas terribles on comprend très facilement, les images parlant d’elles-mêmes. The Sex Pistols chantaient Anarchy in the UK, Kaiser Chiefs I Predict a Riot, NTM Qu’est-ce qu’on attend,  d’autres font des actions chocs afin d’être diffusé sur des médias nationaux ou des happenings amusants pour buzzer sur internet… comme quoi parfois l’art peut venir de la destruction et du chaos.
Très intéressant et instructif comme doc. Même si vous ne l’aimez pas en artiste, peut-être aimerez vous Banksy entant que réalisateur de documentaire. Mais si, au contraire, il vous intrigue d’autant plus, il existe un documentaire sur lui et le street art nommé Exit Through the Gift Shop (Faites les Mur ! en français) assez passionnant.

The Antics Roadshow

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4.3 Miles From Nowhere – Fine Chisel Theatre

J’étais en Écosse la semaine dernière pour une petite semaine. Vierge du kilt, ce voyage était ma première fois sur la terre des Highlanders, des cornemuses et du whisky vingt-ans d’âge. Après délibérations et avoir vu le prix exorhitant des hôtels d’Edimbourg, la destination sera Glasgow où il sera facile de se déplacer à droite à gauche, le pays n’étant pas très grand. Le dimanche a été pluvieux mais culturel à Glasgow où j’ai visité la Lighthouse, le musée d’architecture spécialisé principalement sur l’oeuvre du maître en la matière dans le pays : Charles Rennie Mackintosh. Passionant mais pas autant que l’expo du moment sur le philosophe théoricien de l’architecture, l’incroyable et captivant Cedric Price et sa vision totalement nouvelle de la ville donc des interactions humaines par rapport à celle-ci. Soirée sympathique dans un bar nommé le Lebowskis en hommage au film The Big Lebowskis des frères Cohen, avec illustrations aux murs, carte spécialisée dans le russe blanc et cocktails au noms en références au Dude et ses potes comme le Nihilist Cocktail, le Jésus… comment ne pas craquer ? Un open mic acoustique avec des artistes vraiment très bons, très bonne adresse cela dit en passant.
Lundi matin, il fait beau donc en profiter pour visiter Édimbourg. Cette ville pour moi c’est Trainspotting, la fameuse recette du Mars pané, la Mécanique du coeur de Mathias Malzieu et William Wallace… aucune référence à Harry Potter comme beaucoup de monde à priori, désolé j’ai pas intégré ça encore. En arrivant sur place, je comprends pourquoi les hôtels étaient hors de prix, c’est le Fringe. Le Fringe est le plus grand regroupement d’art vivant au monde. Une sorte de off du festival d’Avignon en encore plus gigantesque car internationale !  En arrivant, la sortie du parking se fait directement sur Royal Mile Street et c’est justement dans cette rue que les troupes viennent faire leur show pour attirer les spectateurs. Une cours des miracles géniales où ça chante bien partout, où il y a du déguisement et du maquillage impressionnant, bref l’extase et le tout dans le cadre de la vieille ville. Un vrai bonheur. Après plus de deux heures à regarder des clowns, des glee club talentueux, des performers déjantés, j’allais partir visiter les alentours du chateau quand je les ai rencontré eux : Fine Chisel.

Une troupe de musiciens très colorés qui reprenaient Kiss de Prince avec une énergie dingue avec pleins d’instruments différents. Je les ai filmés mais une histoire de mauvaise configuration d’appareil photo et voilà vous n’aurez qu’une photo, je suis un peu dégouté. Donc ils sonts du sud est de l’Angleterre, talentueux, musiciens, acteurs, déjantés juste ce qu’il faut et souriants. J’ai aimé tout de suite. Ils m’ont donné leur flyer et comme ça, j’ai décidé que j’irais les voir, langue anglaise ou pas.

Deux jours après retour à Édimbourg, il pleut des hallebardes. Quelques expos dont une dans un club de striptease, une queue d’une heure pour acheter les billets et à trois heures direction le Zoo pour voir 4.3 Miles From Nowhere dans la Monkey House. J’arrive un peu en retard, la pièce a déjà commencé et premier étonnement la salle est minuscule. L’impression d’être dans une salle de MJC à la différence près que, la scène est au centre et le public donc autour. Immersion immédiate dans cette histoire mignonne et poétique d’une bande de potes qui ramassent un musicien bohème sur la route d’une soirée costumée. Pas de bol, ils tombent en panne en pleine foret, à 4.3 miles de deux villes et n’ont pas de réseau téléphonique, rien. Un couple en devenir au délire enfantin très mignon,  un autre à l’amour lutte des classes, le tout orchestré et conseillé par le musicien maître spirituel psychédélique cool au milieu de tout ça. C’est une pièce de théâtre classique mais il y a en supplément et en harmonie avec l’histoire des parties musicales chantées, des parties dansées, ils utilisent toute la salle et même les spectateurs comme décor, le tout avec fond sonore une bande originale jouée en live, bref du théâtre comme jamais j’en avais vu, en même temps je n’y vais jamais me direz-vous et vous avec bien raison.

Une heure de pop, de douceur et d’intelligence sur scène avec trois fois rien. Fine Chisel est une petite troupe qui mélange différents arts en un seul avec malice et une urgence adolescente très excitante. Du sourire, des références très amusantes à des films et une petite histoire bien ficelée, bienvenue dans un monde féerique dont vous êtes plus que le spectateur. Bravo.

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